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Publié par Michel Garroté le 10 février 2014

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Michel Garroté, réd en chef  —  J’ai rencontré le Père Daniel Ange (photo ci-dessus), une première fois à Rome, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse de l’An 2000 avec Jean-Paul II, une deuxième fois à Fribourg (Suisse) et une troisième fois à la Maison St-Joseph de Venthône (Valais, Suisse). Ce prêtre a reçu les dons de la simplicité, du courage et de la persuasion. Ci-après, le Père Daniel-Ange  —  sous la forme d’une réflexion politiquement incorrecte  —  donne ses réponses à quelques questions récurrentes sur les Manifs pour Tous, y compris celle du 2 février dernier et celles à venir : « Comment ne pas exulter en voyant le succès des Manifs pour tous le 2 février. Mobilisation, bien sûr insuffisante, mais inespérée après tant de polémique et de dissensions, endeuillant ces derniers mois. J’aimerais ici répondre brièvement à ceux qui hésitaient fortement à y participer ou qui – encore nombreux -se posent encore la question pour les manifestations suivantes ».

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Les Manifs pour tous : ça sert à quoi ?

On entend des réflexions désabusées, des gens découragés : les méga-manifs de 2013 n’ont servi à rien ! Il est vrai que le gouvernement, non seulement n’en n’a tenu aucun compte, comme pour les 700 000 signatures au CSESE, capsulé qu’il est dans son obstination idéologique, mais ont tout fait pour les relativiser (chiffres, photos scandaleusement faussées, etc.). Mais par ailleurs, ces manifs ont d’ores et déjà eu un impact indéniable et une utilité stratégique en plusieurs domaines. J’y constate 10 acquis :

1. Elles ont permis à une multitude de personnes d’enfin « pouvoir faire quelque chose », même si ce n’est que battre le pavé. Quel réconfort pour tous ceux qui n’ont aucune autre manière de crier leur écœurement, leur ras-le-bol, presque leur désespoir, écrasé qu’ils sont sous le rouleau compresseur d’un régime virant à la dictature. Il ne leur reste plus que cela plutôt que d’assister totalement impuissant au naufrage d’une société, au torpillage d’une civilisation, la leur depuis des siècles.

2. Elles ont prouvé que nous étions capables d’organiser à grande échelle, des méga-manifs, paisibles, sans un dérapage à la stupeur de tous. Par-là, elles nous ont rendu confiance en nos capacités de résistance passive et massive face à un régime de type totalitaire. Nous ne serons jamais assez reconnaissants à tous les différents mouvements, réseaux, organismes, personnes qui se sont dévouées non-stop pour les réaliser. Cela avec une stratégie impeccable, une solidarité inter-réseaux exemplaire. Sommes-nous vraiment conscients de cette réussite fabuleuse de l’ordre d’un chef-d’œuvre social si ce n’est du miracle ?

3. Elles ont eu, malgré les apparences, bien plus d’impact qu’on ne le pense sur le gouvernement qui n’a pu en nier l’ampleur malgré les mensonges des medias censurés par l’Etat. Grâce à elles, les projets de PMA pour personnes de même sexe, et de GPA ont été renvoyés à plus tard, alors qu’elles devaient passer expéditivement en catimini. Même s’il ne s’agit que d’un répit, cela donne le temps d’y réfléchir, et de susciter une prise de conscience juridique et politique.

4. Par leur masse, elles ont réussi à crever les écrans, même ceux télécommandés par l’Etat. Obligés qu’ils ont été d’en montrer malgré tout quelques images, même en faussant chiffres et vues.

5. Ainsi, elles ont sûrement contribué à faire réfléchir un grand nombre de citoyens lambda qui jusque-là gobaient aveuglément les projets de loi qu’on leur imposait. Quelques simples slogans, aperçus dans les medias (un papa, une maman : on ne ment pas aux enfants ; père, mère, c’est élémentaire ; etc.) ont au moins fait poser la question à beaucoup : « pas de fumée sans feu ».

6. Pour les jeunes – nombreux parmi les manifestants (et la grande majorité chez les Veilleurs), cela a été une expérience fabuleuse, historique, marquant leur vie, au moins leur jeunesse. Ils ont vu, de visu, qu’ils n’étaient pas les malheureux derniers des mohicans, marginalisés scolairement, quasi exclus socialement n’osant plus affirmer leurs convictions sans risquer le mépris ou pire : le sarcasme. Ils font partie de toute une génération en train de se lever. Et sachant affirmer ses valeurs, paisiblement, dans l’humble fierté d’être enfant de Dieu, du moins pour les croyants.

7. Elles ont suscité une fantastique créativité juvénile, joyeuse, enthousiaste. Les arrachant à la morosité ambiante, au « bof » désabusé, aux amères désillusions. Oui, on peut faire quelque chose pour changer les choses. Nous ne sommes pas voués à l’impuissance exaspérante, à l’ennui d’une société qui vous robotise et vous marchandise. On peut lutter. On peut combattre. On peut résister. On peut entraîner en dissidence. On peut suivre nos aînés sous les régimes totalitaires précédents. On n’a pas moins de courage, pas moins d’imagination, pas moins d’intrépidité qu’eux. Nous ne sommes plus des pions ou des jouets ou des perroquets, des objets de consommation. Etre pour l’enfant à naître, pour l’enfant à protéger de la désexualisation, des perversions, du viol de son intelligence, de son bon sens, de sa confiance, de son innocence : non, ce n’est pas ringard, vieux jeu, c’est le top 50 ! Ce combat donne sens à ma vie, l’entraîne vers les hauteurs. Je puis me battre paisiblement, non pour du fric mais gratuitement, pour le plus fragile à défendre. C’est l’humanitaire à son maximum, la charité en son sommet, la générosité n° 1, l’évangélisation en sa fine pointe. Ce sont les grandes manifs qui ont suscité, éveillé, provoqué cette incroyable créativité : les veilleurs, les veilleurs debout, les mères veilleuses, les Hommen, les 1000 initiatives pour manifester notre résistance, etc.

8. Elles ont eu un impact sur les députés, sénateurs et maires luttant courageusement contre l’idéologie destructrice de nos valeurs, de notre peuple. S’ils peuvent le faire avec autant de courage, c’est qu’ils se sentent entourés, soutenus par tout un peuple : oui, nous parlons au nom d’un grand nombre que nous représentons comme tout élu doit le faire.

9. Dialogue ou manif : il faut les deux. Il y faut les deux indissociablement. Mais comment faire, quand le dialogue devient un dialogue de sourds. Les débats au parlement frisent le ridicule. On n’écoute même pas les opposants à ces lois iniques, (on y joue au Scrabble pendant que sont abordées des questions cruciales de bioéthique, on truque les votes en utilisant le boitier du voisin).

10. Ce sont elles qui ont, enfin cassé l’amalgame terrifiant dans le monde islamique traditionnel : cette décadence morale occidentale, cette disparition du sens même de la vie et du respect du plus fragile, c’est le christianisme identifié à l’Occident. Incapables qu’ils sont d’imaginer une cassure entre Etat et religion.

11. Enfin, the last but not the least : l’impact énorme dans les autres pays. Seules de telles manifs étaient capables de crever les écrans, de s’imposer à la une des journaux, dans le monde entier. Elles suscitent un gigantesque espoir, particulièrement dans les pays d’Europe qui ont déjà subi pendant 50 ou 70 ans la férule de fer d’un régime totalitaire. Elles leur ont rappelé tout le vécu des fantastiques années 1980-1989. Car, ce sont ces irrépressibles mouvements de foules qui ont fini par engloutir le communisme rassis, en le dynamitant de l’intérieur. Tremblant devant la menace imminente de se retrouver pieds et poings liés économiquement, sous une nouvelle idéologie dictatoriale, ils ont vu qu’il est possible de réagir, de lutter, de résister et finalement de vaincre, comme l’ont fait leurs parents voici 30 ans. D’où le 2 février, les manifs dans diverses capitales d’Europe. Rien n’aurait pu les susciter que notre peuple se dressant en refusant d’être anesthésié, bâillonné, écrasé.

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Dans les bureaux ou sur la place Beauvau ?

Tout est joué, pipé d’avance. Obligé qu’ils sont de voter suivant les consignes du parti à peine majoritaire, sans aucun respect pour leur conscience personnelle, tels marionnettes et perroquets, sûrs d’être en tout cas vainqueurs. Bien sûr, il faut privilégier partout la discussion sereine, l’explication objective, l’argumentation précise, l’information exacte, citant les faits et les textes, mais si souvent le dialogue est passionnel, vire à la confrontation violente. Avec qui dialoguer paisiblement ? Et même quand il y a une écoute sincère entre deux personnes, aucun des nombreux avantages signalés plus haut n’aurait eu lieu. Bien sûr, il faut tout tenter, mais simultanément et dans les bureaux et sur les boulevards. Je trouve regrettable que certains menant finalement le même combat de fond aient appelé à ne pas y participer. Alors que seul l’aspect massif permet un impact. Pour qui donc roulent-ils en finale ?

S’engager en politique, mais pourquoi ?

Les manifs pour tous ont réveillé chez beaucoup de jeunes une conscience aigüe de leur responsabilité politique. Or certains accusent aussi les Manifestants pour tous et certains organisateurs d’entrer en politique, de se présenter aux prochaines municipales et européennes. Etrange. D’un côté, on sait qu’en régime démocratique occidental, les seuls qui détiennent le pouvoir législatif sont les élus. A une seule voix près, une loi passe, même parfois une loi engageant le pays pour des années si ce n’est des décennies, et dont l’enjeu peut être de vie et de mort des personnes. Chaque voix compte. De l’autre, les papes successifs ne cessent de pousser les jeunes à s’investir courageusement en politique.

Il est utopique de crier dans la rue, si par ailleurs on délaisse l’engagement politique, laissant la place aux autres. Il est incohérent de manifester et en même temps de se plaindre que le Parlement n’est pas de notre côté. A qui la faute ? Et dans la situation actuelle comme tous les partis nous ont déçus, aucune ne répondant pleinement à ce qu’un grand nombre en attendent, il faut urgemment injecter du sang neuf, dans ce monde de requins, où tous s’excluent mutuellement, sortir une fois pour toutes de ces ornières parallèles droite-gauche qui virent au manichéisme. Or, où respire-t-on cet air frais ? Très évidemment dans la jeune génération. Où sont-ils ? En grande partie précisément dans les Manifs pour tous, et particulièrement chez les audacieux veilleurs. Il faudrait qu’une multitude s’engage de suite pour les élections proches, sans pour autant adhérer à un parti, ou se classer droite-gauche. La vie humaine, l’enfant, la sexualité, la famille : c’est tout simplement humain. Il n’y a pas que je sache une existence de droite et une autre de gauche, un bébé de droite et un autre de gauche.

Je salue le courage de tous les jeunes qui bravent leurs craintes de l’engagement dans l’espoir de devenir nos maires, députés, sénateurs et peut-être un jour Président. En commençant par l’humble échelon du Conseiller municipal.

Extrémisme et violence : de quel côté ?

Stigmatiser tous les participants comme intégristes, extrémistes, fachos, racistes, homophobes : odieux amalgame ! Pour cela, on monte en épingle tel slogan hélas relevant de ces qualificatifs, ignorant les 99% de braves gens, les premiers à s’insurger contre intégrisme, fascisme ou racisme. Comment peut-on faire un tel amalgame entre quelques groupes effectivement intégristes ou violents et cette gigantesque masse de braves citoyens, croyants ou non, qui ne trouvent plus d’autre moyen de s’exprimer que leurs pieds sur le pavé ?

Et si certains peuvent être tentés par la violence devant l’inefficacité des méthodes non-violentes, l’impasse des dialogues, je pose la question : de quel côté la violence se trouve-t-elle ? Quand un parti et son gouvernement – élu à un minuscule pourcentage, ne représentant qu’une minorité de la population – vu le nombre d’abstentions – s’arroge le droit d’imposer à tout un peuple, sans la moindre consultation populaire, une idéologie destructrice et de l’identité nationale et de la matrice chrétienne de l’Europe et de la France : n’est-ce pas de la violence ?

Quand on prétend carrément changer de civilisation, créer un homme nouveau (« on ne peut construire une république avec la religion catholique »), n’est-ce pas de la violence ? Quand on s’attaque au respect même de la vie en sa fragilité, déstabilisant la famille par tous les moyens : n’est-ce pas de la violence ?

Quand on impose quasiment manu militari des cours d’éducation sexuelle pervertissant l’enfant, lui inoculant dès la maternelle une idéologie sapant l’ultime repère qui lui restait : un homme est un homme, une femme est une femme, un enfant est un enfant, n’est-ce pas de la violence ?

Quand on veut a-sexualiser, désexualiser et parfois trans-sexualiser l’enfant, débranchant anatomie et psychologie, falsifiant ainsi son intelligence, sapant sa confiance, bousillant finalement son existence, violant sa conscience, et tout viol n’est-il pas violence ?

Quand aucun psy, et pédo-psy, enseignant, ni surtout parent, n’est consulté ; quand des profs sont obligés de « déconstruire les stéréotypes sexuels et familiaux », quand on arrache l’enfant à sa famille y compris via les nouveaux rythmes scolaires, n’est-ce pas de la violence ? Quand les parents osent protester et qu’ils sont vilipendés publiquement par le pouvoir, sinon pénalisés et leurs enfants persécutés : n’est-ce pas de la violence ?

Quand on fait passer des lois au forcing, en catimini, glissés en quelques heures de niches parlementaires, Quand on ment effrontément pour tromper l’opinion publique (« pas question de gender » alors que tous les documents cautionnés par l’E.N l’imposent dès la 1ere), n’est-ce pas de la violence ? Quand une politicienne déclare froidement : « l’enfant appartient à l’Etat » (thèse de Hitler et Staline) et qu’effectivement l’Etat s’arroge le droit de le kidnapper moralement, n’est-ce pas violer les droits imprescriptibles des parents ?

Quand de paisibles étudiants sont agressés, arrêtés, matraqués, molestés pour le seul crime de ne pas penser la pensée unique imposée, le seul crime de réfléchir, et de le dire, le seul crime de rester debout, silencieusement, en pleine nuit, n’est-ce pas de la violence ?

Quand notre gouvernement approuve les méga-manifs de Kiev, y condamne la répression violente, alors qu’ils luttent jour et nuit contre une dictature, mais de l’autre réprime violemment nos propres manif : n’est-ce pas de l’incohérence ? Quand on s’apprête à fabriquer des orphelins qui ne connaîtront jamais rien de leur ascendance et généalogie, car : « papa c’est des paillettes en Suède, maman des ovocytes au Japon, achetés suivant son QI, n’est-ce pas de la violence ?

Quand on oblige un enfant à dire Papa à une jeune femme, Maman à un monsieur barbu, Quand on dit à l’enfant dès la maternelle : ton corps est mâle mais tu peux être féminin n’est-ce pas de la violence extrême ?

Quand un médecin peut s’arroger (aux Pays-Bas) le droit exorbitant de tuer un enfant handicapé, même sans consentement des parents car ceux-ci ne peuvent être objectifs puisqu’ils l’aiment : n’est-ce pas de la violence extrême ?

Quand on va zigouiller en douce un malade qui coûte trop cher à la société, ou non économiquement rentable, sans même son accord ou celui de la famille, quand on va aider un ado en déprime à s’arracher la vie avant de s’en vouloir amèrement, n’est-ce pas de la violence ?

Tout cela cumulé : n’est-ce pas de l’intégrisme idéologique ? De l’extrémisme dictatorial ? Bref, un néofascisme ? Alors quand on sait tout cela, quand on voit sous nos yeux nos enfants ainsi trompés, comment oser reprocher aux gens, au bon sens encore intact, de faire la seule chose qui leur reste : crier par les pieds, résister par leurs cris devant l’Arc de Triomphe ? Oui, et oui nous refusons d’être bâillonnés, anesthésiés, floués, trompés, paralysés, terrorisés. Au nom des sans-voix et des plus petits : l’enfant in sinu, l’enfant handicapé, l’enfant à l’école.

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté réd en chef www.dreuz.info

Source :

http://www.france-catholique.fr/Les-Manifs-pour-tous-breves.html

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