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Publié par Gilles William Goldnadel le 12 février 2014

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Depuis des années, je soutiens que ce qu’on appelle, par commodité, la droite française, doit mener avant tout un combat culturel permanent contre l’emprise de la gauche sur des esprits longtemps captifs.

Au stade déclinant de cette emprise, il ne suffit plus de décomplexer la droite, il convient de complexer une gauche autrefois impériale qui devrait commencer-à présent- à douter.

Et si cette gauche française, qui se plaisait à qualifier sa droite de «plus bête du monde», n’était pas devenue «la gauche la plus gauche» du monde, dans toutes les acceptions de l’expression ?

Démonstrations de la semaine : d’abord-l’affaire Taubira-Faletti. Bien sûr que la droite est mal placée pour donner, en la matière, des leçons de morale au pouvoir en place. Mais c’est précisément en matière de leçons de morale que la gauche est imbattable, et c’est cet écart vertigineux entre ce qu’elle prône hautement et ce qu’elle commet bassement qui provoque le dégoût.

La campagne présidentielle, les discours de la garde des Sceaux ont répété ad nauseam, le mantra «indépendance de la justice, et notamment celle du parquet!» et voilà que cette ministre de la justice qui a fait de la morale son fonds de commerce exclusif, voulait donner en douce ses huit jours au premier responsable du parquet parisien.

Je ne veux pas dans cette chronique évoquer dans le détail des affaires que je connais personnellement. Mais je me dois d’affirmer ici que Mme Taubira, qui récite chaque jour à voix haute le mantra magique, aura à répondre, dans une affaire Anticor, d’un des plus grands manquements par un ministre de la justice à l’indépendance de celle-ci. Il n’est d’ailleurs pas exclu que la soudaine disgrâce de l’irréprochable et incommode François Faletti soit en lien avec ceci.

Lors d’un précédent et retentissant scandale, j’avais écrit dans d’autres colonnes que ce qui choquait le plus n’était pas que M.Cahuzac ait été détenteur d’un compte occulte en Suisse.

Ce qui donnait plutôt le haut-le-coeur, c’était que dans le même temps, le même, ministre du budget, poursuivait avec une rare sévérité les fraudeurs du fisc.

C’est dans le même mauvais esprit, que l’on a appris récemment qu’un psychanalyste cathodique, un cinéaste progressiste, un président d’honneur du MRAP, tous membres de la gauche morale et impériale, tous sans doute favorables pour taxer à 75 % les hauts revenus, tous généreux et sévères dans le discours… étaient détenteurs d’un compte dans un établissement helvétique de grande réputation.

C’est cette distance abyssale entre le dit somptueux et le méfait piteux qui fait la spécificité de la gauche la plus gauche. C’est ce grand écart qui devrait la rapetisser.

Deuxième exemple : la décision du premier ministre de remettre le couvert en matière «d’intégration» des immigrés après avoir en décembre nié toute responsabilité dans un rapport verbeux et démentiel se proposant d’affirmer la dimension «arabe orientale» de la France.

À tenter de comprendre l’esprit de sa version épurée, c’est bien la même idéologie quarantenaire et délétère dont il s’agit de poursuivre l’instillation dans les esprits.

La responsabilité de l’échec de l’intégration serait à débiter sur le compte des Français et d’une France égoïstes et discriminants. Pour y remédier enfin, il conviendrait d’instaurer une discrimination positive à l’égard de ses victimes. Ce qui revient, en bonne logique, à discriminer négativement la population d’accueil.

Pas question donc de changer une conception dévoyée qui a échoué lamentablement dans les faits.

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Et si le combat culturel à mener sans complexe n’était pas de moquer cette politique paternaliste, déresponsabilisante et insultante envers ceux que l’on prétend vouloir protéger tels des mineurs incapables ? Aux États-Unis, les plus chauds partisans de «l’affirmative action» et de la discrimination soi-disant positive en sont revenus, notamment au sein de la communauté noire.

J’affirme que la bonne politique d’intégration à mener et qui aurait dû l’être devrait tourner le dos à cette idéologie xénophile. D’abord et avant tout, contrôler les flux migratoires pour permettre posément une intégration culturelle, économique, sociale convenable. Ensuite, mettre fin à cette détestation ironique de l’indigène franchouillard. Enfin, cesser de promouvoir un antiracisme obsessionnel et sélectif dont les deux principaux succès auront été de mettre en place une police de la pensée tout en faisant progresser les actes et les propos racistes et antisémites.

Là encore, l’écart entre le discours théorique et la réussite pratique de l’idéologie de la gauche la plus gauche devrait contribuer à la rendre plus humble.

Et c’est bien pourquoi, s’agissant de ce flicage idéologique permanent, je divergerai cette fois avec Alain Finkielkraut en ce qu’il donne trop d’importance aux divagations délatrices de ces petits marquis qui l’insultent en permanence.

C’est ainsi, que deux membres du Conseil National du Parti Socialiste, M. Mehdi Ouraoui, ancien directeur de cabinet d’Harlem Désir et Mme Naima Charai, présidente de l’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances (sic) ont eu la fantasque idée de saisir le CSA au motif impayable que le philosophe aurait osé utiliser l’expression «Français de souche»…

Qui veut effacer la chose commence par en gommer le mot. Ce que dissimule l’indigente saisine des édiles socialistes, c’est la négation de l’indigène. C’est le mépris pour le natif. C’est la discrimination à rebours. C’est l’illustration vétilleuse du préjugé anti blanc, par le vocabulaire. Finkielkraut s’en est déclaré «abasourdi».

Moi, c’est ton étonnement, cher Alain, qui m’étonne. Aucune honte, désormais, à être insulté par les banqueroutiers de la pensée bancale de la gauche la plus gauche.

Ils n’incarnent plus depuis longtemps ni l’intelligence, ni la générosité, ni la modernité. Le seul parti à prendre, c’est le parti d’en rire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro.

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