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Publié par Guy Millière le 24 février 2014

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En publiant un ouvrage à chaud, sur l’affaire Dieudonné, Jean Robin fait œuvre utile et permet au lecteur de disposer de tout un ensemble d’éléments à même de constituer les pièces d’un puzzle qu’il importe de déchiffre et de regarder en face de toute urgence.

Oui, il existe présentement en France, comme le titre l’indique, une « tentation antisémite* », et non, elle n’est pas un épiphénomène passager, sinon les vidéos mises en ligne par Dieudonné ne seraient pas vues deux à trois millions de fois. Et non, Dieudonné n’est pas seul : derrière lui, il y a des gens tels qu’Alain Soral, qui se dit ouvertement national socialiste, qui lui-même met en ligne des vidéos à succès et qui a publié un livre nauséabond lui-même couronné de succès, Comprendre l’Empire, qui montre, au fil des pages, que les auteurs des Protocoles des Sages de Sion ont un successeur et que la relève est assurée.

Oui, Dieudonné vient de la gauche antiraciste et politiquement correcte, et il incarne dès lors pleinement le « nouvel antisémitisme », celui qui a commencé à s’en prendre aux Juifs parce qu’il y a Israël, et parce qu’Israël est décrit de tous côtés comme un pays raciste, impérialiste, colonisateur. Et Dieudonné a commencé par être « antisioniste », puis il a glissé vers un antisémitisme plus « classique ».

Dieudonné, dans son glissement, ne s’est pas montré regardant concernant les contradictions : « faire financer un film » dénonçant « l’esclavage par une théocratie musulmane », note Jean Robin, « a quelque chose de surréaliste » quand on connait les ravages de la traite négrière musulmane, qui castrait les noirs. Et Jean Robin ajoute : « Dieudonné n’existerait pas si ses ascendants avaient été réduits en esclavage par les Iraniens ».

Soral est présenté par Robin comme le chaînon qui a relié Dieudonné à l’extrême-droite, au négationnisme, et l’a conduit vers des gens tels que Robert Faurisson. Le national socialisme de Soral, de nombreuses références et citations le montrent, n’est pas du tout incompatible avec l’islamisme et, par delà les contradictions qui habitent Dieudonné, et qui habitent Soral aussi, l’un comme l’autre sont au cœur d’une nébuleuse brun nazi, rouge léniniste, vert islam radical qui, désormais, rassemble, suscite des sympathies, et se trouve accompagnée de tout un cortège fait de sympathisants pour qui l’antisémitisme est une opinion parmi d’autres et pour qui il est sans doute vrai que les Juifs ont « trop de pouvoir ».

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Jean Robin prend la peine de démonter les principaux mensonges et les principales falsifications véhiculés par Dieudonné et Soral, et c’est tout à la fois utile, puisqu’il s’agit effectivement de mensonges et de falsifications, et inutile, parce que le discours de Dieudonné et celui de Soral fonctionnent sur le mode de la rumeur, et sont dès lors au delà de la vérifiabilité et de la réfutabilité.

Il énonce aussi une thèse qui lui est chère, mais qui me laisse personnellement sceptique : l’antiracisme, écrit-il, produit du racisme par contre coup, tout comme ce qu’il appelle l’ « anti-antisémitisme excessif ».

S’il est exact, comme il le note, que la gauche a fermé les yeux sur le pétainisme passé de François Mitterrand et laisse passer nombre de discours « antisionistes » dès lors qu’ils n’accolent pas l’ « antisionisme » avec l’antisémitisme plus « classique », et s’il est exact aussi que l’antiracisme sert souvent à tenter d’interdire des analyses critiques qui n’ont rien de raciste (celles concernant l’islam, par exemple), il n’en reste pas moins vrai que le racisme, quand il est effectivement racisme, et l’antisémitisme sous toutes ses formes, doivent être fermement combattus. Et il n’en reste pas moins vrai à mes yeux que toute banalisation du racisme et de l’antisémitisme est dangereuse, et que racistes et antisémites trouveront toujours des prétextes pour se justifier ou se présenter comme injustement persécutés.

Ce qui est délicat est de tracer la frontière entre ce qui peut être dit, et ce qui doit être interdit

Interdire les propos racistes et antisémites ne change pas ce qu’il y a dans les têtes, et il ne suffit pas de dire que des opinions sont des délits pour que ces opinions disparaissent, c’est un fait. Dans une société de liberté de parole et de débats, les idées abjectes devraient, logiquement, reculer devant les idées porteuses de vérité et d’humanisme, c’est un autre fait. Un pays comme les Etats Unis choisit la liberté de parole et de débat. La France choisit, elle, souvent, l’interdiction et a un arsenal de lois qui interdisent des propos : on peut penser que ce n’est pas la bonne réponse, et je me situerai personnellement plutôt du côté du fonctionnement américain, en considérant que la seule limite à la liberté de parole est l’incitation à la haine et au meurtre. Mais je sais que le passé français et européen n’est pas le même que le passé américain, et je ne veux trancher hâtivement.

Quoi qu’on pense sur ce point, l’ouvrage est utile : la « tentation antisémite » est là, et, je le crains, elle n’est pas près de disparaître. Il faut, oui, la regarder en face. De toute urgence.

L’ouvrage de Jean Robin y contribue utilement.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

Jean Robin, La tentation antisémite, Tamamis, 2014, 250p., 16 euros.

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