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Publié par Michel Garroté le 27 février 2014

Ukraine-1

Michel Garroté, réd en chef  — Hier soir, sur France 2, j’ai regardé un « documentaire » sur la Russie de Poutine. A plusieurs reprises, j’ai attrapé un fou-rire, tellement ce « documentaire » était malveillant. Je pense même qu’à vouloir enfoncer à coups de massue la Russie de Poutine, ce « documentaire » a dû produire l’effet inverse : susciter chez les téléspectateurs français un certain respect pour la Russie, visiblement moins dégénérée que la France socialiste.

A propos de journalisme à la française, le fait est que dans les médias français, les mono-neurones de service continuent de nous présenter les Ukrainiens comme des héros intelligents et les Russes comme des barbares débiles. S’il est vrai que dreuz.info ne partage pas les opinions exprimées dans les chroniques reproduites ci-dessous, notamment leur anti-américanisme primaire, il n’en demeure pas moins que notre blog, au nom de la diversité et de la liberté d’opinions inexistantes depuis mai 2012 en France, se fait un plaisir de publier ces chroniques qui ont au moins le mérite d’être non-conformistes (à ce propos nous avons repris hier un coup de gueule de Gabriel Matzneff publié par lepoint.fr).

Philippe Grasset – A trop présenter un peuple ukrainien uni contre un dictateur corrompu, on oublie un peu trop que la population de ce pays comporte une minorité russe, de culture et de langue, minorité qui devient majorité quand on considère le Sud et l’Est. Et cette minorité, tout comme la majorité du puissant voisin qui voit dans l’Ukraine son berceau historique (la Rouss de Kiev), n’est pas forcément enthousiasmée par le genre de démocratie qui lui est imposé ces derniers jours. Par analogie, avec mille précautions, on pourrait dire qu’une partie de l’Ukraine est à la Russie ce que le Kosovo est à la Serbie. Mais on peut aussi dire que Poutine n’est pas Milosevic. C’est en quelque sorte ce que rappelle Philippe Grasset dans l’analyse qu’il propose aujourd’hui au sujet des développements de la crise concernant la Crimée.

Les idéologues mondains du bloc BAO, qui sortent peu de leurs conférences climatisées où résonnent les seuls dialectes anglo-saxons, ont une vision extrêmement surréaliste de la situation russe. Ainsi de Andrew Wilson, professeur des études ukrainiennes à l’University College de Londres et auteur de Ukraine’s Orange Revolution, le 23 février 2014 dans The Independent. Sa thèse est que l’évolution “démocratique” en Ukraine va susciter un “effet de domino” et entraîner une “évolution démocratique” en Russie et un cataclysme pour Poutine. Cette thèse étrange, qui ferait penser que la politique est devenue une annexe de ce qu’on nomme l’“art contemporain”, se résume dans ce paragraphe.

Notre perception assez simple, sinon évidente, est qu’il s’agit à peu près de l’inverse. Si Poutine veut éviter des difficultés, il devra suivre une politique qui tienne compte des exigences du patriotisme et du nationalisme historique russes. C’est-à-dire que, quelle que puisse être sa volonté de compromis, si elle existe, Poutine ne pourra pas céder sur l’essentiel dans la crise ukrainienne ; et le maximalisme du bloc BAO autant que des extrémistes ukrainiens de l’Ouest font que cet essentiel-là ne cessera de grandir dans ses projections et dans ses exigences pour les Russes. Ainsi, comme le voit justement Justin Raimondo (Antiwar.com, le 24 février 2014), si Poutine était menacé chez lui, en Russie, ce serait bien plus par sa droite nationaliste que par le pseudo-courant démocratique et occidentaliste, et pour la cause d’absence de fermeté en face à l’Ukraine. »

LSB – Historiquement située aux confins de l’empire austro-hongrois, de l’empire russe et de l’empire ottoman, l’Ukraine ne bénéficie pas de l’unité linguistique et religieuse de sa voisine polonaise. Quoi de commun entre les catholiques uniates de rite grec de l’ouest du pays et les russophones orthodoxes de l’est du pays ? En Crimée, 77 % de la population a le russe comme langue maternelle. En Galicie, ils ne sont que 2 ou 3 % dans ce cas. Il n’existe pas de véritable unité ukrainienne. Ce pays est en permanence écartelé entre l’Occident et la Russie. D’où notre question volontairement provocatrice : l’Ukraine existe-elle vraiment ? De l’avis des experts en géopolitique, l’Ukraine peut donc redouter un scénario à la Yougoslave, celui de l’éclatement et de la guerre civile. Sauf qu’à la différence de l’époque de la guerre qui opposa Croates, Bosniaques et Serbes, la Russie ne laissera pas son honneur bafoué et ses intérêts remis en cause.

La flotte russe de la mer Noire est abritée dans un port ukrainien de Crimée : Sébastopol. L’Ukraine, c’est la marche de la Russie, au sens médiéval du terme. N’en déplaise aux nombreux activistes pro-ukrainiens qui existent en France, le destin de l’Ukraine est d’être un satellite de la Russie. L’Ukraine est le berceau de l’Etat russe et celui des cosaques, ces cavaliers orthodoxes qui combattirent pour le compte des tsars russes, contre les Polonais à l’ouest et les Tatars musulmans à l’est. Mais elle eut durant tout le XXe siècle, des volontés d’émancipation. Entre 1917 et 1920, une éphémère république indépendante d’Ukraine profita des troubles causés par le coup d’Etat bolchévique pour tenter de se détacher de l’orbite russe.

Entre 1941 et 1944, l’Allemagne nazie tenta également de faire renaître un sentiment national ukrainien qui s’appuyait sur la division SS « Galicie ». Au total, 220’000 Ukrainiens servirent durant cette période dans diverses unités combattantes pronazies. Ils servent aujourd’hui de référence à une partie de l’extrême droite ukrainienne, qui constitue un des principaux courants de la révolte en cours et que la présidente du Front national, Marine Le Pen, qualifie de néonazis. Ces militants se regroupent autour du parti Svoboda, bien implanté en Galicie, qui compte 38 députés au parlement ukrainien et est affilié à divers partis de l’ultra-droite européenne comme l’Aube dorée en Grèce. Svoboda, qui flirte régulièrement avec l’antisémitisme, prône ouvertement un socialisme national.

Alexandre Latsa – out ce sang versé aura finalement abouti à ce que l’Ukraine revienne à l’ancienne constitution, que des élections anticipées aient lieu mi ou fin 2014 (contre mars 2015 comme initialement prévu) et enfin que ne soit remodifié le code pénal pour prévoir la libération de l’opposante Timochenko, égérie marketing de la révolution de couleur mais emprisonnée pour faits massifs de corruption, incluant la signature de contrats énergétiques avec la Russie trop désavantageux pour l’Etat ukrainien.

Si cette dernière est libérée, on pourrait objectivement imaginer qu’elle puisse être élue présidente, damant le pion à son bras droit (Iatseniouk) qui a pourtant visiblement l’aval de la diplomatie américaine mais aussi de l’Allemagne, le boxeur Klitchko, que certains n’hésitent pas à dépeindre comme le « Van Damme » de la politique ukrainienne. Timochenko pourrait-elle réussir ce tour de force de fédérer et structurer cette opposition si désunie ?

Son étiquette de politique le plus corrompu de l’histoire ukrainienne pourra-t-elle calmer les ardeurs d’une foule qui en grande partie reproche à l’élite politique d’être justement trop corrompue ? Rien n’est moins sûr. Ses origines en font-elle une candidate tolérable pour les groupes radicaux qui représentent jusqu’à 30% des manifestants, sans aucun doute la très grande majorité des fauteurs de troubles.

On imagine mal du reste comment l’opposition dite parlementaire pourrait envisager son avenir politique sans se détacher de cette frange d’activistes radicaux qui périphérisent le mouvement Svoboda et dont le président Oleg Tiagnibok appellerait prétendument à pénaliser l’usage de la langue russe, donner un sous-statut aux russes d’Ukraine, lutter contre les élites juives ou encore attaquer des églises orthodoxes russes.

Le retour au calme (civil comme politique) en Ukraine post-Maïdan ne se fera sans doute pas en effet sans un consensus fort avec cette minorité nationaliste radicale et active qui bénéficie d’un périmètre d’action aussi large que l’Etat n’est faible. Ce vecteur nationaliste, qui a débordé le contrôle de l’opposition parlementaire, mérite qu’on s’y arrête car il fonctionne sur des logiques similaires, que l’on pense à la Russie ou l’Ukraine. En 2011 lors d’une rencontre avec des mouvements associatifs et culturels russes, j’ai échangé quelques mots avec une jeune femme qui représentait une organisation russe assez nationaliste. Cette dernière m’avait expliqué à quel point l’Ukraine à ses yeux était un pays avec un potentiel extraordinaire pour les nationalistes russes.

La Russie lui semblait à jamais bloquée politiquement (pour les nationalistes) tant le pouvoir actuel était fort, ne tolérant pas l’extrémisme et prônant le « vivre ensemble » à la russe. A contrario à ses yeux, l’Ukraine présentait un intérêt certain puisque la révolution de couleur de 2005 avait démontré que le système politique y était fragile et renversable. Une partie Est et pro-russe était certes indémolissable mais à l’Ouest, les espoirs étaient réels selon elle d’appuyer des nationalistes locaux pour y bâtir un nouvel Etat au frontière de l’Europe, blanc, nationaliste et orthodoxe.

Je lui répondais que ce type de projet avait déjà existé en Croatie et qu’après la victoire des indépendantistes soutenus par les nationalistes (incluant des volontaires de toute l’Europe), ces derniers avaient été exécutés et arrêtés jusqu’au dernier, le pays ayant ensuite pu bénéficier d’un processus d’intégration au sein de la matrice occidentale, incluant subventions et social-démocratisation. La Croatie de 2013, 28ème membre de l’UE, également membre de l’OTAN, avec ses 18% de chômage, ses financements d’entreprises sous perfusion par la BERD et le FMI, sa gaypride et sa future adhésion à la zone Euro en 2015 est – il est vrai – sans doute loin de l’objectif des nombreux nationalistes qui durant la guerre de Croatie sont allés tenter d’y bâtir un Etat nouveau.

Preuve que certains schémas mentaux ne changent pas, nombre d’entre eux partaient lutter contre un serbo-bolchevisme qui n’existait que dans leur tête, tout comme les nationalistes ukrainiens rossent aujourd’hui certains de leurs concitoyens en hurlant contre un potentiel retour à une Union Soviétique qui n’existe pourtant également plus. L’Ukraine va-t-elle vers une scission de fait pour se transformer en une grande Moldavie à l’Ouest et une Nouvelle Ossétie à l’Est, en Crimée notamment ?

L’EuroMaïdan est donc aussi une leçon pour les gouvernants du monde entier. La bataille pour l’Ukraine, qui intervient au sein d’une féroce lutte géopolitique des grands ensembles du continent, a également vu la démonstration du double standard le plus abject qui soit. Comme le rappelait Xavier Moreau récemment, l’Ukraine a permis de montrer au monde entier que ce pays était considéré par les Occidentaux comme une sorte de colonie africaine, et un pays dans lequel les blancs occidentaux en cravates pouvaient choisir les élites et décider de l’avenir. Imagine-t-on en effet en France « 15.000 désœuvrés d’extrême gauche ou droite se constituer en bandes armées, se barricader sur la place des Invalides, attaquer des policiers à coups de « cocktails Molotov » et armes à feu et le tout avec le soutien de capitales étrangères ? ». Cela semble fort peu probable. Pourquoi le serait-ce alors pour l’Ukraine ?

En 1945, le monde s’est retrouvé scindé en deux espaces dont les projets pour l’avenir étaient fondamentalement opposés et similaires à la fois, d’un mondialisme à l’autre. La chute de l’URSS n’a cependant pas arrêté la poussée occidentale que l’on aurait pourtant pu imaginer atténuée récemment par la crise financière de 2008. La prise de pouvoir politique de l’Amérique sur l’Europe via la construction européenne (François Asselineau l’a parfaitement expliqué ici) a permis la constitution d’un territoire utilisé pour y déployer territorialement l’Otan afin de permettre sa projection continentale mais également permettre la création d’un gigantesque marché économique dont les contours se dessinent de plus en plus clairement ces derniers mois : l’union transatlantique, cette nouvelle Otan économique.

Les centres de gouvernances occidentaux et Otano-centrés viennent de clairement démontrer avec l’Ukraine que leurs objectifs d’extensions à l’Est continuent et que les révolutions de couleurs de nouvelle génération ne devraient pas utiliser les libéraux comme fantassins mais bel et bien les nationalistes afin de briser l’espoir de certains pays de constituer de potentiels grands espaces, voir des pôles indépendants.

Ce faisant on peut imaginer que les micro-nationalismes tout comme les régio-nationalismes confirment et confirmeront dans un proche avenir leur rôle de meilleurs alliés de l’extension de l’Otan et d’intégration des nations européennes au sein de la matrice globale occidentale sous domination américaine. Une extension qui devrait permettre à l’Amérique de continuer à tranquillement « dépecer l’Europe » en la privant sans doute définitivement d’une alliance avec la Russie.

Howard Amos – « Un maire russe pour un peuple russe », scande la foule en colère au centre de Sébastopol, ville portuaire du bord de la mer Noire en Ukraine. Depuis que l’opposition – composée principalement de nationalistes ukrainiens – a pris le pouvoir dans le pays, la division de l’Ukraine est sur toutes les lèvres dans les régions russophones du sud et de l’est de ce grand pays.

Au sujet de l’autonomie les habitants de Sébastopol, sur la péninsule de Crimée, ont décidé de passer des paroles aux actes : lundi soir, plusieurs milliers de personnes se sont réunies devant la mairie. Première revendication : réunir d’urgence le conseil municipal pour nommer au poste de maire Alexeï Tchaly, un homme d’affaires local étroitement lié à la Russie.

Certaines têtes brûlées exigeaient de prendre d’assaut la mairie, d’autres brandissaient le drapeau russe en ignorant les objections selon lesquelles Alexeï Tchaly ne pouvait pas occuper le poste de maire parce qu’il a la citoyenneté russe. Il a été rapidement annoncé que Tchaly avait été élu président du nouveau conseil de coordination et quelques minutes plus tard, il est apparu à la fenêtre du premier étage sous les cris de ses partisans. Pour tenter d’apaiser la situation, l’ex-maire Vladimir Iatsouba avait d’abord annoncé sa démission, les larmes aux yeux, ouvrant la voie à l’application du slogan des manifestants « un maire russe pour un peuple russe ».

Deux manifestations similaires ont été organisées ces derniers jours au sud et à l’est de l’Ukraine mais nulle part la colère contre le nouveau régime n’était aussi prononcée qu’en Crimée, péninsule de la mer Noire abritant 2 millions d’habitants et unique région ukrainienne où les Russes ethniques vivent en majorité. La nomination d’Alexeï Tchaly, largement couverte par les médias pro-Kremlin en Russie, est sans précédent. Sébastopol n’avait encore jamais élu de maire par référendum national depuis la privation de ce droit par Kiev en 1992. Après cette prise de décision collective et la nomination de Tchaly au poste de maire, les manifestants de Sébastopol ont exigé des forces de l’ordre municipales qu’elles prêtent serment au nouveau maire, et ont bloqué les rues qui mènent vers la ville.

Des rumeurs paniquées ont été répandues, disant que des troupes armées étaient envoyées depuis l’Ukraine occidentale pour réprimer les émeutes en Crimée et leur imposer la volonté de Kiev. Le chef de la police municipale Alexandre Gontcharov, répondant aux questions des manifestants, a déclaré que les quatre routes qui menaient vers la ville seraient bloquées par des policiers armés. Fedor, un marin de Sébastopol qui travaille sur des navires commerciaux à travers le monde, participait à la manifestation. Il compte sur l’intervention de Moscou. « Si les Russes de Crimée étaient victimes de répressions, la Russie serait contrainte de réagir », a-t-il déclaré.

Dans la foule Alexandra, qui ne souhaite pas dévoiler son nom complet, appelle le président russe Vladimir Poutine à agir immédiatement. « Poutine et la flotte de la mer Noire doivent nous venir en aide. Nous ne craignons pas l’effusion de sang », a-t-elle déclaré. La Crimée a une longue histoire commune avec la Russie. Officiellement la région faisait partie de la Russie jusqu’en 1954, avant que Nikita Khrouchtchev transmette ce territoire à la République socialiste soviétique d’Ukraine.

Début 2010, quand Ianoukovitch a été élu président, l’Ukraine avait prolongé la location de la base navale de Sébastopol jusqu’en 2042, renforçant ainsi les liens économiques déjà solides entre cette région et Moscou. Les sentiments séparatistes se sont accrus après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Depuis, on entend constamment des rumeurs selon lesquelles ces velléités seraient encouragées secrètement par le Kremlin.

Une vague de manifestations prorusses s’est déroulée dimanche en Crimée. Selon certaines estimations, plus de 10’000 personnes ont participé au mouvement à Sébastopol – bien plus qu’à la manifestation improvisée le lendemain. Les orateurs accusaient le nouveau gouvernement de Kiev d’être fasciste et appelaient ouvertement à la séparation. Les manifestants brandissaient des drapeaux tricolores russes et scandaient « Russie! Russie! » comme des supporters de football. Ils ont soutenu les appels à constituer avec la police des unités d’autodéfense et à refuser de payer des impôts à Kiev.

Les actions de Moscou, prétendument planifiées depuis quelques années pour accorder des passeports russes aux Russes ethniques vivant en dehors de la Russie ont été fermement critiquées par Kiev, qui affirmait que ces actes n’étaient rien d’autre qu’un prétexte pour occuper de nouveaux territoires. Depuis mardi le président russe Vladimir Poutine n’a fait aucun commentaire public sur l’évolution de la situation. Par contre, le ministère russe des Affaires étrangères a ouvertement déclaré que le gouvernement actuel cherchait à établir son pouvoir par des « méthodes dictatoriales, voire terroristes ».

Il est également à craindre que les séparatistes du sud tentent de profiter de la crise actuelle pour provoquer la Russie à utiliser la force et arracher la Crimée à l’Ukraine. Selon certains experts, un autre scénario reste également plausible, selon lequel la péninsule pourrait se retrouver en état de conflit bloqué et dépendre entièrement de la Russie, comme ce fut le cas avec les ex-républiques soviétiques telles que la Géorgie, qui a perdu le contrôle de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud suite à l’intervention de Moscou.

« On peut facilement imaginer l’organisation en Crimée d’un référendum pour recevoir un statut particulier dans le cadre de l’Ukraine », a déclaré Maria Lipman, analyste du Centre Carnegie de Moscou. « La prochaine étape logique serait la séparation ». Cependant, tous les habitants de Crimée ne sont pas favorables à la séparation. La communauté tatare locale, principalement composée de musulmans et comptant près de 250 000 personnes, soutient activement le nouveau gouvernement de Kiev. Ce qui renforce encore la tension dans cette région polyethnique.

Le président par intérim Alexandre Tourtchinov a reconnu mardi que le séparatisme était une menace sérieuse et a déclaré qu’il coopérerait étroitement avec les forces de l’ordre pour trouver une solution à ce problème. Les dirigeants du parti d’extrême-droite Svoboda, qui a joué un rôle clé dans l’arrivée au pouvoir de l’opposition, auraient déclaré que la Russie envoyait des forces navales supplémentaires en Crimée. Ces déclarations ne visent qu’à alimenter la panique.

Le conseiller du ministre de l’Intérieur par intérim Viktor Neganov a déclaré aux journalistes de RIA Novosti que les actes de Tchaly à Sébastopol n’étaient rien d’autre d’un coup d’Etat local. « S’il restait à son poste, il risquerait la prison pour haute trahison », a-t-il déclaré. Les participants à la manifestation prorusse de Sébastopol portaient des pancartes avec l’inscription « Non au nazisme ukrainien! ».

   

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