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Publié par Gilles William Goldnadel le 4 mars 2014

Goldnadel

De l’autre côté du Rhin, la presse allemande s’est lancée dans un concours de repentance larmoyante. Christian Wulf, premier président de la République à comparaître devant un tribunal, vient d’être relaxé alors qu’il était prévenu de favoritisme. Il y a deux ans, la même presse l’avait accablé sans retenue ni pitié. Entre-temps, il aura perdu femme et emploi. C’est trop tard.

Qui oserait prétendre que les commentateurs soient plus prudents et consciencieux de ce côté-ci du large fleuve? Dis-moi qui tu es et je te dirai combien je te hais, semblent aujourd’hui penser certains censés commenter doctement.

La manière dont Jean-François Copé a été médiatiquement traité cette semaine ne déroge pas à la dure règle énoncée.

On voudra bien lire ici, non un ami de longue date de l’intéressé, mais un avocat qui prétend connaître un peu son sujet et qui n’en appelle qu’à la vigilante sagacité de ses lecteurs.

Sur quoi repose en effet le principal grief de l’article du Point? Sur le prétendu fait, paraît-il accablant, de ce que l’UMP de Jean-François Copé aurait confié un important budget de communication à une société composée de proches qui aurait «surfacturé» ses prestations.

Le minimum qu’aurait dû accomplir un journaliste- procureur pointu aurait été de publier un tableau comparatif de budget d’événements comparables. Mais il n’est pas sûr que celui-ci aurait été très probant.

C’est donc sur la base de cette double incrimination que l’hebdomadaire s’est cru en position, non de mettre en cause une gestion déficiente, mais d’insinuer lourdement que Sarkozy, le parti, et pourquoi pas la chose publique auraient été délibérément détroussés.

L’accusation peut être aisément démontée en deux temps, six mouvements.

-L’UMP n’est pas une entreprise publique soumise au Code des marchés. Dans la vie réelle, dans la vie des hommes, on aime généralement confier des missions à des gens que l’on apprécie et connaît bien et qui vous inspirent estime et confiance. Accessoirement, Il n’est ni interdit ni désagréable de leur être agréable. L’intéressé a précisé au surplus , sans être démenti, que son parti leur avait, avant lui, accorder sa confiance.

-L’hebdomadaire, peu pointilleux, ne s’est pas donné l’élémentaire peine, qu’il estimait sans doute inutile et fastidieuse, d’établir le moindre commencement de preuve d’une «surfacturation» qu’il évalue approximativement à 20 %.

J’en appelle ici encore à l’intelligence de celui qui me lit. 20 % n’est pas un chiffre astronomique qui fasse bondir ou hurler immédiatement au charron. Il n’existe pas une fédération des entreprises de communication qui établisse une tarification officielle… Les journalistes accusateurs se sont contentés de rapporter des ragots de communicants concurrents qui confirmeraient la «surfacturation» alléguée. Certains émaneraient du PS…

Dans le monde bienveillant dans lequel nous vivons, je gagerais que si tel client soupçonneux interrogeait secrètement quelques-uns de mes excellents confrères pour apprécier le montant de mes honoraires, je ne serais pas étonné qu’un ou deux, en catimini, les trouvent d’avance prohibitifs…

J’en veux moins aux journalistes du Point, qu’à une partie de la presse qui a embrayé allègrement par suivisme.

Le minimum qu’aurait dû accomplir un journaliste-procureur pointu aurait été de publier un tableau comparatif de budget d’événements comparables. Mais il n’est pas sûr que celui-ci aurait été très probant.

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Enfin, si par hypothèse absurde, extraordinaire et démontrable, cette «surfacturation» – ou plutôt cette facturation excessive de 20 % -existait autrement que dans l’imaginaire médiatique, il faudrait encore établir que l’accusé Copé en ait été conscient. Sans doute est-il réputé, dans son omniscience, connaître le cours improbable mais précis du marché de la communication événementielle .

Ainsi, c’est sur la base de cette «enquête» à charge – invraisemblable au sens littéral – qu’on a pensé complexer sinon détruire l’homme de la droite décomplexée.

À ce stade de la réflexion je voudrais écrire ici que j’en veux moins aux journalistes du Point, qu’à une partie de la presse qui a embrayé allègrement par suivisme, opportunisme, corporatisme et pourquoi non, sadisme inconscient.

Moins en cautionnant un article fragile et creux qu’en commentant avec délectation la situation politique dans laquelle se trouverait à présent l’accusé après sa publication. Étrange démarche, dont l’intéressé est loin d’être le seul à faire les frais et qui n’est pas exempte de perversion intellectuelle.

Malheur à qui le scandale arrive! Peu importe qu’il ait tort ou raison. Que la lame et le courant l’emportent! Sa faute est d’avoir été pris entre les mâchoires du moloch médiatique. Un Point c’est tout!

On n’est pas obligé d’aimer Jean-François Copé. Mais il n’est pas interdit d’aimer son métier, ses lecteurs et la chose publique.

Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que ces amères réflexions transcendent, et de loin, le cas du président de l’UMP

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro.

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