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Publié par Michel Garroté le 5 mars 2014

Ukraine-Russie-1

Michel Garroté, réd en chef  –-  Les forces russes auraient pris le contrôle partiel d’une deuxième base de lancement de missiles dans le sud de la Crimée et elles bloqueraient le bâtiment abritant les missiles. Des soldats ont pénétré dans la base située à Fiolent, à proximité du port de Sébastopol qui abrite la flotte russe de la mer Noire. Il y a des missiles mais ils sont désarmés. A Evpatoria, les forces russes ont pénétré dans la base A4519, prise d’assaut mardi soir par des soldats et des manifestants pro-russes, mais d’où les missiles et matériel stratégique avaient été évacués. Le poste de commandement et le centre de contrôle de la base restent sous contrôle ukrainien (source en bas de page).

Si la Crimée m’était contée

Par ailleurs, on parle, d’un côté, d’exode de la population ukrainienne ; et de l’autre, d’afflux de troupes russes. Mais en réalité, c’est un calme tendu qui règne au poste frontière de Port-Krym, au bord du détroit de Kertch, une zone stratégique entre la péninsule ukrainienne de Crimée et la Russie. Dans la drôle de guerre, sans combat mais à coups d’accusations et de menaces, engagée entre Moscou et Kiev dans la république autonome russophone du sud de l’Ukraine, ce bras de mer séparant la mer Noire de la mer d’Azov joue un rôle central. Malgré la crise actuelle et la menace d’une intervention militaire, le gouvernement russe y a lancé lundi un projet très symbolique de construction de pont reliant les deux pays d’une longueur de 4,2 km et d’un coût estimé à 480 millions d’euros. Pour l’heure, c’est en ferry qu’on traverse le détroit, par le poste de Port-Krym, et les lieux semblent bien calmes malgré les informations des médias russes faisant état d’un départ massif de population d’origine russe (60% de la population en Crimée). Seules trois voitures sont garées devant le poste, situé à une dizaine de kilomètres au nord de la ville Kertch, avant d’être embarquées vers la Russie.

« En temps normal, il y en a une vingtaine, mais les gens ont peur maintenant de traverser le détroit », explique un Ukrainien, un civil qui refuse de décliner son identité. « Il n’y pas de panique, les gens ne fuient pas en masse, tout cela est faux », assène-t-il. Quant aux arrivées de convois russes évoqués côté ukrainien, « je n’ai vu aucun véhicule, aucun détachement venant de Russie ces derniers temps », ajoute-t-il. Le trafic des ferries Crimée-Russie (quatre aller-retour par jour) est « normal », affirme-t-on au centre d’information des passagers de Port-Krym. Une dizaine de soldats, probablement russes, mais sans signes distinctifs, montent la garde, non loin d’un camion militaire, en territoire ukrainien, tout près des gardes-frontières ukrainiens, qui, eux, ne sont pas armés. A Kertch, sur les rives de l’étroit bras de mer, les habitants interrogés sont tout aussi catégoriques, disant n’avoir pas aperçu de colonnes militaires dans les rues les jours précédents. Et c’est tout juste si l’on voit quelques camions de transport de troupes avec des plaques d’immatriculation russes sur les 200 km de route séparant cette petite cité tranquille de Simféropol, la capitale de la Crimée.

Le maire de Kertch, Oleg Ossadtchi, répond d’un « niet » sans appel à la question de savoir si des unités de l’armée russe arrivent de Russie. Toutefois, non loin de là, à l’entrée d’une base ukrainienne, une dizaine de ces soldats déployés un peu partout sur la presqu’île déambulent près d’un camion militaire. « Ce sont des soldats de métier de l’armée russe, ils ont arrivés il y a trois jours », mais « la base est toujours sous notre contrôle », déclare le commandant Alexeï Nikoforov, de l’infanterie de marine ukrainienne. Un groupe d’une vingtaine de civils brandissant un drapeau russe et un drapeau de Crimée « exige » de manière tonitruante des militaires ukrainiens qu’ils fassent « allégeance » aux nouvelles autorités pro-russes de Crimée. Mais les officiers ukrainiens refusent sans hésiter, comme dans les autres bases se trouvant dans cette situation. Par ailleurs, « deux navires de guerre russes mouillent au sud du détroit de Kertch », a-t-on appris sur place de source digne de foi. « Ils ne sont pas arrivés aujourd’hui. Ils sont ancrés là-bas et n’ont pas demandé l’autorisation de traverser le détroit, donc on ignore s’ils vont le faire » (source en bas de page).

Gesticulations occidentales

Les diplomates occidentaux sont en train de montrer leurs muscles face à la Russie. Tout ceci rappelle l’épopée syrienne qui s’est terminée comme l’on sait par une victoire diplomatique russe et une humiliation des Etats va-t-en guerre. La France menace la Russie de sanctions, mais ce matin, Laurent Fabius a précisé que la France n’envisage pas de suspendre ses contrats militaires avec la Russie, et surtout pas la livraison de bâtiments militaires à la Russie. La Russie a passé commande à la France en 2011 de deux bâtiments BPC (bâtiment de projection et de commandement) de type Mistral, et pris une option pour deux autres. Tout cela rapporte de l’argent et des emplois et la France n’a plus vraiment les moyens de cracher dessus. L’UE pourrait même se couvrir de ridicule. La nécessaire unanimité européenne face à la Russie risque d’être difficile à trouver, au sommet de Bruxelles, jeudi. Londres tiendrait en effet un double langage sur l’Ukraine.

Alors que David Cameron menace officiellement Vladimir Poutine de « conséquences économiques, politiques, diplomatiques et autres », la fuite d’une note confidentielle permet de douter de sa sincérité. On peut y lire que le Royaume-Uni «ne doit pas pour l’instant soutenir de sanctions commerciales contre la Russie ou lui bloquer la City». Le texte recommande également de «décourager» toute discussion de représailles militaires notamment à l’Otan. Au sein de l’UE, les Allemands sont toujours ceux qui manifestent le plus de réticence lorsqu’il est question de sanctions à l’égard de Moscou. L’Allemagne est le premier exportateur vers la Russie. Et 35% du gaz et 35% du pétrole consommés en Allemagne viennent de Russie.

Par ailleurs, François Heisbourg estime qu’il faut prendre Poutine au sérieux : « Poutine est quelqu’un de relativement simple. Quand il parle, comme il vient de le faire, il faut le prendre au sérieux. Il ne faut pas partir du principe qu’il galèje. Quand il dit qu’il est prêt à intervenir en Ukraine ou en Crimée (ce qu’il a fait), je le prends très au sérieux. Poutine est tout sauf un fanfaron. C’est un type structuré et on le voit dans la façon dont il joue ses coups, y compris quand il les annonce » (source en bas de page).

Vous avez dit russophone ?

De son côté, l’Union des Russophones de France déplore le motif linguistique du conflit en Ukraine et elle communique : « L’Union des russophones de France est attristée par le conflit mettant aux prises russophones ukrainiens et russes en Ukraine et déplore particulièrement le motif linguistique du conflit, alors que le pays connait déjà une masse d’autres problèmes économiques, sociaux et politiques, autrement importants. Tous les Ukrainiens, ou presque, sont russophones, à ne pas confondre avec les populations russes qui vivent en Ukraine depuis des siècles aussi. Un russophone connait le russe en plus et parallèlement à sa langue, comme souvent les francophones parlent également d’autres langues. L’une des premières décisions du nouveau pouvoir de Kiev, à la légitimité contestée dans une grande partie du pays, en raison du recours à la force en violation de l’accord conclu la veille avec la caution de trois ministres de l’Union européenne et la présence d’un médiateur russe, a été l’interdiction du russe dans les régions où cette langue est maternelle.

Imagine-t-on Ottawa interdire le français au Québec ? Bruxelles le flamand ? Ou Berne le français ou l’italien ? Une telle décision est non seulement provocatrice et stupide et on voit les réactions qu’elle a suscitées en Crimée et dans d’autres régions de langue russe. Elle est aussi en complète contradiction avec les principes de l’Union européenne sur le respect des langues régionales et le droit des citoyens à utiliser leur langue y compris dans leur rapport avec l’administration. Car l’interdiction du russe en Ukraine, au-delà de l’atteinte à une liberté fondamentale, a des conséquences : on ne peut évidemment pas empêcher les gens de parler leur langue dans leur cuisine mais l’interdiction empêche de comprendre les actes de justice, les règlements administratifs, les dispositions sociales et même les notices des médicaments, ce qui dans le passé a causé des décès, lorsque les autorités oranges avaient déjà pris des mesures contre la langue russe.

L’intention annoncée de brouiller toutes télévisions en russe sont aussi une atteinte à la liberté d’information. L’Union des russophones de France se réjouit que des voix se soient trouvées à Lvov (Lviv), centre des ukrainophones, pour protester contre la mesure du pouvoir révolutionnaire en proclamant que « nous avons besoin du russe ». Et en effet, c’est grâce au russe que nous pouvons être en contact avec les Ukrainiens aujourd’hui, quel que soit leur camp ou leur opinion. Il en est de même avec tous les russophones du monde. L’Union des russophones de France déplore en revanche, la complaisance des autorités françaises et de l’Union européenne à l’égard de cette mesure du pouvoir révolutionnaire de Kiev qui constitue une violation directe et caractérisée des principes même de l’Union européenne et, au-delà, de toute l’Europe » (source en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Sources :

http://fr.news.yahoo.com/crim%C3%A9e-russes-prennent-contr%C3%B4le-partiel-dune-base-lancement-094054524.html

http://fr.news.yahoo.com/ukraine-calme-malgr%C3%A9-rumeurs-au-bord-d%C3%A9troit-kertch-112332799.html

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/03/face-%C3%A0-la-russie-lue-est-elle-cr%C3%A9dible-.html

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/03/lunion-des-russophones-de-france-d%C3%A9plore-le-motif-linguistique-du-conflit-en-ukraine.html

 

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