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Publié par Guy Millière le 6 mars 2014

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La veille de l’arrivée de Binyamin Netanyahou à Washington, Barack Obama s’est livré à son sport favori, après le golf : le jet d’invectives anti-israéliennes.

Dans le passé, cela a pris la forme de déclarations depuis la Maison Blanche ou de communiqués. Cette fois, cela a pris la forme d’un entretien accordé à un journaliste obamaphile, Jeffrey Goldberg.

L’entretien est perfide à souhait, et porteur de messages très transparents, et de menaces à peine voilées. Obama y fait porter l’intégralité des difficultés que peuvent rencontrer le « processus de paix » et les négociations avec l’Autorité palestinienne sur Israël, qui, cela va de soi, ne fait pas assez de concessions, et les villes et villages juifs de Judée Samarie, tout comme les habitations juives de Jérusalem Est sont particulièrement incriminés. Obama y présente aussi Mahmoud Abbas comme un homme sincère et paisible. Et il ajoute que les Etats Unis ne pourront indéfiniment soutenir Israël si le gouvernement israélien s’obstine à ne pas aller dans la direction qui lui est suggérée.

L’objectif d’Obama en donnant l’entretien était, sans aucun doute, de déstabiliser le Premier ministre israélien, de le placer sur la défensive, et de prendre date pour le jour où les dirigeants « palestiniens » quitteront la table, diront qu’ils ne peuvent signer le moindre traité de paix et passeront à l’étape suivante : l’appel aux sanctions contre Israël et une offensive diplomatique aux Nations Unies. Obama rêvant, ce n’est un secret pour quasiment personne, de ne pas avoir à mettre son veto à des textes très anti-israéliens passant devant le Conseil de Sécurité, son objectif était aussi de préparer le terrain pour une éventuelle absence de veto américaine dans le futur.
Le pétard ainsi lancé par Obama était censé, espérait-il, faire du bruit et des étincelles. Il a fait un bruit de baudruche qui se dégonfle et de pétard mouillé.

Il en a été ainsi car le pétard a été lancé pendant que Poutine agissait en Crimée, et le monde entier a eu une occasion supplémentaire de voir qu’Obama était impuissant et inconsistant, une fois de plus.

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Il en a été ainsi, aussi, parce que ceux qui ont parlé à la réunion annuelle de l’AIPAC, y compris les orateurs démocrates, ont préféré ignorer les propos d’Obama, ou s’en démarquer, plutôt que de les reprendre à leur compte : comme si, pour eux, Obama était devenu un personnage embarrassant. John Kerry lui-même, tout en tenant un discours assez vide, comme à son habitude, n’a pas cité celui qui l’a fait Secrétaire d’Etat.

Prononçant un discours en clôture de la réunion, et discernant qu’il avait affaire à un pétard mouillé, Binyamin Netanyahou a fait comme ceux qui l’ont précédé à la tribune : il a ignoré Obama, et n’a pas une seule fois cité son nom. Et il a fait comme si l’entretien n’existait pas.

Plutôt qu’accepter de se défendre des accusations d’Obama, il les a superbement dédaignées, et plutôt que choisir une position offensive, il s’est contenté de réaffirmer les positions d’Israël sur le nucléaire iranien (refus même de la poursuite d’un programme nucléaire « civil »), et sur le « processus de paix ». Il s’est montré d’autant plus ouvert à l’acceptation de la création d’un Etat palestinien qu’il maintient sa demande que les dirigeants « palestiniens » reconnaissent Israël en tant qu’Etat du peuple juif, ce que les dirigeants « palestiniens » ne feront jamais.

J’ai comparé dans le passé Binyamin Netanyahou dans son attitude face à Obama à celle d’un joueur d’échecs : il sait qu’il ne peut affronter de manière trop directe Barack Obama, qui cherche à le mettre en tort, et il sait qu’il ne peut lui infliger à la face du monde un « échec et mat », mais il sait aussi se maintenir dans une position toujours proche de l’ « échec et mat » et déjouer tous les pièges d’Obama. Il maintient ainsi le statu quo, en attendant des jours meilleurs. Il sait que les pourparlers en cours vont échouer. Il sait ce qui va suivre. Et il s’y prépare.

Il sait que plus personne ne prend au sérieux Obama, sinon Obama lui-même et quelques journalistes idolâtres, et il en tient compte.

En novembre 2014, il est probable que les deux chambres du Congrès passeront aux mains des Républicains, et il le sait.

Il est quasiment certain qu’à ce moment là, le cas échéant, le pouvoir de nuisance de Barack Obama sera très élimé, et il le sait.

Obama reste un homme délétère, mais de moins en moins, et ce sera bientôt un has been.

Ce Président aura été aussi nocif que les observateurs avisés l’avaient prévu, voire plus nocif encore (et en les relisant, je trouve que les deux livres que je lui ai consacré ont visé juste, mais auraient pu être plus féroces qu’il ne sont).

Ce Président aura été aussi et surtout lamentable, consternant, piteux. D’un bout à l’autre de sa sombre trajectoire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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