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Publié par Salem Ben Ammar le 10 mars 2014

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Comment les femmes musulmanes, les tunisiennes, peuvent-elles se résoudre à vivre comme un oiseau aux ailes entravées, amputées dans une cage, tout en étant fières de leurs conditions d’existence ? Une existence sans liberté, pierre tombale sur une tombe.

Une vie sans résilience est une mort sans vie.

Puisque les féministes ont retourné leur jupe et qu’elles défendent maintenant les femmes voilées, disons le : une femme n’a pas être ni la moitié d’un homme, ni son avenir. Elle doit jouir tout simplement de sa liberté de pensée, d’agir, de se mouvoir, de circuler, de divorcer, de choisir son partenaire, de s’émanciper, d’aller où elle veut et quand elle le veut, de décider par elle-même, de vivre sa vie en toute liberté sans faux-semblants ou artifices religieux qui entravent ses droits pour faire d’elle un paradis pour les hommes et un enfer pour elle.

Elle n’a pas à vivre sous l’aile protectrice d’un homme, et elle doit se donner les moyens de son indépendance. Un régime de protectorat n’est rien d’autre qu’un régime esclavagiste et liberticide.

Les hommes usent de tous les subterfuges et stratagèmes pour coloniser le corps et l’esprit de la femme en l’infantilisant et la dévalorisant. La liberté est l’affirmation de soi et le combat pour ses droits. Il ne revient pas aux hommes de doter les femmes d’un statut. Elle n’est ni un animal, ni une esclave qu’on affranchit et que l’on considère comme incapable de discernement. Les droits sont ceux que l’on arrache au moyen de luttes, de larmes et de sang. Les droits des femmes à la dignité et à la liberté politique ne doivent pas être donnés par les hommes – qui ont plutôt tendance à les émietter, à les rogner, à les minimiser comme s’ils leur en faisaient l’aumône.

Des droits au rabais dont l’Assemblée nationale constituante (ANC) veut gratifier les femmes tunisiennes.

Très en deçà du Code du Statut personnel(CSP), les droits des femmes ne se décrètent pas. Il revient aux intéressées d’exiger l’inscription dans la future Constitution tunisienne des droits égaux pour tous – et toutes. Sans distinction biologique. Les femmes ne sont pas l’ombre de leurs hommes, elles sont leurs égales. Elles doivent maintenant, plus que jamais prendre leur destin en main et s’indigner contre leur statut de femme-esclave comme dans les sociétés wahhabisées.

Elles ne sont pas un champ de labour, une éternelle mineure manquant de maturité intellectuelle et spirituelle selon le Coran, vivant sous le joug de la toute-puissance masculine, humiliée. Elles doivent prendre leur destin humain en main, et sonner la charge contre les dogmes injustes, iniques, sacralisant les hommes et maudissant les femmes.

Femmes tunisiennes, votre avenir n’est pas dans la religion faite par et pour les hommes aux dépens des droits des femmes.

Vous avez très tôt compris que l’homme a créé ce carcan pour asseoir son pouvoir exorbitant, un droit soi-disant d’essence divine. Dieu aurait fait de l’homme votre protecteur parce que vous seriez incapables de vous protéger vous-mêmes et de subvenir à vos propres besoins.

L’homme serait sur le podium divin et la femme au pied du podium. Il serait le favori de Dieu et vous le bouc-émissaire de tous ses maux.

Qu’une telle dialectique soit acceptée par les féministes occidentales parce qu’elles sont soumises à la dictature du politiquement correct qui interdit de dénoncer l’islam sous peine de resembler aux xénophobes peut se comprendre. Mais vous ?
Vous n’êtes pas atteinte par cette tare féministe occidentale ! Cela devrait vous offusquer, heurter votre sensibilité féminine. Pourtant, vous semblez vous en accommoder.

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Vous avez peur de subir le courroux de vos hommes. Vous rechignez à vous rebeller contre ce sort injuste que les hommes vous font subir.

Vous êtes les alliées de vos ennemis, et les ennemies de vous-mêmes au nom de la religion et des traditions, vous laissant croire que vous êtes les gardiennes du temple, pour mieux enserrer les chaînes qui entravent vos revendications d’un traitement humain digne et honorable.

En vous voilant, ils voilent votre horizon, vous empêchent de vous libérer de la dictature de la religion, dont la seule finalité est de vous opprimer au profit des hommes.

Les hommes abusent de votre bonne foi, de votre crédulité, en brandissant le spectre de la lapidation et de l’enfer. Ils surfent sur votre peur pour gouverner vos esprits.

 

Comme si vous n’existiez ni sur terre ni dans l’au-delà

On a beau parcourir le Saint Livre – qui n’est pas plus saint qu’il en l’air – il n’y a rien pour vous ou presque, et tout pour les hommes.

La différence biologique n’est pas un facteur de supériorité entre les humains.

Si Dieu vous aimait, il n’aurait pas fait de vous un être dépourvu de droits et mis au ban de la société comme un rebut humain, assimilées à un urinoir dans l’imagerie populaire, une cuvette où le mâle vient déposer ses urines. Ne dit-on pas de vous que vous êtes l’incarnation de Satan, voire sa créature ?

N’est-il pas écrit dans le Coran que vous avez un pouvoir maléfique et ne vous considère-t-il pas comme déficientes intellectuelles et dépourvues de foi ?

Le prophète lui-même auquel vous croyez vous promet peu de place au paradis à cause de votre prétendu esprit pervers et malsain.

Une religion qui rabaisse la femme et grandit l’homme n’est pas pour vous, elle est contre vous. Analysez votre statut et vous verrez combien votre position dans vos sociétés est une honte pour l’humanité. Un homme a le droit de vous violer en toute immunité religieuse dès la pré puberté.

Une femme violée subit la double peine. Le viol est votre lot. Votre mari est en droit de vous imposer des rapports sexuels contre votre volonté puisque la vôtre se dilue dans la sienne. C’est ça le vrai sens de la complémentarité.

Les hommes imposent et les femmes s’exécutent.

Pour les droits de succession, vous êtes considérées comme le quart d’un homme, un homme a droit à autant que quatre femmes.

Vos conditions de vie sont indignes de la condition humaine. Serfs propriétés de leurs seigneurs. Vous êtes juste bonnes à assouvir les pulsions sexuelles de vos mâles, et malheur à vous si vous vous y dérobez, les anges protecteurs des hommes bénis de dieu vous maudiront. Laissez vous violer et taisez-vous.

Votre destin est entre vos mains.

Il ne revient pas à vos hommes de définir votre statut, encore moins aux femmes qui font de leur double assujettissement à Dieu et aux hommes leur raison d’être et de vivre.

Soit vous brisez vos chaînes et ôtez ce carcan, soit vous faites de vos vies et de celles de vos filles une prison à vos vies.

Ne soyez pas vos propres geôlières, soyez actrices de vos propres vies.

Si vous ne voulez pas que les générations futures subissent tous les affronts et humiliations dont vous êtes victimes, il est de votre devoir de vous libérer du joug de l’obscurantisme de vos hommes.

Vous êtes la lumière de la vie. Quand cette lumière s’éteint, c’est la vie qui s’éteint et disparaît. L’aliénation de la femme et sa castration est un crime contre l’humanité.

Toute religion qui ordonne la négation des droits de la femme est une religion injuste et inhumaine.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Salem Ben Ammar pour Dreuz.info.

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