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Publié par Michel Garroté le 13 mars 2014

 

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Michel Garroté, réd en chef  —  A la sortie du conseil des ministres, mercredi 12 mars, Christiane Taubira a brandi deux lettres devant les médias, tout en affirmant : « Non, je n’ai pas d’informations concernant la date, la durée, le contenu des interceptions judiciaires ».

Notons en passant que la seconde lettre brandie laisse entendre que Christiane Taubira suivait l’enquête au fur et à mesure et ce, depuis longtemps (peut-être depuis l’ouverture de la première information judiciaire, en avril 2013. Son auteur évoque en effet le dossier dit des financements libyens de la campagne présidentielle de 2007 dont il est régulièrement rendu compte.

A la sortie du conseil des ministres, écrivais-je, Christiane Taubira a donc brandi deux lettres devant les médias, tout en affirmant : « Non, je n’ai pas d’informations concernant la date, la durée, le contenu des interceptions judiciaires », dans l’affaire des écoutes de Sarkozy.

Or, primo, cette affirmation est sensiblement différente de celle qu’elle avait faite sur TF1 lundi 10 mars : « Il s’agit de juges du siège indépendants, sans relation avec la Chancellerie et par conséquent la réponse est très claire, je n’avais pas l’information avant ». Avant qu’elle soit publiée dans la presse vendredi 7 mars.

Et secundo, Le Monde a pu retranscrire à partir des photos la quasi-totalité du contenu des deux lettres, qui prouvent au contraire que Taubira était au courant de la date, de la durée et du contenu des interceptions concernant les appels entre Sarkozy et son avocat, dès le 26 février.

Signalons, juste au passage, que Le Figaro (cf. source) affirme que Christiane Taubira aurait présenté sa démission, laquelle aurait été refusée. « Le président était furieux contre elle », affirme la source du Figaro. « Elle a alors proposé sa démission. Mais il lui a demandé de rester jusqu’au remaniement ». Cette source ajoute : « Ce n’est pas la première fois qu’elle propose de démissionner ». Mercredi 12 mars, ni l’Élysée ni Matignon ne confirmaient cet échange entre le chef de l’État et la garde des Sceaux. Que Taubira souhaite quitter la Place Vendôme ne fait aucun doute. « Elle en a un peu marre », soupire un député PS. « Elle rêve de la Culture », lâche un ministre, en référence aux nombreux tweets postés par Taubira sur le sujet.

D’autres, au contraire, pensent que Taubira s’accroche et ne veut pas sombrer toute seule. Ainsi, cette chronique au vitriol, parue sur le site Internet de l’IPL, et, reprise par LSB (cf. source) : « Madame Taubira s’accroche ! Elle ne veut pas partir de la place Vendôme et en tout cas elle fera tout pour ne pas partir toute seule. Comme nous l’avons déjà analysé, après l’avoir utilisée pour sa force imprécatrice et fulminatoire, le gouvernement Hollande-Ayrault ne pouvait plus longtemps maintenir dans son ministère cette grande prêtresse de la liturgie terrorisante du nihilisme révolutionnaire ».

« Car son incompétence, doublée d’un brutal tempérament dictatorial en harmonie avec son fanatisme idéologique, a très vite entraîné, même dans son ministère et son administration, un rejet quasi unanime. On ne pouvait, plus longtemps, garder cette garde des sceaux désormais par trop insupportable surtout par un chef de l’État qui peut ne pas conserver longtemps les femmes de son choix. Mais, rusée aussi comme une vieille radical-socialiste de l’écurie Baylet, Taubira a su habilement empaqueter le gouvernement dans le partage de ses débiles et impudents mensonges. Au lieu de dire « Oui, nous savions les écoutes de Nicolas Sarkozy ! » et d’assumer la défense de ce propos, ils ont, comme des gamins dominés, menti avec leur redoutable petite copine dominatrice ».

« Tous, le cœur sur la main, et le Ayrault, et surtout le Valls, superbe dans sa menterie, comme naguère Cahuzac, ils ont juré : la vérité si je mens ! Justement, la vérité est là : ce sont bien sûr des menteurs, on le savait, ça va de soi, mais des menteurs bêtes dans leur solidarité mensongère. Taubira s’est coulée toute seule. Mais de ses bras courts, nerveux, tétanisés, elle a agrippé les autres et les entraîne avec elle dans sa noyade. Soudés par force dans le mensonge taubirassien, le spectacle vipérin qu’ils donnent est fascinant. Ils détestent bien sûr Taubira qui ne veut pas couler sans eux. Regardez leurs regards : celui de rage froide de Ayrault, celui de fulmination flamboyante de Valls ».

« Mais Taubira n’est pas seule à boire la tasse putride. Le spectacle n’en est pas déplaisant. Même si l’on sait bien qu’à droite aussi, comme à gauche, ce sont les démons possesseurs des politiciens qui les agitent dans leur infernale sarabande où le vaudeville côtoie quelquefois le Vaudou ».

Sarkozy

Précisons tout de même, dans ce contexte, que Sarkozy n’en sort pas blanchi pour autant. Au contraire, les deux lettres renforcent les soupçons de violation du secret de l’instruction et de trafic d’influence pesant sur lui et son avocat. Le quotidien Le Monde (cf. source) signale que les conversations téléphoniques entre Sarkozy et son avocat, Me Herzog, retranscrites par les enquêteurs, ont montré que les deux hommes sont très bien renseignés sur la procédure en cours. Car Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, affecté à une chambre civile, est un vieux routier de la droite judiciaire. Sarkozy l’a reçu lorsqu’il s’est agi de le nommer, en 2008, secrétaire général de la Chancellerie. Et Thierry Herzog le connaît depuis longtemps. Azibert, qui a accès au service intranet de la haute juridiction, renseigne le camp sarkozyste sur l’évolution des tendances au sein de la Cour de cassation. Les écoutes en ont fait foi.

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté réd en chef www.dreuz.info

Sources :

http://www.lefigaro.fr/politique/2014/03/12/01002-20140312ARTFIG00368-taubira-au-coeur-de-la-tourmente.php

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/03/alea-taubira-jacta-est-.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/03/07/nicolas-sarkozy-sur-ecoutes-la-justice-soupconne-un-trafic-d-influence_4379307_3224.html

 

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