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Publié par Salem Ben Ammar le 22 mars 2014

bourguiba jfk

Si Habib Bourguiba n’avait pas été l’homme de l’indépendance de la Tunisie, qui d’autre l’aurait été ? Jamais la mémoire d’un homme n’a été autant profanée que la sienne. Ses ennemis ne ratent aucune occasion, depuis la chute de Ben Ali qui lui-même avait voulu l’enterrer de son vivant, pour le discréditer et le calomnier, sans jamais étayer leurs assertions par des preuves matérielles tangibles. Comme s’ils cherchaient à effacer d’un seul trait de plume des pans entiers de l’histoire de la Tunisie qu’ils veulent récrire à compter de ce jour funeste pour la démocratie : le 23 octobre 2011.

Bourguiba n’a jamais été l’homme de personne sauf de lui-même, guidé par son seul amour pour les siens. Il a combattu au péril de sa vie sans recourir à l’action violente, suivant son modèle, le Mahatma Gandhi, ce qui est très loin d’être le cas des traîtres et terroristes dans l’âme, assoiffés de revanche sociale, vouant une aversion pathologique pour la patrie tunisienne et aveuglés par la haine d’eux-mêmes, qui le brûlent aujourd’hui en place publique.

Habib Bourguiba a combattu le pire des colonialismes : la religion et sa meilleure alliée l’ignorance, ces forces du mal qui voulaient entraîner le pays dans le monde des ténèbres pour le piller à leur aise. Que ses ennemis le veuillent ou non, Bourguiba a éclairé la Tunisie d’un phare qu’on croyait à tout jamais éteint depuis Ibn Khaldun.

Un acteur de l’histoire n’a pas besoin de l’écrire, c’est elle-même qui l’écrit pour lui et en est son défenseur.

Qui mieux que lui en Tunisie pouvait s’enorgueillir de l’amitié indéfectible de ces hommes qui avaient écrit l’histoire glorieuse de leurs peuples, Nehru, Boigny, N’Krumah, Senghor, Ben Bella, Soekarno, Silassé, et tant d’autres personnalités qui ont marqué l’histoire, ainsi que de l’estime et du respect des Kennedy, De Gaulle et de Khroutchev ?

Certainement pas l’ignoble et inculte Rached Ghannouchi ! Ni ses amis, visages de la barbarie, Ben Laden, Omar Bachir, Morsi, Tourabi, Bel Haj, Madani, Zawahiri ou Hénia.

S’il était une histoire à réécrire, c’est celle de l’invasion génocidaire des arabo-musulmans dont les effets néfastes et tragiques continuent à se faire sentir sur toute la région de l’Afrique du Nord.

Bourguiba avait voulu donner les moyens intellectuels à son peuple pour prendre en main un jour son destin politique et humain. Il avait compris avant tout le monde que la vraie indépendance passe nécessairement par le développement humain, elle ne se décrète pas, elle s’assimile et s’assume.

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Il ne s’agit pas de libérer un peuple d’une domination, d’un pouvoir étranger, si ce peuple n’a pas les ressources mentales, économiques, matérielles et intellectuelles pour la préserver et l’affermir.

L’indépendance selon Bourguiba n’était pas un simple traité conclu entre la France et la Tunisie, c’était un passage du statut d’un peuple aliéné, assujetti, considéré comme un peuple incapable de s’auto-déterminer et dépourvu de personnalité politique propre au statut d’un peuple capable d’oeuvrer par lui-même dans la voie de l’édification d’une nation responsable et majeure, où tout un chacun apporte sa contribution en fonction de ses capacités.

Bourguiba n’a jamais dit aux Tunisiens “ne faites rien et Allah saura pourvoir à vos besoins”. Il leur a simplement dit “à chacun ses mérites et c’est à vous de subvenir par vos propres moyens à votre existence”. A ses yeux, il ne pouvait y avoir d’indépendance pour une nation sans égalité des chances, sans l’école pour tous, véritable colonne vertébrale pour relever les défis de la modernité.

Pragmatique et réaliste, il savait qu’une indépendance sans les fondations appropriées est un château de carte reposant sur du sable qui s’écroulera au moindre courant d’air.

L’indépendance était aussi pour lui la parole de la Tunisie dans le concert des nations. Etre entendue et respectée. Personne ne peut lui contester qu’ils s’agit là de l’expression majeure de la souveraineté nationale, non-empreinte d’un diktat étranger, comme c’est le cas présentement. Sa contribution personnelle au processus de l’indépendance de l’Algérie est une autre preuve de cet esprit d’indépendance qui l’animait et qu’il voulait insuffler à son peuple.

La Tunisie de Bourguiba n’était pas seulement indépendante, elle était souveraine dans sa politique internationale. Elle exprimait sa propre volonté dans un souci d’équilibre de ses relations avec les grandes puissances, et elle était mue de défiance et de réserve à l’égard de l’arabo-islamisme.

Cet homme figure de proue de l’histoire des années 50, 60 et 70 n’a pas seulement rompu le traité de Protectorat avec la France, il a surtout libéré la Tunisie du colonialisme turc, le 25 juillet 1957, que les félons miliciens islamistes veulent rétablir pour satisfaire les desseins néo-califiens d’Erdogan.

Bourguiba avait le souci du bien public, de la dignité nationale. Gérant la Tunisie en bon père de famille, jaloux de son image extérieure. Obsédé par le bien-être des siens, vouant un véritable culte à l’intérêt général, il n’avait de cesse de responsabiliser son peuple en croyant ainsi que ce dernier garantirait l’intégrité nationale du pays et sa pérennité.

Ses détracteurs ont peut-être raison de dire qu’il n’a pas été l’artisan de l’indépendance nationale, car il a été l’architecte et le bâtisseur hors pair de TROIS indépendances – une performance inédite dans l’histoire universelle. Il espérait que son peuple allait rompre avec les chaînes de l’obscurantisme arabo-musulman. Hélas on est jamais aussi bien trahi que par les siens, son peuple indifférent au sort de la mère-patrie.

L’indépendance est un état d’esprit bourguibien qui fait cruellement défaut aux tunisiens.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Salem Ben Ammar pour Dreuz.info.

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