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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 23 mars 2014

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L’Institut royal des architectes britanniques (RIBA) a voté une motion pour demander à l’Union Internationale des Architectes (UIA) d’exclure l’Association israélienne des architectes (IAUA), afin de la sanctionner de son refus de s’opposer à la construction d’implantations en Judée Samarie.

Israël paye pour ses erreurs. Son erreur n’est pas de construire en Judée Samarie, mais l’inverse…

Imaginez…

Quelqu’un entre chez vous avec la police et déclare que vous occupez illégalement son appartement. Votre premier réflexe de bon sens, c’est de présenter votre titre de propriété aux policiers et à l’intrus pour prouver que vous êtes bien chez vous, n’est ce pas.

Pas pour une personne de gauche. Elle trouverait l’attitude « trop radicale » (et Israël a trop longtemps été gouverné par des gens de gauche qui aujourd’hui encore trouvent l’attitude « trop radicale »).

Au lieu de sortir son titre de propriété pour établir ses bons droits, la personne de gauche commencera par examiner la situation personnelle de celui qui demande son appartement. Voyant qu’il est dans une situation précaire, elle commencera à culpabiliser, à trouver injuste que lui ait un appartement confortable tandis que l’autre vit d’expédients. La personne de gauche demandera aux policiers – car elle voudrait bien tout de même conserver son appartement – que l’on puisse négocier, chercher des solutions pour protéger ce pauvre demandeur.

Finalement, celui qui réclame l’appartement, n’ayant pu obtenir satisfaction directement avec la personne de gauche, décide de faire pression sur ses connaissances, son entourage, et ses relations de travail, et il les prend à témoin, jurant d’être la victime d’un effroyable injustice.

Bien entendu, comme la personne de gauche a des amis de gauche, dès qu’elles entendent le mot victime et injustice, elles dressent l’oreille et ne doutent pas un seul instant de la bonne foi du demandeur. Elles sont même pleines d’empathie à son égard. Ce désœuvré n’est-il pas une vraie victime de la société : pauvre, venant d’un pays défavorisé, et qui prétend même que son grand père et le père de son grand père habitaient cet appartement, ce qui fait couler une larme aux amis de gauche. Et il se plaint même d’être abandonné par la communauté internationale, cruelle et bourgeoise, ce que eux, à gauche, sont les premiers à reconnaître.

La personne de gauche, déjà mal à l’aise de l’injustice qu’elle incarne du fait que sa situation financière est confortable, commence à être montrée du doigt, rejetée, désignée comme un sans cœur, un raciste et un xénophobe (car le demandeur fait partie de la minorité visible) par son entourage, ses collègues et ses amis.

Et puis comme les conseilleurs ne sont pas les payeurs, il ne leur en coûte rien, à ces relations et amis de gauche, d’exiger que l’appartement de la personne de gauche soit donné au demandeur. Rien ! Au contraire, ils y voient rapidement leur avantage, leur bénéfice.

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En se mettant du coté du demandeur, du faible, du démuni, ils se posent comme de vrais humanistes, détenteurs de la générosité universelle, de la morale et du cœur. Le propriétaire de l’appartement, lui, se retrouve mécaniquement du coté du mal. Lui est immoral, lui est sans cœur, lui incarne l’injustice et l’arbitraire, car il refuse d’entendre raison, il refuse d’écouter les humanistes qui l’enjoignent de « rendre » l’appartement qu’il occupe illégalement au demandeur qui depuis trop longtemps subit ce préjudice. Et plus la personne de gauche s’accroche à son appartement, plus la fermeté des autres (qui n’ont rien à perdre car après tout ce n’est pas de leur appartement qu’il s’agit) les confirme dans le camp du bien. Je dirais même que le refus du propriétaire renforce leur réputation humaniste, et qu’ils ont tout à gagner de cette obstination. Ils comprennent alors vite qu’en ajoutant à la demande initiale des exigences nouvelles, ils s’assurent de faire traîner la situation en longueur, et faire durer à leur avantage cette image qu’ils se sont opportunément construite.

Ainsi la personne de gauche se retrouve piégée par sa propre tentative de négociation. Quoi qu’elle fasse ou dise, elle est devenue un occupant illégal, un colonisateur, et elle n’est plus désignée que par ces mots. Toute tentative de sa part pour démontrer son bon droit est vaine : il ne s’agit que de malhonnêtes manigances pour contourner la loi, retarder l’échéance ineluctable : libérer les territoires.

Surtout, imaginez l’humiliation, le camouflet, de la communauté internationale si après des décennies de campagnes de délégitimation, elle se retrouvait face à des documents légaux qui donnent raison à Israël. Imaginez les obligés de reconnaître l’illégalité des demandes palestiniennes ! Plutôt mourir suppliciés en niant les faits que perdre la face.

Ainsi les architectes israéliens, personnes de gauche, se sont retrouvées piégées par leur propre dialectique : 50 ans sans jamais sortir les titres de propriété d’Israël, légitimes, votés à l’unanimité et régulièrement attribués par la Société des nations au début du 20e siècle dans le mandat britannique, et confirmés par la résolution 80 de l’ONU, qui a force de loi jusqu’à aujourd’hui au regard du droit international.

Ainsi les architectes israéliens, personnes de gauche, ont laissé le monde, pour ne pas lui déplaire et parce qu’ils se sentaient coupables de leur réussite face aux malheurs de ces voisins qui revendiquaient une terre qui n’était pourtant pas la leur, les architectes israéliens donc, ont laissé le monde dire que la Judée et la Samarie sont des « territoires palestiniens occupés », sans jamais demander à quel titre ces territoires certes occupés, étaient « palestiniens » : l’attitude aurait été … « trop radicale ».

Je ne sais s’il est trop tard. Beaucoup d’observateurs semblent dire que le temps de présenter les titres de propriété sur la Judée Samarie est passé car il s’agit maintenant de régler une situation humaine, humanitaire. D’autres reprennent un flambeau longtemps abandonné : celui du droit international et des droits israéliens sur la Judée Samarie. Netanyahu a demandé la création d’un comité juridique consultatif pour connaître le statut légal de ces terres. Le rapport Levy – du nom de son président, a conclu qu’Israël avait des droits réels. La haute cour de justice israélienne – très à gauche – a déclaré qu’elle refusait de se plier aux conclusions du rapport Levy… Les architectes israéliens peuvent remercier la haute cour.

Je ne sais s’il est trop tard donc, mais je sais ceci : si les frontières sont redessinées, donner des territoires qui nous appartiennent a une toute autre allure géopolitique que rendre des territoires qu’on occupe, à résultat géographique identique.

[gdl_icon type= »icon-arrow-right » color= »#FF0000″ size= »18px »]Car voici l’essentiel, le cœur du débat :

En 1967, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté la résolution 242 sur laquelle s’appuie l’Institut royal des architectes britanniques pour motiver sa demande de retrait d’Israël aux « frontières de 67 » et légitimer son boycott.

Et voici ce que déclarait Hugh Foot, le diplomate britannique connu également sous le nom de Lord Caradon, considéré comme « l’architecte » de la résolution 242, dans une interview accordée au Journal of Palestine Studies en 1976 :

« Nous aurions pu dire [aux Israéliens] : ‘Bon, vous revenez à la ligne de 1967’. Mais je connais la ligne de 1967, et elle est mauvaise. On ne peut pas faire pire pour des frontières internationales permanentes. C’est juste là où les troupes se sont arrêtées une certaine nuit de 1948, sans aucun lien avec les besoins de la situation… Si nous avions dit de retourner à la ligne de 1967 — ce qui se serait produit si nous avions spécifié que le retrait devait avoir lieu de tous les territoires [comme écrit dans la version française de la résolution 242], nous aurions eu tort… le retrait doit se faire sur la base de — lisons les mots attentivement — frontières sécurisées et reconnues » (in The Shape of Peace in the Middle East: Interview with Lord Caradon, Journal of Palestine Studies, 1976, pp. 142-145)

Si personne ne fait lire à l’Institut royal des architectes britanniques (RIBA) ce qu’a écrit sa propre diplomatie en 1976, cela revient à donner les clefs de l’appartement sans présenter son titre de propriété.

Et si personne ne cite les déclarations de Madeleine Albright, une des autres rédacteurs de la résolution 242 sur laquelle le RIBA fonde sa « légitimité morale », qui disait :

« Nous ne soutenons tout simplement pas la description des territoires occupés par Israël en 1967 comme des ‘territoires palestiniens occupés’. Selon mon gouvernement, ce langage pourrait être pris comme une indication de souveraineté, un sujet qu’à la fois Israël et l’OLP ont accepté qu’il sera réglé lors de négociations sur le statut final des territoires. Si ce langage était apparu dans les paragraphes opérationnels de la résolution [242], laissez moi être très claire : nous aurions exercé notre droit de véto [et la résolution 242 n’aurait pas existé]. (in minutes de la réunion 3551 du Conseil de sécurité de l’ONU du vendredi 18 Mars 1994)

Si personne ne mentionne cela non plus, autant donner les clefs de tout l’immeuble…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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