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Publié par Gaia - Dreuz le 27 mars 2014

REIMS (51). Deux Rémois accusés d’avoir tiré sur des policiers ont été relaxés en appel. Ce ne sont pas eux qu’ils visaient mais des lapins, ont-ils plaidé.

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Quand la nuit tombe, les lapins sortent de leurs trous rue de la Maladrerie. Les délinquants aussi. Le 15 août 2011, agacés par une série de vols et feux de voitures déplorés dans cette petite cité criminogène de Reims, deux policiers de la brigade anticriminalité entament une surveillance depuis les buissons d’un terrain vague.

Soudain, à 1 h 15, un coup de feu déchire le silence. Le tir se fiche à proximité des agents. Il provient des immeubles, plus précisément d’une fenêtre où s’allume un projecteur qui balaye le terrain vague. Les policiers sont pris dans le faisceau. D’autres détonations retentissent. Les deux fonctionnaires se replient, poursuivis par le projecteur et les coups de feu, au total une dizaine, tirés à la carabine 22 LR, par trois larrons de 17, 20 et 21 ans, arrêtés dès le lendemain.

Aux enquêteurs, ces derniers affirment ne pas s’être rendu compte de la présence des policiers : ce ne sont pas eux qu’ils visaient, mais des lapins. Ils avaient balayé le terrain avec le projecteur pour suivre le déplacement des petits mammifères à grandes oreilles.

Après deux ans d’instruction, le trio a finalement obtenu un non-lieu partiel sur la circonstance aggravante d’avoir tiré sur des policiers. S’agissant de fonctionnaires en civil, vus de loin, la nuit, le tribunal correctionnel de Reims, lors du procès des deux majeurs l’été dernier, a retenu l’hypothèse qu’ils ignoraient leur qualité et pensaient tirer sur des quidams, pour s’amuser à leur faire peur.

Tous les deux avaient été condamnés à une amende de 2 000 euros à payer dans un délai de cent jours, sous peine de partir pour une durée équivalente en prison. Encore trop pour leur avocat, venu réclamer la relaxe devant la cour d’appel en centrant sa plaidoirie sur un « détail » primordial à ses yeux.

Coup de projecteur sur un détail

« Le premier coup de feu a été tiré alors que le projecteur ne s’était pas encore allumé », souligne Me Pascal Ammoura. « Cela démontre que le premier tir ne visait pas les policiers mais une autre cible, en l’occurrence un lapin. Il s’en déduit la même chose pour les tirs suivants. » De plus, masqués par les buissons, même pendant leur fuite car le repli s’était opéré à couvert pour échapper aux tireurs, les deux policiers n’étaient pas forcément visibles lorsque le projecteur balayait l’endroit où ils se trouvaient, ajoute l’avocat.

La cour d’appel de Reims vient de lui donner raison. Considérant qu’« un doute important existe quant à la conscience [par les prévenus] d’une présence humaine lors des tirs », et que « le premier coup de feu avait été tiré alors que les policiers n’avaient pas été éclairés par le projecteur », ce qui permet d’en déduire que « l’arme fut utilisée en direction d’une autre cible », les magistrats ont relaxé les tireurs de lapins.

Commentaire fort à propos de Me Ammoura : « »Cette histoire de projecteur rappelle que dans une affaire judiciaire, l’éclairage apporté sur un seul détail peut suffire à en modifier totalement l’issue.»

http://www.lunion.presse.fr/region/relaxes-apres-avoir-tire-des-policiers-comme-des-lapins-ia18b0n320717

© Gaïa pour www.Dreuz.info

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