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Publié par Gaïa le 30 mars 2014

Les faits présumés sont graves. Abominables. Les victimes : des hommes abîmés par la vie. L’alcool aussi. Isolées de leur famille, ces personnes vulnérables, pour la plupart placées sous curatelle, dans une situation de précarité intellectuelle et sociale, ont été insultées, humiliées, séquestrées, battues. Certaines ont subi des sévices physiques terrifiants et en porteront les stigmates jusqu’à leur mort. « Ils sont mêmes allés jusqu’à frapper l’une d’elles avec des battes de base-ball, à la brûler avec des cigarettes et à lui uriner dessus… », confie, dépitée, une source judiciaire. « Ils », ce sont onze jeunes du Petit-Quevilly, âgés entre 15 et 20 ans, appréhendés par la brigade criminelle de la Sûreté départementale. « Si les faits sont avérés, nous avons affaire à des voyous ! Des sauvageons ! Des dégénérés ! », commente cette même source, pourtant rodée au crime et habituée à la retenue dans ses propos.

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Entre janvier 2012 et le début de cette année, cette bande a fait vivre un calvaire à une dizaine d’habitants installés au Petit-Quevilly, dans l’agglomération de Rouen.
Le noyau dur vient d’être mis en examen par un juge d’instruction rouennais après l’ouverture d’une information judiciaire pour « tentative d’homicide », « séquestration », « extorsion aggravée » et « vol avec violences ». Dans l’attente de leur procès, six des onze suspects ont été écroués en maison d’arrêt par un juge des Libertés et de la Détention, les autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Mineurs et majeurs encourent la Cour d’assises et jusqu’à 25 années de réclusion criminelle.

ILS FONT BOIRE À LA VICTIME DEUX LITRES DE VODKA AVEC UN ENTONNOIR

C’est ici, dans cette cité HLM, sans véritable nom, qu’ont grandi et vivent les membres de ce gang, et que les faits se sont déroulés. Les immeubles ne sont pas plus laids que dans d’autres quartiers populaires. Les espaces verts sont entretenus, les halls d’entrée propres, les cris des enfants lancés de la cour de récréation de l’école Pablo-Picasso chassent la morosité. Malgré la distance qui sépare les « blocs » Gauguin, Allende, Matisse et Jacquard, tout le monde se connaît. Ou presque. « Nous sommes environ 1 000 familles à habiter ce secteur. Cela peut paraître beaucoup, mais à force de se croiser, on sait qui habite où, qui fait quoi, où se gare ce voisin… Bien sûr, on ne se fait pas tous la bise ! Mais on sait qui vit ici », explique, amusé, un riverain, sur le départ pour aller faire ses courses au Carrefour Market situé à deux pas.

La proximité entre habitants, c’est selon toute vraisemblance ce qui a permis aux membres de la bande de « s’inviter » chez les victimes. « Parce qu’ils connaissaient tel locataire un peu faible d’esprit, parce qu’ils savaient que celui-ci ou celui-là aime bien l’alcool, ils faisaient alors copain-copain avec lui, ramenaient une bouteille de temps en temps et investissaient l’appartement progressivement, précise une source proche des investigations. Ensuite, les jeunes s’appropriaient les lieux. Après quelques jours, ils étaient carrément chez eux. Ils se servaient dans le frigo, dormaient dans le canapé, taguaient les murs, urinaient dans le salon… L’hôte désigné n’avait pas le droit de sortir, il était enfermé dans son logement. Il n’avait plus rien à redire, sinon il se faisait frapper. Même s’il ne disait rien d’ailleurs, il était frappé. » Les coups portés ont été d’une extrême intensité.

La dizaine de victimes a subi la violence de ces jeunes à tour de rôle. Au fil des mois, lorsqu’ils changeaient d’appartement et de cible, les agresseurs sont devenus de plus en plus féroces. « C’est monté crescendo », affirme une habitante du quartier bien au fait de l’affaire, qui ne souhaite pas donner le nom de son immeuble par peur des représailles. « Des victimes se sont fait cracher dessus, d’autres ont été contraintes de prendre une douche glacée tout habillées, d’autres encore ont eu les cheveux rasés. Je ne mets pas tous les jeunes dans le même panier, mais ces voyous, parce qu’il faut appeler un chat un chat, n’ont eu aucune limite. Une fois, on m’a rapporté que l’un d’eux a braqué un pistolet sur la tempe de l’une des victimes et qu’il est reparti chez lui avec une télévision et un téléphone portable. Une autre fois, ils ont fait boire à Jacques [prénom d’emprunt, ndlr] deux litres de vodka avec un entonnoir dans la bouche. Jacques a fait un coma éthylique et les pompiers sont venus le chercher pour l’emmener à l’hôpital. Vous vous rendez compte ? Toutes ces personnes ont été humiliées ! Ils les ont considérées comme leur objet ». Selon nos informations, tous les habitants qui ont subi les assauts de cette horde ont été détroussés. Ils ont notamment été obligés de donner carte bancaire et code pour éviter une « raclée ».

LES MEMBRES DE LA BANDE ÉCRASENT LEURS CIGARETTES SUR LE LOCATAIRE

Le pic d’horreur est survenu durant l’été 2013 lorsque ce gang de barbares a décidé de s’attaquer à un quadragénaire qui réside dans le bloc Matisse. « Ils l’ont séquestré chez lui durant quinze jours en le maltraitant sérieusement », indique une source judiciaire. Comme tous les autres, ils lui ont fait subir le pire, mais une étape a été franchie dans l’escalade de violences. L’homme, sans défense physique et intellectuelle, a notamment été enfermé dans un placard, s’est fait uriner dessus et a eu les côtes cassées par des coups de batte de base-ball. Les membres du gang, qui se relayaient jour et nuit dans l’appartement afin d’éviter une évasion, n’ont pas hésité également à lui éteindre des cigarettes sur le corps. C’est finalement grâce à un marteau tombé de la fenêtre du logement par inadvertance que le supplice de la victime s’est achevé. Levant les yeux au ciel, un riverain a vu que des jeunes étaient réunis dans ce logement, habituellement occupé par le célibataire, et qu’un signalement a été fait aux autorités.

Le supplice a duré quinze jours. La victime a été prise en charge par les secours et s’est vue prescrire à l’hôpital 45 jours d’interruption temporaire de travail (ITT).

« POURQUOI UN TEL DÉCHAÎNEMENT DE VIOLENCES ? »


« IL FAUT LIRE BOURDIEU ! »

La Brigade criminelle de la Sûreté départementale a été saisie des investigations à cette période. Enquêtant sur commission rogatoire du juge d’instruction, les policiers ont alors mené un énorme travail pour remonter jusqu’aux auteurs présumés et déterminer le rôle des uns et des autres. Selon nos informations, six des onze jeunes appréhendés occupaient un rôle majeur ; les autres participaient de manière aléatoire aux agressions. Au fil des investigations, la Brigade criminelle aurait établi que les différents appartements « squattés » servaient également à cacher de la drogue.

Le leader du groupe est un mineur de 17 ans connu de la justice et de la police qui, jusqu’à son interpellation, vivait avec sa mère et ses frères dans l’un des immeubles de la cité. Affublé par ses copains du nom d’une célèbre marque de gâteau, l’adolescent donnait les ordres et prenait une large part dans les exactions. Un autre mineur, âgé lui de 15 ans, semblait également tenir une place importante au sein du gang. La Criminelle l’a arrêté dans un foyer situé dans le Nord de la France. Quelques heures plus tôt, il venait de planter un coup de couteau à un éducateur, après s’être battu avec un autre pensionnaire.

Dans la cité quevillaise, les habitants, au courant des faits et qui acceptent de se confier, se disent « bien contents » du dénouement. « Ce qui s’est passé est totalement anormal. C’est bien pour les victimes que les agresseurs aient été interpellés par la police », murmure l’un des voisins des mis en cause. Sa femme et une amie acquiescent en hochant la tête. Rencontrés par hasard dans un petit local, trois éducateurs du quartier ne souhaitent pas s’exprimer sur cette affaire. A la question : « Comment expliquer un tel déchaînement de violences ? », l’unique réponse sera : « Il faut lire Bourdieu ! ». Peu probable que les victimes lisent les écrits laissés par l’éminent sociologue. Encore moins qu’elles y trouvent les explications des terribles souffrances qu’elles ont endurées. Depuis les faits, elles ont toutes quitté la cité.

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/176230/actualites+faits-divers/les-barbares-en-prison#.UzXe88652Nd

© Gaïa pour www.Dreuz.info

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