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Publié par Guy Millière le 12 août 2014

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Les opérations militaires israéliennes contre le Hamas semblent donc, pour l’essentiel, achevées. Le choix parait avoir été fait par Binyamin Netanyahou de laisser en place un Hamas affaibli.

Une action contre le bunker situé sous l’hôpital Shifa n’a pas eu lieu. A-t-elle été considérée comme trop risquée ou potentiellement trop coûteuse en vies humaines? A-t-elle été estimée trop nuisible à l’image internationale d’Israël ou aux relations avec l’administration Obama? Ceux qui ont les réponses à ces questions se comptent sur les doigts d’une seule main, et sont tenus par le secret défense.

Si on veut voir les choses sous un angle positif, on peut dire que l’essentiel des tunnels construits par le Hamas ont été détruits, ce qui constitue un échec majeur pour les ennemis d’Israël. On peut dire aussi qu’une bonne part de l’armement dont disposait le Hamas a aussi été détruit. On peut constater que l’alliance tacite entre l’Egypte et Israël, avec en arrière fond l’Arabie Saoudite et les émirats du Golfe tient, et constitue un atout majeur pour le gouvernement israélien.

Si on veut voir les choses sous un angle plus négatif, on doit noter que le Hamas affaibli, mais pas mort, n’est sans doute affaibli que de façon temporaire: le prestige du Hamas au sein des populations arabes « palestiniennes » est, selon toute vraisemblance, renforcé. L’alliance Fatah Hamas est, en ces conditions, elle-même renforcée. L’Egypte et Israël vont, en outre, se trouver confrontés à des demandes de plus en plus pressantes de l’Europe et de l’administration Obama en vue d’assouplir les contrôles aux frontières de Gaza et de faciliter la « reconstruction ». L’Europe et l’administration Obama vont, en supplément, insister pour que s’opère un retour au « processus de paix ».

La position israélienne est claire: pas d’assouplissement tant que le Hamas est au pouvoir, pas de reconstruction sans désarmement du Hamas et des autres groupes djihadistes. La position égyptienne est peu ou prou la même. On peut s’attendre à ce que l’administration Obama et ses dirigeants européens abritent leurs demandes en disant appuyer le « modéré » Mahmoud Abbas, et en s’aveuglant volontairement sur le fait que, le Hamas n’étant pas mort, Mahmoud Abbas ne sera que le masque de l’alliance Fatah Hamas. La diplomatie israélienne va devoir redoubler d’ingéniosité pour résister aux pressions. Ce ne sera pas facile. Le maréchal Sissi va faire lui-même l’objet de tentatives de déstabilisation. Il a fait savoir récemment à Israël que le Hamas n’avait pas été assez détruit par l’armée israélienne pour qu’il soit à même de négocier en position de force.

Je crains fort, dans les conditions présentes, que des concessions soient effectuées, que le désarmement du Hamas et des autres groupes djihadistes ne soit qu’un simulacre, qu’au nom de la « reconstruction », des contrôles aux frontières soient cédés à l’Europe (des entreprises européennes frétillent déjà d’impatience à l’idée de contribuer à la reconstruction), aux Nations Unies, à Mahmoud Abbas, donc à des alliés du terrorisme djihadiste.

L’explication qui circule beaucoup concernant le choix de laisser en place un Hamas affaibli est celle que je donne plus haut concernant l’absence d’action contre le bunker de commandement du Hamas: détruire le Hamas aurait été trop risqué, potentiellement trop coûteux en vies humaines, trop nuisible à l’image internationale d’Israël et aux relations avec l’administration Obama.

Il est ajouté que cela aurait impliqué qu’Israël occupe à nouveau Gaza et se charge d’administrer la population de Gaza.

Je dois dire que je ne suis pas convaincu: je ne peux pas penser que détruire le Hamas représentait un risque si immense, et pouvait être si coûteux en vies humaines. Je pense qu’envoyer les soldats israéliens au combat en leur demandant de prendre des précautions démesurées a coûté, en soi, des vies israéliennes, sans qu’Israël en tire la moindre gratitude. Je pense qu’une victoire décisive aurait nui à l’image d’Israël, mais pas vraiment davantage que les opérations qui ont été menées (aux yeux de ce qu’on appelle « communauté internationale », Israël a toujours tort). Je pense que les relations avec l’administration Obama n’auraient pas été plus exécrables qu’elles sont présentement. Je pense que le prestige du Hamas aurait disparu avec le Hamas, tout comme l’alliance avec Abbas, et qu’Abbas aurait été plus ductile. Je pense que les pressions internationales se seraient opérées dans de tout autres conditions et qu’il aurait mieux valu que Sissi puisse négocier en position de force.

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J’ai expliqué ici, par ailleurs, dans un précédent article, que détruire la tête militaire de monstre appelé Hamas n’impliquait nécessairement ni réoccupation, ni administration de la population.

Je pourrais ajouter que si, au coeur des préoccupations de Binyamin Netanyahou, il y a le contexte régional, et que s’il n’a pas voulu faire davantage à Gaza en considérant qu’Israël a besoin de toutes ses forces pour faire face au Hezbollah, à l’Etat Islamique et à l’Iran, en finir avec le Hamas aurait été à mes yeux plus efficace, et aurait éliminé un front du combat, au moins pour quelques années, tout en apportant davantage de sécurité aux habitants du Sud d’Israël qui, pour l’heure, et pour une partie d’entre eux, hésitent à revenir : ce n’est que mon avis, bien sûr.

J’ajoute néanmoins que la position du gouvernement israélien est très inconfortable. Je ne l’ignore pas.

Jamais une administration américaine n’a été aussi hostile à Israël, et jamais une administration américaine n’avait eu de pareilles connivences avec le djihadisme. Les dirigeants européens ne voyant plus leurs ardeurs réfrénées par les Etats Unis pratiquent l’apaisement et l’anti israélisme avec zèle. Dans des pays tels que la France, les chèques du Qatar accompagnent souvent le zèle.

Jamais le contexte régional n’a été aussi lourd de périls divers. Le Hezbollah est très occupé en Syrie et confronté à une offensive, au Liban, de l’Etat Islamique, mais il dispose, toujours, d’un armement plus sophistiqué que celui dont disposait le Hamas avant la guerre. Et il obéit, toujours, aux mollahs de Téhéran. Ceux-ci disposent quasiment de l’arme atomique. L’Etat Islamique (EI) est en pleine offensive, et ce ne sont pas les actions « humanitaires » d’Obama et de l’Europe, ou quelques bombes lancées ici ou là, qui vont l’arrêter. L’EI menace la Jordanie et pourrait se trouver bientôt aux portes d’Israël.

L’intention d’Obama n’est pas d’arrêter l’offensive de l’EI.

L’administration Obama voyait en l’EI, lorsqu’il s’appelait encore l’ « Etat Islamique en Irak et au Levant » (EIIL), un moyen de contrer le régime syrien et de déstabiliser les régimes arabes du statu quo: il l’a donc laisser croître, et l’a, pour partie, aidé. Ce doit être dit. Cela faisait partie de sa politique de soutien global aux islamistes (cf. gulfnews.com/us-document-reveals-cooperation-washington-brotherhood).

L’Iran finançait l’EI, jusqu’à une date récente, et ce depuis l’époque où il s’appelait al Qaida en Irak (cf. vox.com/what-is-isis), pour disposer d’un instrument de déstabilisation des régimes arabes du statu quo et pour que ce qui est devenu l’EI s’entende avec le régime syrien au lieu de le combattre. L’Iran acceptait, en ce cadre, que ce qui est devenu l’EI tienne les régions sunnites de Syrie et d’Irak.

L’EI attaque désormais clairement le régime chiite de Bagdad (une tentative d’encerclement de Bagdad est en cours), et s’approche des frontières iraniennes.

L’EI massacre des Chrétiens en Irak, à grande échelle.

Obama ne serait sans doute pas intervenu s’il s’agissait seulement de sauver des Chrétiens (ce n’est pas sa préoccupation majeure), mais sauver l’hégémonie régionale de l’Iran, qu’il souhaite, constitue pour lui un motif suffisant d’intervention (cf. pjmedia.com/who-is-isis). Il n’ira pas au delà. On le verra. L’Europe, bien sûr, n’ira pas au delà non plus. Si l’EI menace la Jordanie, ou Israël, Obama partira jouer au golf.

Jamais le contexte régional n’a été aussi lourd de périls divers, oui.

Je comprends que l’imbroglio actuel ne soit pas facile à déchiffrer.

Israël doit agir au sein de l’imbroglio.

Israël a pour alliés tactiques les régimes sunnites du statu quo, menacés par l’Etat Islamique (EI) et par l’Iran.

Le Hamas est l’allié de l’Iran et poursuit les mêmes fins, fondamentalement, que l’Etat Islamique.

Le Qatar et la Turquie soutiennent le Hamas et l’Etat Islamique.

L’administration Obama est l’alliée du Qatar, de la Turquie et de l’Iran : elle entend endiguer l’Etat Islamique. Parce qu’il menace l’Iran.

Les pays d’Europe sont sur la même ligne que l’administration Obama.

L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas incluant toujours le Hamas, cela place Abbas, de facto, dans le camp du Qatar, de la Turquie, de l’Iran, de l’administration Obama, de l’Europe.

Obama voulait un Moyen Orient dominé par les Frères musulmans et l’Iran, devenu puissance hégémonique régionale. Il y a une infinité de détails qu’il n’avait pas prévu. Le renversement de Morsi par Sissi, par exemple (heureusement pour Israël que ce renversement a eu lieu!). Les appétits d’Abou Bakr al Baghdadi, le calife autoproclamé de l’Etat Islamique. Mais il avait prévu un encerclement d’Israël.

L’administration Obama est freinée dans son hostilité à Israël par les Républicains et l’opinion américaine. En Europe, il n’y a pas l’équivalent des Républicains américains et de l’opinion américaine.

En Europe, il n’y a pas non plus l’équivalent des commentateurs conservateurs américains, et la plupart des commentaires en France relèvent du crétinisme absolu. Pour la plupart des commentateurs français, Mahmoud Abbas est un « modéré » très modéré, le Hamas et le gouvernement israélien sont placés sur le même plan, les différences entre démocratie et totalitarisme n’existent donc pas ; l’extrême droite est au pouvoir en Israël ; le Qatar est gouverné par des hommes de bonne volonté qui ont donné à Paris un beau club de football ; Rouhani en Iran est un homme de bonne volonté lui aussi, et c’est un « conservateur », bien sûr, comme Erdogan, qui est lui aussi un « conservateur » ; la situation en Irak est la faute de George Walker Bush qui a renversé le « laïc » Saddam Hussein ; Obama est un bien brave homme qui fait ce qu’il peut ; quand Netanyahou dit que c’est le Hamas qui a attaqué Israël, il faut prendre ses propos avec circonspection, car Netanyahou est un abominable massacreur d’enfants, accusation jamais adressée au Hamas ; le Hamas et l’Etat Islamique n’ont, bien sûr, aucun point commun, car le premier est une organisation de « résistance », pas le deuxième, composé de « rebelles ».

Je pourrais m’arrêter là tant la coupe est pleine, mais j’ai lu le dossier de L’Express sur la remontée de l’antisémitisme, et j ‘ai tout compris: bon sang, mais c’est bien sûr! Les Juifs ont un sentiment de montée de l’antisémitisme parce que certains exportent le conflit de Gaza en Europe et parce qu’Israël commet des crimes effroyables. Mais il n’y a pas vraiment d’antisémitisme, et si des Juifs envisagent de quitter la France, ce sont des traitres à la patrie et à la République et des « déserteurs ». En supplément, à la place de se conduire en bons Français, les Juifs ont souvent une inclination pour un pays vil et indéfendable, Israël. Parmi les coupables désignés de la montée de l’antisémitisme, il y a le Crif (oui, le Crif), car celui-ci défend trop Israël alors qu’il devrait s’occuper de faire des Juifs français de bons républicains. Dans quelques années, à ce rythme, l’hebdomadaire Je suis partout, disparu en août 1944, pourra reparaître, Bagatelles pour un massacre sera en livre de poche, et Robert Brasillach fera son entrée au Panthéon, et tout cela sera la faute des Juifs, vraisemblablement.

Etant bilingue, quand j’écoutais George W. Bush en direct, j’entendais des discours parlant de droit et de démocratie, quand je voyais la traduction française, droit et démocratie avaient disparu et Bush était décrit comme un « fasciste ». Quand j’entends Netanyahou parler anglais, j’entends parler de droit et de démocratie, quand je vois la traduction française, les mots droit et démocratie disparaissent, et Netanyahou est décrit comme un fasciste.

Israël doit agir dans un contexte où des journalistes européens se montrent adeptes du crétinisme absolu, voire de davantage.

La position du gouvernement israélien est très inconfortable. Je ne peux l’ignorer.

Nous sommes dans une guerre qui, je le crains, ne fait que commencer. Et cette guerre a aussi une dimension journalistique. Nombre de médias européens feignent de s’inquiéter de la montée de l’antisémitisme et de la haine d’Israël en Europe. S’ils en cherchaient vraiment les causes, ils devraient se regarder dans un miroir. Ils trouveraient la réponse en regardant le miroir.

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