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Publié par Magali Marc le 13 mars 2016

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Comme d’habitude, les journalistes des médias de masse sont incapables (ou non-désireux) de nous donner l’heure juste dès qu’il s’agit du Moyen Orient et d’un pays islamique ou dès qu’une analyse pourrait remettre en question le jugement de Saint Barak Obama, président des USA jusqu’en novembre.

J’ai donc traduit pour les lecteurs de Dreuz, ce petit texte d’Elliott Abrams publié le 9 mars dernier sur le site du Council on Foreign Relations.

Elliott Abrams donne son avis sur la politique étrangère des Etats-Unis, en mettant l’accent sur les questions de démocratie et de droits de l’homme au Moyen-Orient.

Les Illusions dangereuses entretenues à propos de l’Iran

L’accord nucléaire avec l’Iran, signé l’an dernier a été présenté au public à l’aide d’arguments puissants dont les plus importants étaient ceux-ci:

  1. l’accord allait renforcer les Iraniens «modérés» et donc le comportement de l’Iran changerait ; et
  2. l’accord nous permettrait d’obtenir un aperçu et une connaissance sans précédent du programme nucléaire iranien.

Ces deux arguments se sont maintenant révélés faux.

Nous avons les preuves que l’argument de la «modération» est fallacieux, mais cette preuve est tout simplement ignorée (par les médias).

L’argument de la «connaissance» est loin d’être démontré, mais ce fait est passé sous silence.

Voici de quelle façon ces deux idées fausses ont été mises de l’avant.

L’idée que l’accord sur le nucléaire allait récompenser les «modérés» de l’Iran et servirait à les renforcer était un principe de base utilisé lors de la défense de l’accord.

Si l’Iran demeurait la théocratie belliqueuse et répressive qu’elle est aujourd’hui, lorsque l’accord prendrait fin, l’Iran serait libre de construire des armes nucléaires sans limites et nous serions dans une position dangereuse.

Comme il est essentiel que l’Iran change, les défenseurs de l’accord s’efforcent de prouver que c’est bien le cas.

Les nouvelles preuves qu’ils brandissent sont les récentes élections en Iran. D’après eux, ces élections ont été une grande victoire pour les «modérés» contre les durs, et contribuent à prouver que l’accord sur le nucléaire était une idée empreinte de sagesse.

Malheureusement, ces élections étaient tout sauf une victoire pour les réformateurs de l’Iran.

Comme Mehdi Khalaji l’a écrit à propos de l’élection de l’Assemblée des experts :

« …Si l’on entend par « réformistes » des figures politiques qui ont émergé pendant le mouvement de réforme de la fin des années 1990 et qui sont associées aux partis et aux groupes créés à cette époque, alors ni les candidats sur la liste «réformiste», ni les vainqueurs des seize sièges de l’Assemblée de Téhéran ne peuvent véritablement être appelés ainsi. »

Pour prendre un exemple, Khalaji cite Mahmoud Alavi qui s’est présenté sur ce qui a été appelé la «liste réformiste». Alavi est le ministre actuel des Services de Renseignement. Il avait été nommé chef de l’organisation idéologique et politique des militaires de 2000 à 2009 par le leader suprême, Ali Khamenei.

Khalaji conclut qu’«aucun nouveau réformiste éminent n’a remporté de siège et que la proportion de purs et durs du régime est restée la même.»

Ray Takeyh et Reuel Gerecht en tirent une conclusion difficile : les élections de cette année « ont signifié la fin du mouvement de réforme de l’Iran autrefois si vivace ….» qui a tout simplement été écrasé par le régime.

« Le cycle électoral a commencé avec la disqualification massive habituelle des réformateurs et politiciens d’esprit indépendant », nous rappellent-ils.

Je dois citer aussi le fait que les réformateurs des années électorales passées, les candidats présidentiels Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, sont restés en résidence surveillée où ils sont relégués depuis maintenant cinq ans, c’est à dire pendant toute la présidence de Rouhani, démontrant ce qu’est le sort véritable des réformateurs même les plus timides.

À quoi sert donc de raconter cette histoire de soi-disants «réformiste»?

Comme le notent Takeyh et Gerecht, « les étrangers ne veulent pas avouer qu’ils investissent dans une théocratie de plus en plus conservatrice et de plus en plus forte ; ils prétendent être occupés à aider des «modérés» au détriment de la ligne dure. Cette comédie a, en fait, assez bien fonctionné, produisant une après une dans les médias occidentaux à propos des soi-disants «victoires réformistes».

On peut tromper la plupart des gens de temps en temps, ou au moins la plupart des personnes qui ont un fort désir de se laisser berner pour protéger l’accord sur le nucléaire et ses auteurs.

L’attitude de l’Iran est une preuve de radicalisation plutôt que de modération. Ces dernières semaines, on a vu se répéter des essais de missiles balistiques.

Les missiles balistiques ne sont pas construits et perfectionnés pour transporter 226 kg de bombes non-guidées ; ils sont utilisés pour transporter des armes nucléaires.

Donc, la poursuite des travaux iraniens sur de telles armes démontre qu’il n’ont jamais renoncé à leurs ambitions nucléaires, même pas brièvement, ne serait-ce que pour sauver les apparences.

La réponse américaine a été faiblarde voire pathétique. Nous avons menacé d’en appeler à l’Organisation des Nations Unies.

Deux missiles ont été testés, portant l’inscription «Israël doit être effacé de la surface de la terre».

Ces essais violent les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, mais la réaction américaine est prudente : un discours, un débat à New York, peut-être des sanctions, mais rien qui ne pourrait conduire l’Iran à annuler l’accord sur le nucléaire.

Vu que l’Iran sait prévoit la réaction de l’administration Obama, on doit s’attendre à d’autres essais de missiles balistiques.

De plus en plus, on doit s’attendre aussi à d’avantage d’interceptions, de captures, et d’humiliations des marins américains dans le Golfe.

On doit s’attendre à plus d’action militaire iranienne dans toute la région.

Toute une modération !

Le chef du CENTCOM, le général Lloyd Austin, présente la situation de cette façon :

« Nous observons des activités nuisibles, non seulement dans toute la région, mais dans le monde entier, … Nous n’avons encore aucune indication qu’ils ont l’intention de poursuivre une chemin différent. Le fait demeure que l’Iran est aujourd’hui une force déstabilisatrice importante dans la région … Les comportements de l’Iran que nous observons n’ont rien à voir avec ce que l’on serait en droit d’attendre de la part d’une nation qui veut être prise au sérieux en tant que membre respecté de la communauté internationale ».

Sommes-nous prêts maintenant à nous tourner vers la deuxième question, l’obtention d’un aperçu sans précédent du programme nucléaire iranien ?

Est-ce bien l’une des réalisations de l’accord ?

Il semble bien que non. Au contraire.

Comme l’a dit l’AP :

« … les quatre pays occidentaux qui ont négocié avec l’Iran – les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – auraient préféré avoir plus de détails que n’en a montré le rapport de l’Agence internationale d’énergie atomique (AIEA) dans sa première mouture post-accord du mois dernier. En revanche, deux autres pays – la Russie et la Chine – considèrent le nouveau rapport comme étant équilibré, alors que l’Iran se plaint qu’il est trop approfondi. Le chef de l’AIEA, Yukiya Amano, pense qu’il a trouvé le bon équilibre, considérant que l’Iran n’est plus en violation des exigences de l’ONU qui visent à freiner son programme nucléaire. Son rapport à lui était beaucoup moins détaillé que les résumés d’avant l’accord … ».

Beaucoup moins détaillé ? Bien sûr, parce que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU en vertu desquelles l’AIEA a fourni les détails ont disparu, anéanties par l’accord sur le nucléaire.

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Le rapport du 26 février de l’AIEA était son premier depuis que l’accord sur le nucléaire est entré en vigueur, et manquait de détail sur des questions telles que les stocks d’uranium, la production de certaines pièces de centrifugeuses, et les progrès réalisés par l’Iran pour respecter les obligations de sécurité.

L’administration Obama a hésité, disant parfois qu’il y avait suffisamment de détails, pour ensuite en exiger d’avantage.

L’accord a été présenté, en partie, comme un moyen d’assurer la transparence, mais cela ne semble pas être le cas : il servirait plutôt à légitimer l’opacité.

Plus tôt cette semaine, il y a eu un échange remarquable entre un journaliste et un porte-parole du Département d’Etat John Kirby, qui a défendu le degré de connaissance que nous avons.

Kirby a déclaré :

« Nous en savons maintenant plus que nous n’en ayons jamais su, grâce à cet accord, sur le programme de l’Iran.»

Le journaliste Matt Lee de l’AP, lui a alors demandé « quelle quantité d’uranium hautement enrichi à 20 % de concentration l’Iran possède t-il maintenant ? »

Kirby répondu : «Je ne sais pas».

Ce à quoi Lee a répliqué «vous ne le savez pas parce que ce n’est pas dans le rapport de l’AIEA.»

Ainsi, les bases sur lesquelles l’accord sur le nucléaire avec l’Iran a été présenté au public se sont écroulées.

Les modérés ne sont pas au pouvoir, l’Iran ne modère pas son comportement, et nous en savons plutôt moins que plus sur ce qu’il est en train de faire avec son programme nucléaire.

Certaines de ces conclusions sont rejetées par l’Administration et par des personnes crédules de la presse, et d’autres sont ignorées. Mais toutes ces joutes verbales ne nous mettent pas plus en sécurité.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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