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Publié par Gaia - Dreuz le 30 juillet 2016

Les risques d’attentats et les purges politiques déclenchées par le président turc Erdogan après la récente tentative de putsch militaire inquiètent nos universités. Côté flamand, Gand, Hasselt, la KUL et la VUB ont décidé d’interrompre leur programme Erasmus d’échanges d’étudiants. L’UCL et Saint-Louis viennent de faire de même. Tandis que l’ULg et l’ULB maintiennent leurs programmes.

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L’UCL fait partie des universités qui ont annulé les voyages de ses étudiants en partance pour la Turquie. Certains devaient intégrer pour quelques mois une université. Pour des raisons de sécurité, ces séjours Erasmus sont supprimés, comme l’explique Marc Lits, le pro recteur de l’UCL : « Au moment du putsch, on voit bien évidemment que la situation est beaucoup plus tendue, et qu’il y a toujours des risques de résurgence de ce putsch. Le président turc lui-même le dit : ses militants continuent à être mobilisés. Cela risque de ré-exploser dans les semaines ou les mois qui viennent. Une mesure de précaution est d’essayer de ne pas envoyer d’étudiants en Turquie, en tout cas au premier semestre. On réévaluera la situation au deuxième semestre ».

« Nous avons contacté les étudiants et nous allons leur proposer une autre destination, pour qu’ils puissent quand même partir un semestre à l’étranger, parce que c’est important pour eux d’avoir cette expérience à l’étranger » précis Marc Lits.

L’ULB rejette tout « boycott académique »

A l’ULB aussi, forcément la priorité est bien la sécurité des étudiants. Mais l’université s’en tient aux recommandations des Affaires étrangères qui ne déconseillent pas pour le moment les déplacements vers Istanbul et Ankara, donc les universités turques. Serge Jaumain, vice-recteur de l’ULB, explique: « Nous avons pris contact avec nos étudiants qui devaient partir l’année prochaine, et nous les avons informés qu’ils étaient libres de renoncer à leurs Erasmus s’ils le souhaitaient. Mais nous n’avons pas souhaité interdire de manière formelle à nos étudiants de se rendre en Turquie ».

Ne pas « isoler des démocrates »

Mais plus globalement il n’est pas question pour l’ULB de remettre en cause les collaborations et les échanges avec leurs homologues turcs. Au contraire il s’agit d’aider les collègues dans la tourmente. L’ULB rappelle avoir toujours été en pointe, soutenant des professeurs déjà menacés par le passé par le régime.

Reste à voir comment agir cette fois ? Doyens écartés, professeurs interdits de déplacements à l’étranger, arrestations: « A la différence d’autres universités, ce que nous ne voulons pas faire, c’est prendre une mesure radicale sans même avoir eu l’occasion d’avoir un dialogue fructueux avec nos collègues. A ce stade nous pensons que nos collègues sur place ne seraient pas heureux que l’on supprime toute relation académique: ce serait isoler un certain nombre de démocrates qui sont pour le moment en situation difficile » conclut Serge Jaumain.

© Gaïa pour www.Dreuz.info

Source : RTBF

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