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Publié par Lia Fowler le 15 octobre 2016
Kaci Kullmann Five, présidente du Comité du prix Nobel pour la paix
Kaci Kullmann Five, présidente du Comité du prix Nobel pour la paix

Avant de faire partie du Comité Nobel, Kaci Kullmann Five a été vice-présidente du conseil d’administration de Statoil de 2003 à 2007, la plus grande compagnie pétrolière de Norvège. Le gouvernement norvégien est l’actionnaire majoritaire de Statoil.

Lia Fowler est ancien agent spécial du FBI

En 2014, sous le gouvernement de Juan Manuel Santos, Statoil a obtenu une licence pour l’exploration pétrolière off-shore dans la mer des Caraïbes, marquant son entrée dans le marché du pétrole colombien.

Et en 2016, Juan Manuel Santos recevait le prix Nobel de la Paix.

Lorsque le chef du Comité Nobel norvégien, Kaci Kullmann Five, a annoncé la décision d’attribuer le Prix Nobel de la paix 2016 au président colombien Juan Manuel Santos, le 6 octobre, les observateurs du monde entier ont été stupéfaits. Dans son titre, le quotidien italien Corriere della Sera s’est demandé qu’elle était la logique de ce choix ; El Mundo, en Espagne, l’a qualifié d’incongru ; et le Wall Street Journal l’a trouvé « étrange ».

Après tout, Santos a reçu le prix pour sa participation à un processus de paix de 6 ans avec le groupe narco-terroriste communiste colombien FARC, qui a été rejeté par le peuple colombien. Lors d’un référendum qui s’est tenu le 2 octobre, seulement 17 pour cent de l’électorat a approuvé l’accord de paix. Kullmann Five a fait valoir que le prix a été décerné pour honorer le travail qui avait été fait — avec la Norvège servant de garant — et encourager la poursuite des efforts de paix.

Mais la vraie raison de cette décision bizarre pourrait être trouvée, comme cela a été le cas pour la plupart des pays étrangers impliqués dans ce processus de paix douteux, pour des questions d’intérêts économiques — c’est-à-dire le pétrole.

Kaci Kullmann Five Statoil
Kaci Kullmann Five Statoil

Avant de faire partie du Comité Nobel, Kullmann Five a été vice-président du conseil d’administration de Statoil, la plus grande compagnie pétrolière de Norvège, de 2003 à 2007. Le gouvernement norvégien, qui a joué un rôle clé dans les négociations en tant que l’un des deux garants est l’actionnaire majoritaire de Statoil. Et en 2014, sous le gouvernement de Juan Manuel Santos, Statoil a obtenu une licence pour l’exploration pétrolière off-shore dans la mer des Caraïbes, marquant son entrée dans le marché du pétrole colombien.

Il ne surprend plus personne que les gens et les pays impliqués dans l’accord de paix soient liés à des compagnies pétrolières qui ont d’importants intérêts en Colombie, et qui dépendent des licences et concessions pétrolières délivrées par le gouvernement Santos.

Dans un article du 12 mars 2016, j’ai par exemple mis en lumière le conflit d’intérêts de Bernard Aronson, l’émissaire américain aux pourparlers de paix qui se sont tenus à La Havane. Aronson est le fondateur et associé gérant d’Acon, un fonds d’investissement qui possède une participation majoritaire dans Vetra Energia, le plus gros producteur privé colombien de pétrole et de gaz. L’investissement de Vetra en Colombie est le résultat de concessions accordées par le gouvernement Santos en 2010 et 2012. (1)

Le 2 août 2016, j’évoquais dans un autre article le rôle bizarre que la Suisse a joué dans les pourparlers de paix, en acceptant que l’accord signé entre Santos et les FARC soit déposé au Conseil fédéral — un geste prématuré, puisque le document a été rejeté par les électeurs. Mais le rôle de la Suisse semble également avoir été motivé par des intérêts économiques pour le pétrole, puisque des sociétés suisses de négoce de matières premières — qui génèrent quatre pour cent du PIB de la Suisse — ont investi des milliards de dollars dans le pétrole et le charbon colombien, grâce là encore à des concessions du gouvernement Santos.

Quant aux intérêts de la Norvège, en dépit de sa réputation d’être parmi les pays les moins corrompus au monde, Statoil, qui est contrôlé par l’État, ne bénéficie pas de cette excellente réputation.

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  • En 2004, Statoil a été reconnu coupable de corruption par un tribunal norvégien, pour avoir soudoyé des personnalités politiques iraniennes afin d’obtenir des contrats pétroliers.
  • En 2006, la société a transigé avec les autorités américaines pour le même incident, et a payé une amende de 21 millions de dollars et a admis avoir versé des pots-de-vin aux fonctionnaires iraniens pour obtenir des contrats et des informations confidentielles.

Après le scandale, le quotidien britannique The Telegraph citait Kullmann Five — qui était le porte-parole du conseil d’administration de Statoil, déclarant que la compagnie a prévu de poursuivre ses activités internationales « Avec la même détermination ». En effet, c’est ce qu’elle a fait.

Lorsque l’ancien membre du conseil d’administration de Statoil devenue présidente du Comité Nobel a annoncé l’attribution du prix Nobel à Santos, un public perplexe a spéculé quant à ses motivations.

Ça n’est certainement pas pour sa grande contribution à la paix — après avoir perdu six ans et dépensé des milliards de pesos pour un projet qui a échoué.

Certains ont supposé que le Comité a voulu récompenser les efforts de la Norvège dans le processus de paix. Mais les liens de Kullmann Five avec la compagnie pétrolière contrôlée par l’État, et les dernières concessions de forage offertes par la Colombie suggèrent une motivation beaucoup plus matérielle.

Et bien qu’il n’existe aucune preuve de corruption, il pourrait s’agir d’un nouvel exemple du racket de la « paix ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Lia Fowler pour Dreuz.info.

(1) BERNARD ARONSON: THE CONFLICTING INTERESTS OF “OUR MAN IN HAVANA ».
periodismosinfronteras.org/bernard-aronson-the-conflicting-interests-of-our-man-in-havana.html

(2) SWITZERLAND’S BUSINESS INTERESTS IN COLOMBIA’S FALSE PEACE periodismosinfronteras.org/switzerlands-business-interests-in-colombias-false-peace.html

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