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Publié par Manuel Gomez le 1 janvier 2017
Maréchal Khalifa Haftar, commandant de l’armée nationale de Libye en visite avec Sergei Lavrov à Moscou

Le 19 septembre 2016, j’informais nos lecteurs sur l’évolution de la situation en Libye, après la saisie des terminaux et des ports pétroliers par l’armée nationale sous le commandement du général Khalifa Haftar, devenu maréchal depuis.

Ce scénario bouleversait totalement la donne politique, déjà ambiguë, du pays.

Le 20 octobre, je confirmais que le maréchal Haftar serait l’un des prochains dirigeants de la Libye et que, d’ores et déjà, il bénéficiait du soutien inconditionnel du parlement de Tobrouk, mais également de pays comme l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Tchad, et qu’il s’opposait ouvertement au gouvernement d’Union nationale présidé par Fayed El-Sarraj et soutenu par l’ONU.

L’on sait le rôle primordial joué par l’Algérie dans la médiation de ce conflit libyen, et c’était la raison principale de la visite du maréchal Haftar à Alger, le 16 décembre, afin de défendre son projet.

Visite qui a été suivie neuf jours plus tard, le dimanche 25 décembre, par celle du président du gouvernement d’Union nationale, Fayed El-Sarraj.

À présent le maréchal Haftar a décidé de prendre le pouvoir qu’on lui marchandait, en employant la force politique, sinon militaire.

Il a parfaitement compris, en constatant le rôle prépondérant tenu par la Russie dans le dénouement du conflit syrien, après Alep (arrêt des hostilités, signature d’une paix momentanée et ouverture de pourparlers entre les différents protagonistes) que les États-Unis et l’Union européenne n’étaient plus les maîtres de la situation au Moyen-Orient, et que c’est la Russie de Poutine qui imposait sa puissance militaire, fort de ses succès sur le terrain.

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Malgré leur présence, et certaines interventions militaires en Libye, le maréchal Haftar a réalisé qu’il ne pouvait compter sur un appui sans condition, ni des Américains, ni des Français, et il s’est donc résolument tourné vers la Russie. Il vient de rencontrer, à Moscou, Vladimir Poutine afin de solliciter son appui.

En avez-vous entendu parler dans les médias occidentaux ?

Rappelons que la Russie avait lâché Mouammar El Guedaffi en 2011, mais qu’elle n’attendait que cette occasion pour y remettre les deux pieds, d’autant plus que Poutine ne cache nullement son projet d’occuper une place de leader dans cette région (et ailleurs).

Le ministre russe des Affaires étrangères, Gennady Gatilov, estime que le maréchal Haftar, qui a combattu sans interruption les forces de Daech depuis plus de deux ans, est une personnalité politique de premier plan au sein d’un gouvernement libyen, et qu’il est incontournable, tout en continuant à appuyer sans trop d’énergie la formation du gouvernement d’Union nationale, soutenue par l’ONU et dirigée par El-Sarraj.

Très impliquée dans cet imbroglio politique, pour ne pas dire politicien, l’ONU et l’Algérie se posent bien des questions sur cette nouvelle intervention de la Russie dans le dossier libyen.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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