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Publié par Mireille Vallette le 15 février 2017

Enseigner la langue d’Allah est devenu une obsession dans les mosquées de tous les pays européens. Son rôle n’est pas seulement lié au culte.

L’expansion de l’arabe est parallèle à celle de l’islam, et ceci dans tous les pays européens (et probablement dans tous les pays musulmans). Quand sera-t-il la deuxième langue de la France, la deuxième ou troisième des autres pays islamisés, la quatrième langue officielle de la Suisse ?

L’arabe, c’est la langue qu’a choisie Allah, que chaque «croyant» doit apprendre afin de lire les textes canoniques. En réalité, son rôle va bien au-delà. Il devient une langue de reconnaissance, il renforce le sentiment d’être entre soi, espèce à part, supérieure aux autres. C’est une composante de l’entre-soi communautaire. C’est un moyen supplémentaire de se séparer du reste de la société.

L’insondable fierté des musulmans pieux les conduit à vouloir que l’extension de l’arabe progresse sans cesse, élément d’une identité culturelle différente de la nôtre. L’insistance de l’ISESCO, Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture, est révélatrice. Un de ses but majeurs est «l’extension de l’arabe, langue du Coran, mais aussi véhicule de la pensée, élément capital de l’identité culturelle, outil de consolidation de l’identité civilisationnelle. Sa généralisation et sa parfaite maîtrise sont indispensables.» Il ne faudrait pas mêler les torchons et les serviettes, la civilisation islamique et la civilisation occidentale. L’arabe, langue sacrée, fait partie des serviettes.

L’école islamique charge le bateau

Donc, musulman tu es, l’arabe tu apprendras. L’arabe littéral, classique, compliqué, est imposé aux enfants de nos mosquées dès le plus jeune âge. L’oral est un arabe dialectal très différent selon les pays. Certaines mosquées enseignent à la fois le dialecte local (par exemple le darija pour le Maroc) et l’arabe littéral. Les petits musulmans ont-ils tous des dons de polyglotte et une force de travail exceptionnelle? Pour eux, c’est un apprentissage qui s’ajoute aux autres enseignements islamiques et à la charge scolaire. Ça fait beaucoup! Voilà un thème qui pourrait faite l’objet de recherches.

Apprendre l’arabe concerne chacun quelle que soit son origine. L’Association culturelle des femmes musulmanes de Suisse  propose des cours d’arabe pour enfants bosniaques, et aussi pour les Somaliens qui parlent rarement l’arabe. On ne cesse de nous dire que les enfants doivent connaitre leur culture et leur langue pour intégrer les nôtres. Dans les mosquées, il ne s’agit pas de relier les immigrés à leur culture, mais d’apprendre l’arabe pour lire «le Saint Coran». Les petits bosniaques n’approfondissent par le serbo-croate, ni les Somaliens le somali.

On remarquera aussi que les enfants, musulmans ou non, parlent de plus en plus mal le français, langue elle aussi difficile. Une idée? Simplifier le français! La Suède ouvre la voie.  Une agence de recrutement a lancé une campagne visant à remplacer le suédois dans les messages enregistrés par une forme sommaire, plus facilement compréhensible par les migrants. En France, la ministre Najaut Belkacem facilite la tâche des mosquées: depuis l’année dernière, l’apprentissage de l’arabe est possible depuis le primaire.

L’arabe dans les mosquées, c’est la possibilité d’inviter des prêcheurs de haine. De Al-Azhar, de Médine, du Maroc, de tous les pays de pratiques littéralistes. Même s’ils ne parlent pas un mot de français (ou d’allemand, ou de néerlandais), le lien se fera tout naturellement avec le clergé local qui traduira leurs sermons. La Fondation culturelle ou grande mosquée (wahhabite) de Genève illustre cette tartufferie. Elle accueille volontiers tels Saoudiens qui approuvent dans leur pays des barbaries de la charia et viennent dispenser leurs bonnes paroles dans les nôtres. Ces voyageurs rendent difficile pour les services de renseignements de repérer ce qu’ils disent dans leurs pays et donc le cas échéant les interdire de séjour. On pourrait se faciliter la tâche en interdisant de mosquées tous les prédicateurs Saoudiens.

Propagande et prison

L’expansion de cette langue rend plus compliqué le contrôle des discours et des écrits. Ainsi, à propos d’un imam qui introduisait dans une prison zurichoise des brochures faisant l’apologie de la charia et de ses châtiments corporels , le directeur du Centre suisse de formation pour le personnel pénitentiaire Thomas Noll observe que le matériel de propagande est «plus difficile à repérer lorsqu’il est rédigé en turc ou en arabe».

Parler arabe permet à tous les commis-voyageurs de l’islam expansionniste de se rencontrer sans l’obstacle linguistique. L’arabe favorise les liens entre les pays musulmans et les nôtres… Des réunions européennes permettent de manigancer de futures conquêtes dans la discrétion.

L’arabe fait partie du djihad culturel

C’est un marqueur de cette religion. La langue divine ne reste pas au sein des mosquées. Elle s’impose à nous. Même dans les conférences destinées à un public multi religieux, même sur les plateaux de télévision, impossible d’entendre un verset sans subir sa version arabe, quand ce n’est pas des «Allah Akbar» et des psalmodies. Il n’est pas de lieu où l’orateur n’a cesse de montrer son savoir et sa dévotion. Témoin cette journée durant laquelle des associations musulmanes de Neuchâtel se présentaient au public du canton. Et récemment à Nyon, un pasteur conquis par l’islam, Karim Arezki, traduisait lui aussi avec application ses versets et autres citations devant un public quasi exclusivement non musulman et non arabophone.

En France, lors de la présentation par le Premier ministre Bernard Cazeneuve et par Jean-Pierre Chevènement d’un rapport sur la formation des imams de France, l’audience a aussi eu droit à des «formules rituelles en arabe» du rapporteur de séance Djelloul Seddiki. «(…).sa façon de s’exprimer, sans le moindre souci de réserve dans ce haut lieu de la République, laissait le sentiment qu’il se comportait comme s’il était chez lui.»

Des profs rendus brindezingue

L’arabe peut même rendre les enseignants légèrement barjos. Dans son rapport (effrayant) de 2004 sur les manifestations religieuses dans les écoles françaises, Jean-Pierre Obin  observe que devant les multiples réactions des élèves, des professeurs recourent au Coran pour légitimer leur enseignement. «Le comble est sans doute atteint avec ce professeur enseignant avec le Coran sur son bureau (édition bilingue, car certains élèves n’ont foi qu’en la version arabe, langue qu’il ne lit pas!), et qui y recourt dès que des contestations se manifestent.»

Beaucoup de professeurs se plaignent aussi dans ce rapport des interventions d’élèves en arabe dans des séquences «sensibles» de l’enseignement «de toute évidence pour exprimer leur désaccord ou tenir, sans risque d’être compris par le professeur, des propos peu amènes.» Et même des enseignants d’arabe sont victimes des obsessions religieuses des parents. «Ce n’est pas le bon arabe!», vient ainsi protester auprès d’un principal un père d’élève.

L’arabe est une autre affirmation identitaire et prétendre qu’il faut connaitre cette langue pour comprendre le Coran suggère que plus des deux tiers des musulmans en sont incapables. Mais dans les pays non-arabophones aussi, victimes de la vague obscurantiste, l’apprentissage de la langue d’Allah progresse.

Des Mohamed comme s’il en pleuvait

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On se demande aussi pourquoi les prénoms des musulmans sont si souvent arabes, et plus généralement du pays d’origine de la famille. Encore une des multiples obligations de la doxa? Non, ce serait d’ailleurs impossible vu que plus d’un milliard de musulmans ne sont pas arabophones. Même l’islamo-totalitaire Youssef Al-Qaradawi le confirme. Mais la bigoterie et la conquête culturelle sont trop fortes. Aujourd’hui, le prénom du prophète et ses dérivés sont en tête du hitparade en Angleterre et en Italie. A Rome, 4 enfants sur 10 portent les prénoms Ahmed, Mahmoud et Hamid, dérivés du prénom Mohamed. Et à Bruxelles, Mohamed est aussi le premier prénom donné aux garçons.

Pourtant, donner un prénom du pays d’accueil, fut-il chrétien ou juif, éviterait un problème sans cesse ressassé: telle demande d’emploi signée Mohamed passe facilement à la poubelle des recruteurs. Pourquoi ne pas appeler son enfant Heidi ou Guillaume? Ce serait un bon truc pour le vivre-ensemble! D’un autre côté, le renoncement à des prénoms arabes ou des pays d’origine ne permettrait plus de constater la croissance continue de cette religion dans nos sociétés. En France, où la pression prosélyte conduit au suicide culturel, «Jean Sobieski» remarque sombrement: «Quand les actes de naissance des enfants sont en même temps le certificat d’inhumation d’une nation.»

Pourquoi les musulmans sont-ils tenus de litre le Coran en arabe? Parce que Dieu l’aurait dicté dans cette langue. Il le rappelle dans plusieurs versets. Après bien des vicissitudes, le texte définitif, version canonique qui définit les règles et normes de la religion, a été fixé au Caire en 1923. Il comprend de nombreuses fautes linguistiques et stylistiques, des expressions ambigües et des passages incompréhensibles. Il fait de nombreux emprunts au syro-araméen. Et si pour Allah, il s’agit d’un livre aux «versets clairs, un Coran arabe destiné à un peuple qui comprend… L’erreur ne s’y glisse nulle part», il est au contraire pour le spécialiste suisse Alain Jean-Mairet, «un mauvais livre, rédigé dans un mauvais arabe, confus, empli d’erreurs, une sorte de sabir, et avec un alphabet qui n’a de toute évidence pas été conçu à l’origine pour la langue arabe et qui constitue davantage une sorte de bricolage sacralisé.»

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