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Publié par Mireille Vallette le 11 mars 2017

Une nouvelle déclaration tend à laisser croire que les pays ou règle la loi d’Allah voudraient mettre fin aux discriminations de leurs minorités.

Un peu plus d’une année après la «Déclaration de Marrakech» prônant l’égalité entre les religions, le monde musulman nous en propose une autre, la «Déclaration de coexistence réciproque islamo-chrétienne.

Les deux textes visent à instaurer l’égalité entre musulmans et non-musulmans, une réalité que le monde d’Allah n’a pas connue depuis l’an 620, environ…

L’université d’Al-Azhar et le Conseil des sages musulmans basé à Abu Dhabi ont convié de nombreux responsables politiques et religieux au Caire les 28 février et 1er mars pour une “Conférence internationale sur la liberté, la citoyenneté, la diversité et la complémentarité”. Complémentarité ?!?!

Nettement moins ambitieux et plus jargonneux que celui de Marrakech, le document d’Al-Azhar puise à la même source d’illumination islamique, car la loi exige que les religieux ne puissent emprunter une voie sans validation des textes. Il s’agit de la “Constitution de Médine”.

Disons d’emblée que ce texte, dont personne n’a jamais vu la couleur, n’a rien d’une constitution et tout d’un pacte tribal. Elle est aussi dénommée “charte” et est décrite par le biographe de Mahomet Ibn Ishaq. Elle concerne essentiellement les juifs. Le pacte stipule qu’aucun signataire ne peut déclarer une guerre sans la permission de Mahomet et qu’en cas de désaccord, les belligérants doivent s’adresser “à Dieu et à Son messager” pour arbitrage. Pour les juifs, la charte s’est conclue par une épuration ethnique. Et elle n’a joué aucun rôle dans l’histoire musulmane hors le mythe persistant qu’un État parfait a été créé par le prophète à Médine avec en prime la première constitution du monde.

A l’initiative d’Al-Azhar et du Conseil des sages musulmans, des responsables politiques et religieux étaient donc présents au Caire. Les chrétiens d’Orient étaient invités, mais ils semblent avoir été là principalement pour opiner, vu que leur apport à la question des libertés et de l’égalité est totalement ignoré par le texte final. Ils sont en revanche parfaitement instrumentalisés. Pas d’allusion non plus au modèle occidental d’égalité qui pourrait inspirer nos oulémas.

Bien, me direz-vous, venons-en au contenu. Il est étonnant. La logique ne semble pas le fort des religieux.

Grâce à la Constitution de Médine, “les sociétés arabes et islamiques possèdent un patrimoine bien ancré de pratique du vivre-ensemble au sein d’une même société, marquée par la diversité, le pluralisme et la reconnaissance réciproque.” A défaut de pratique, on a appris le langage.

Il s’agit de “confirmer la foi dans l’égalité entre les musulmans et les chrétiens dans les patries, les droits et les devoirs puisqu’ils forment une seule nation.”

Les discriminations entre musulmans et non-musulmans doivent être combattues, car “contraires à la charia”. Osé… alors que 14 siècles de discriminations justifiées par la charia elle-même et des bibliothèques de jurisprudence réfutent cette assertion.

Le texte insiste sur le fait que toutes les religions et traditions refusent “les mauvaises conduites”, dont bien sûr le terrorisme. “C’est pourquoi les participants chrétiens et musulmans au congrès d’Al-Azhar déclarent que toutes les religions sont innocentes du terrorisme sous toutes ses formes et le condamnent sévèrement.” [un moyen pratique pour innocenter l’islam, puisque les autres religions ne commettent aucun attentat]

Les participants pensent aussi que “le fait de juger l’islam sur le comportement criminel de certains musulmans peut permettre de qualifier toutes les religions de terroristes…”

Qu’en est-il des droits des minorités ? Eh bien d’abord, il vaudrait mieux éviter l’utilisation de ce terme : “… la déclaration espère que les intellectuels et les penseurs font attention au danger de l’emploi du terme ‘minorités’ qui porte dans ses plis la notion de la discrimination et de l’isolement sous prétexte d’affirmer les droits.” On remarquera au passage que nul ne sait qui a signé ces déclarations… si elles sont signées.

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Protéger les citoyens, leur vie, leurs biens, leur liberté et “tous les autres droits que leur confèrent leur citoyenneté et leur dignité humaine, est le devoir premier des États nationaux. On n’a, en aucun cas, le droit de rivaliser avec l’État dans l’exercice de ce devoir. Un passage à destination d’Al-Sissi avec lequel Al-Azar est en délicatesse. Le chef de l’Etat voudrait que la rénovation du discours religieux soit un peu plus rapide. Il a reçu à la veille de la conférence le grand imam d’Al-Azhar Ahmed Al Tayyeb pour lui filer quelques tuyaux.

Et on va “travailler ensemble dans les domaines de l’orientation, de l’enseignement religieux et moral, de l’éducation de la citoyenneté, et du développement de la compréhension des relations avec les institutions religieuses arabes et internationales, la consolidation du dialogue islamo-chrétien et le dialogue des civilisations.”

Si on commençait par changer les lois et les constitutions, si éloignées des vertus attribuées à la charte de Médine ? Par exemple en faveur des Coptes qui subissent le joug islamique depuis l’invasion de leur pays et tentent en vain d’obtenir quelques droits.

Impossibilité de rénover les églises, impossibilité d’exercer certaines fonctions, persécutions, enlèvement de jeunes filles pour les marier à des musulmans, assassinats…

Les Coptes apprécieront (aussi) cet extrait : “Les participants, musulmans et chrétiens renouvellent leur fraternité et leur rejet de toute tentative qui vise à faire la distinction entre eux, à montrer que les chrétiens sont ciblés dans leur pays d’origine.”

Ce blabla est surtout destiné à contrer l’hostilité qui croit devant l’absence de liberté religieuse du monde islamique. Il faudra plus que quelques déclarations pour qu’elle pâlisse.

J’observais dans mon papier sur celle de Marrakech : “S’il faut en passer par cette daube pour que les pays musulmans accordent un jour des droits égaux aux croyants, de même qu’aux athées, je veux bien. Mais que vont faire maintenant les auteurs de cette prometteuse déclaration ? Prendre leur bâton de pèlerin pour la populariser auprès des populations, chefs religieux et politiciens musulmans ? Tenter de la faire signer à ces décideurs ? Ou simplement préparer la prochaine ?”

La déclaration du Caire est une réponse.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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