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Publié par Magali Marc le 16 mai 2017

Le Président Trump a prévu d’aller en Israël le 22 mai pour une visite d’une journée avec sa femme, Melania, sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner.

Nombreux sont les analystes et éditorialistes qui lui font des suggestions concernant l’attitude à adopter envers Abbas, la question du déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem, etc.

J’ai retenu (et traduit pour les lecteurs de Dreuz) ce texte d’Efraïm Inbar* qui fait le point sur la situation d’Israël.

Israël est toujours en guerre

Par Efraim Inbar
(paru le 4 mai sur le site du Middle East Forum)

Après plusieurs défaites militaires, l’Égypte, le plus grand et le plus fort État arabe, a signé un traité de paix historique avec Israël en 1979.

La défection de l’Égypte de l’alliance arabe anti-israélienne a eu pour effet de neutraliser les possibilités d’attaques conventionnelles à grande échelle contre Israël, améliorant la position stratégique globale d’Israël.

Toutefois, Le Caire s’est abstenu de développer des relations normales avec l’État juif. Une «paix froide» a évolué, soulignant non seulement les intérêts stratégiques communs des deux pays, mais aussi la réticence de l’Égypte à participer à une véritable réconciliation des deux peuples.

La Jordanie a suivi en 1994, imitant le précédent égyptien. Le traité de paix de la Jordanie avec Israël reflète également des intérêts stratégiques communs – mais les Jordaniens le désignent par les termes «paix du Roi», ce qui implique une absence d’interaction entre eux et les Juifs à l’ouest du Jourdain.

Les inhibitions du monde arabe concernant l’acceptation d’Israël ne devraient pas nous surprendre. Les musulmans pensent avoir de bonnes raisons théologiques de rejeter l’existence d’un État juif. En outre, le système éducatif des pays arabes distille des messages antisémites et inculque la haine d’Israël depuis des décennies. Malheureusement, la diffusion des images négatives des Juifs et d’Israël n’a guère changé dans les écoles et les médias arabes.

C’est pourquoi l’euphorie des années 1990 suscitée par le «processus de paix» avec les Arabes et propagée par le «camp de la paix» était injustifiée.

En fait, ces négociations de paix ont misérablement échoué. Cependant, le processus a permis au mouvement national arabe de s’installer dans les Territoires disputés et à Gaza.

Alors qu’une partie du monde arabe vit une crise socio-politique profonde et que l’autre vit dans la crainte de la menace iranienne, c’est le mouvement national arabe et les islamistes qui poursuivent la lutte contre les Sionistes.

Les Arabes des Territoires sont à l’avant-garde de la guerre contre Israël, même s’ils n’ont ni blindé ni avion. Ils utilisent la terreur et compensent les terroristes capturés par Israël aussi bien que leurs familles. Le recours à la force contre les Juifs est applaudi et les auteurs de meurtre ont le statut de martyrs. Ils utilisent des missiles contre la population civile israélienne. Les limites de leur puissance de feu sont le résultat des efforts israéliens pour supprimer leur approvisionnement en armements.

Le mouvement national arabe-palestinien nie les liens historiques des Juifs à la Terre d’Israël, et en particulier à Jérusalem.

L’Autorité palestinienne (PA) a récemment demandé au Royaume-Uni de s’excuser de la Déclaration Balfour en 1917, qui reconnaissait l’attachement juif au pays d’Israël. On pourrait citer d’interminables exemples d’écrits diffusés dans les écoles et les médias arabes qui obligent à conclure que les Arabes ne sont pas prêts à faire la paix.

En outre, l’AP est incapable de conclure une « paix froide » comme l’ont fait l’Égypte ou la Jordanie. Ces deux pays prennent au sérieux leur engagement à empêcher les attaques terroristes sur leur territoire.

En Judée-Samarie, l’AP – établie par Yitzhak Rabin sous prétexte qu’elle allait lutter contre le terrorisme en échange du transfert de territoire – refuse d’honorer sa part de l’entente.

Elle encourage la terreur par des subventions aux terroristes emprisonnés et s’emploie le plus souvent à faire l’éloge des « martyrs » et à honorer leur «héritage». L’élite au pouvoir à Gaza, le Hamas, refuse formellement d’abandonner la lutte armée contre Israël.

Le «processus d’Oslo» a été une tentative d’Israël de pousser le mouvement national arabe dans une position étatiste et d’adopter éventuellement une logique étatique allant dans le même sens que l’Égypte et la Jordanie qui les a amenées à une «paix froide» avec Israël.

Mais les dimensions religieuses et ethniques du conflit avec Israël ont eu raison de tous les instincts arabes étatistes sous-développés. Les pulsions ethno-religieuses des Arabes les mobilisent et les motivent à continuer dans la voie des conflits violents.

Jusqu’à présent, aucun dirigeant arabe qui a adopté un programme étatique, donnant la priorité à l’édification d’un État plutôt qu’à d’autres aspirations, n’a réussi à obtenir le soutien du public arabe.

Salam Fayyad, qui a été admiré en Occident pour ses tentatives de réforme de la bureaucratie hypertrophiée de l’Autorité palestinienne, semblait aller dans cette direction. Mais son niveau de soutien dans la population arabe n’a jamais dépassé les 10%.

La société arabe en Judée-Samarie devient de plus en plus religieuse et radicale, à l’instar des autres sociétés arabes. Cette tendance profite au Hamas, qui devient de plus en plus populaire. L’ascendant du Hamas nourrit l’hostilité envers Israël. La volonté de satisfaire cette quête revancharde et, en fin de compte, de détruire Israël – ce qui serait une réparation aux yeux des Arabes – remplace toute autre considération.

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Un renouvellement des négociations qui mènerait à un retrait israélien des Territoires disputés n’aboutira probablement jamais à un accord durable et satisfaisant.

Israël devra maintenir une armée forte pendant plusieurs décennies pour faire face au défi arabe. En outre, des changements dans les États voisins pourraient survenir rapidement. Des scénarios inattendus, tels que le retour des Frères Musulmans à la barre en Égypte ou la chute de la dynastie hachémite, pourraient se produire, et une menace conventionnelle à grande échelle pourrait resurgir.

Enfin, la menace du développement de l’arme nucléaire iranienne continue de hanter le Moyen-Orient.

Israël doit rester vigilant et continuer à se préparer à divers scénarios de guerre.

Un désir compréhensible de vivre en paix ne doit pas empêcher le réalisme selon lequel Israël devra probablement vivre en état de guerre pour encore de nombreuses années.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : Traduit par Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

*Efraim Inbar est professeur émérite d’Études politiques à l’Université Bar-Ilan et directeur fondateur du Centre Begin-Sadat d’études stratégiques (BESA) (1991-2016). Il est un membre Shillman-Ginsburg du Middle East Forum.

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