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Publié par Dreuz Info le 18 juin 2017

Guy Millière, (spécialisation : économie, géopolitique), est titulaire de trois doctorats, et professeur à l’Université Paris VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit, Economie de la communication et Maître de conférences à Sciences Po, ainsi que professeur invité aux Etats-Unis. Il collabore à de nombreux think tanks aux Etats-Unis et en France.

Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique ; conférencier pour la Banque de France ; ancien visiting Professor à la California State University, Long Beach ; traducteur et adaptateur en langue française pour le site DanielPipes.org ; éditorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, upjf.org ; membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman ; rédacteur en chef de la revue Liberalia de 1989 à 1992, il a participé aux travaux de l’American Entreprise Institute et de l’Hoover Institution.

Il a été conférencier pour la Banque de France ; il a participé à l’édition d’ouvrages libéraux contemporains comme La constitution de la liberté de Friedrich Hayek en 1994 dans la collection Liberalia, puis dans la collection « Au service de la liberté » qu’il a créée aux éditions Cheminements en 2007. Il a été vice-président de l’Institut de l’Europe libre ainsi que Président et membre du conseil scientifique de l’Institut Turgot. Il fait partie du comité directeur de l’Alliance France-Israël présidée par Gilles-William Goldnadel. Il est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages.

Grégoire Canlorbe : Vous tenez à rappeler que le « peuple palestinien » est une invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente – et peut-être la fin prochaine. Si la vérité était enfin reconnue dans le monde arabe, ainsi que dans les organisations internationales, peut-on parier que les prétendus « Palestiniens » ré-émigreraient vers la Jordanie, et que le peuple palestinien s’effacerait, comme à la limite de la Mer Morte un visage de sable ?

Guy Millière : Je pense que la situation est plus complexe que cela. Fondamentalement, l’existence d’Israël est inadmissible pour le monde musulman. Le territoire d’Israël a été intégré dans le dar al Islam, le territoire de l’Islam, et tout territoire intégré dans le dar al Islam est censé y rester pour toujours, et devoir être reconquis s’il est perdu. Qu’Israël soit un État juif est tout aussi inadmissible, car pour l’Islam, les Juifs sont des êtres inferieurs, des mécréants qui doivent rester à leur place de mécréants.

Pendant des années, le but explicite du monde musulman était d’effacer Israël de la surface du monde et de réintégrer le territoire d’Israël au dar al Islam. La notion de peuple palestinien a été forgée par les services soviétiques à la fin des années 1960, après la guerre des Six jours, aux fins de remplacer le discours exigeant la destruction d’Israël par un discours demandant la liberté du peuple palestinien et soutenant sa lutte de libération. En utilisant ce discours, le monde musulman a gagné du terrain diplomatiquement et obtenu de nombreux soutiens occidentaux.

La Jordanie est effectivement un État arabe créé sur les terres du Mandat palestinien initialement prévu lors des accords de San Remo, mais c’est un pays où règne une monarchie issue de la dynastie hachémite venue de La Mecque. Le roi de Jordanie ne veut pas intégrer sur le sol jordanien les Arabes vivant en Judée-Samarie, bien qu’ils aient été citoyens jordaniens, et ce pour trois raisons : la première est qu’il passerait pour un traître aux yeux du reste du monde musulman ; la deuxième est qu’il craindrait que sa légitimité, en réalité très faible, soit remise en question davantage qu’elle ne l’est déjà ; la troisième est que la population arabe de Judée Samarie qu’on appelle peuple palestinien a été endoctrinée pendant près de cinq décennies, et serait un facteur de perturbation où qu’elle aille. La vérité est que personne ne veut de cette population, et qu’en majorité elle ne veut pas s’en aller.

Ce qui prend forme en ce moment sous l’égide de Donald Trump est un rapprochement entre les pays arabes sunnites et Israël aux fins de former une alliance permettant d’endiguer l’Iran. Si ce rapprochement conduit à une alliance et à une reconnaissance diplomatique, ce sera déjà une avancée extraordinaire. Ce rapprochement ne se fera pas sans que les pays arabes sunnites obtiennent un geste de la part d’Israël en faveur des « Palestiniens ». Ce geste ne sera pas la réintégration des Palestiniens à la Jordanie. Il sera sans doute une autonomie renforcée et conditionnelle de l’Autorité Palestinienne qui obtiendra quelques concessions territoriales, et se verra demander sur le ton de la ferme exigence de renoncer aux incitations au terrorisme.

La solution israélienne proposée par Caroline Glick (The Israeli Solution), qui impliquerait l’annexion de la Judée-Samarie ne me paraît pas envisageable dans le contexte géopolitique présent. Les solutions proposées par Martin Sherman, qui envisage le départ de la population arabe de Judée-Samarie, ou par Danny Danon (The Will to Prevail), qui évoque une solution a trois États, par un accord entre l’Égypte, la Jordanie et Israël ne me paraissent pas envisageables pour le moment elles non plus.

Ce qui prend forme se rapproche davantage de ce que Daniel Pipes a proposé il y a quelques mois dans un article publié par le magazine Commentary (« A New Strategy for Israeli Victory »), une mise sous pression de l’Autorité palestinienne aux fins de la conduire à la reddition. La pression est exercée présentement par les États-Unis, par l’Arabie Saoudite et ses alliés bien davantage encore que par Israël.

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Grégoire Canlorbe : L’intelligence stratégique de Donald Trump est le plus souvent mise en cause par les commentateurs de sa politique étrangère, lesquels déplorent son goût de la négociation musclée avec l’ennemi russe ou saoudien, et lui reprochent de cultiver un amateurisme dangereux dans sa manière de conclure des accords censés privilégier, et non sacrifier, les intérêts de long terme des États-Unis. Habitué à déconstruire ces sarcasmes, pourriez-vous revenir sur leur manque d’à-propos ?

Guy Millière : Je pense que Donald Trump fait preuve d’une grande intelligence stratégique que ne perçoivent pas ceux que la haine aveugle. Il considère que le danger principal au Proche-Orient est l’hégémonie iranienne qui commençait à prendre forme. Il a proposé au monde arabe sunnite une alliance forte, mais conditionnelle. Les États-Unis seront à nouveau les alliés de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte, de la Jordanie, des émirats du Golfe si ces divers pays jugulent le terrorisme islamique et se rapprochent d’Israël.

L’Arabie Saoudite, l’Égypte, la Jordanie, les émirats du Golfe, se savent menacés par l’Iran, et ils ont accepté la proposition américaine : c’est ce qui s’est noué à Riyad le mai dernier. Le Qatar, qui a continué à jouer un double jeu et à financer le Hamas et à soutenir les Frères Musulmans, tout en gardant des liens avec l’Iran, est soumis à une pression très intense. L’État Islamique est en train de perdre ses derniers bastions en Syrie et en Irak ; et les forces spéciales américaines y sont pour beaucoup. Les Kurdes vont se trouver renforcés, et les États-Unis vont exercer des pressions sur la Turquie d’Erdoğan, qui ne veut pas voir émerger un Kurdistan indépendant sur son flanc Sud.

Trump entend négocier avec Poutine et a été entravé par les manœuvres d’obstruction des Démocrates aux États-Unis. Son but serait de garantir la survie d’une Syrie réduite aux régions alaouites incluant les bases militaires russes de Lattaquié et de Tartous, et alliée de la Russie : d’envisager quelques concessions à la Russie telles que l’annexion de la Crimée, d’exiger en retour de la Russie qu’elle fasse pression sur Erdoğan, et qu’elle-même contribue à l’endiguement de l’Iran et se charge d’endiguer le Hezbollah.

Le moyen de pression dont Trump dispose sur la Russie est clair : les États-Unis relancent leur production de matières premières énergétiques et sont à même de faire baisser le prix du pétrole et du gaz naturel qui sont les deux ressources principales de la Russie. La relance de la production de matières premières énergétiques par les États-Unis est aussi un moyen de pression sur les pays arabes sunnites qui leur fait comprendre de quel côté se trouvent leurs intérêts.

En Asie, Donald Trump considère que le danger immédiat est la Corée du Nord, et il a exigé de la Chine qu’elle endigue le régime nord-coréen, en faisant comprendre au dirigeant chinois que les bonnes relations entre la Chine et les États-Unis en dépendaient. Les menaces de rétorsions commerciales vis-à-vis de la Chine sont toujours là, elles sont simplement en suspens, en attendant que la Chine agisse, et la Chine a commencé à le faire.

En demandant aux Européens de contribuer davantage à leur défense militaire, Trump a énoncé une demande légitime, et en demandant que l’OTAN soit réorientée vers la lutte contre le terrorisme, il a énoncé une autre demande légitime. Les Européens pourront pester et maugréer, ils dépendent des États-Unis pour leur défense, et ils le savent. Trump le sait aussi.

Grégoire Canlorbe : Une position courante, parmi les judéophobes, est de concevoir les Juifs comme animés par une idéologie « cosmopolite » que les plus riches et les plus puissants d’entre eux s’efforceraient constamment d’imposer aux peuples enracinés. Cette suspicion à l’endroit des Juifs est, en partie, alimentée par le fait que certaines des personnalités médiatisées prêchant la fin des frontières et le mépris des racines culturelles sont paradoxalement issues de la communauté juive. Que l’on songe à Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, ou encore George Soros. Que répondez-vous à la thèse du complot juif fomenté en vue d’instaurer le cosmopolitisme partout dans le monde ?

Guy Millière : Cette thèse me paraît relever de l’antisémitisme, qui, au fil des siècles et des millénaires, n’a cessé de changer de visage. Jacques Attali et Bernard-Henri Levy sont juifs : ils sont surtout des hommes de gauche, et leur rapport au Judaïsme est sous-tendu par leurs idées de gauche. Puisqu’ils sont français, je pourrais vous dire qu’Alain Finkielkraut et Éric Zemmour, dont je ne partage que très partiellement les idées, mais qui sont très loin du « cosmopolitisme », sont juifs eux aussi.

Georges Soros est un être maléfique qui a commencé sa vie en collaborant avec les nazis, et sa principale caractéristique n’est pas d’être juif, mais d’être absolument cynique. Je dois dire que je trouve détestable cette façon de voir l’influence du Judaïsme chez des gens dès lors qu’ils sont juifs. Pour moi, le Judaïsme, c’est plutôt Binyamin Netanyahou, que je tiens pour l’un des plus grands hommes d’État et pour l’un des plus grands défenseurs de la civilisation occidentale de l’ère contemporaine ; Leo Strauss, le plus grand penseur du droit naturel au vingtième siècle ; Daniel Pipes, l’un des plus grands spécialistes du Proche-Orient aujourd’hui ; Norman Podhoretz, l’un des grands penseurs conservateurs et néo-conservateurs américains contemporains (et le néo-conservatisme, contrairement à ce que disent ceux qui le caricaturent, n’est pas un appel à la guerre, mais à la défense des

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