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Publié par Magali Marc le 11 juillet 2017

Alors qu’un Québécois d’origine tunisienne a tenté d’égorger un policier, à l’aéroport de Flint, au Michigan, le Premier ministre québécois Philippe Couillard en a surpris plus d’un en déclarant le lendemain de l’attaque que «malheureusement, on ne peut pas séparer ce type d’événement, le terrorisme, de l’Islam en général».

Citant le président Macron, M. Couillard a estimé que la communauté musulmane a la responsabilité d’agir sur le front théologique et d’expliquer que le terrorisme est contraire aux enseignements de la religion (sic).

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(Pour mémoire: Le 21 juin dernier, un Montréalais du nom d’Amor Ftouhi a attaqué un policier en le poignardant au cou et dans le dos à l’aéroport international Bishop de Flint dans le Michigan. Entré aux États- Unis le 16 juin, il aurait tenté, selon le FBI, de se procurer une arme à feu, ce qui lui a été refusé. Ftouhi est arrivé à l’aéroport de Flint où il a «sorti un couteau» de son sac, et crié “Allah Akbar” avant de poignarder le lieutenant (Jeff) Neville. Il a été formellement accusé d’avoir commis un acte de violence dans un aéroport mondial et entravé la sécurité de l’aéroport. S’il est reconnu coupable, il pourrait écoper d’une peine de prison à vie.)

Certains porte-parole de la communauté musulmane au Québec n’étaient pas très heureux de la réflexion du Premier ministre. Ce qui n’étonne personne.

Ce qui est surprenant, par contre, c’est que la Fédération des Femmes du Québec s’est crue obligée de se fendre d’un communiqué dénonçant la réflexion du Premier ministre.

« La Fédération des Femmes du Québec (FFQ) est outrée et profondément peinée par les propos que Premier ministre Philippe Couillard a tenus le 22 juin dernier: «L’islam ne peut être dissocié des gestes commis en son nom», et en anglais «You can’t disconnect terrorism from Islam». Un tel amalgame est honteux! Est-il vraiment nécessaire de rappeler que tous les terroristes ne sont pas musulmans et que la vaste majorité des musulmans ne sont pas terroristes? Dans le climat actuel de la montée du racisme ici et dans de nombreux autres pays, des propos islamophobes, alimentés par un certain populisme, acquièrent une certaine «légitimité». Aussi, les paroles du premier ministre, prononcées dans ce contexte social, sont particulièrement pernicieuses».(Communiqué du 26 juin)

La FFQ a aussi fait allusion à l’«islamphobie» qui sévit au Québec où «. Les femmes musulmanes subissent quotidiennement du mépris (se font cracher dessus) et des gestes agressifs (se font bousculer ou pousser violemment), au point où elles se tiennent loin des rails de métro. Les mères craignent pour la sécurité de leurs enfants.»

Je vis au Québec. Je vois matin et soir des femmes musulmanes enfoulardées (comme disait une amie à moi) qui circulent paisiblement dans le métro et les autobus avec leur marmaille, s’assoient aux terrasses et prennent un p’tit café et personne ne leur crache dessus ni ne les bouscule. Après l’attaque de la mosquée à Québec, j’ai parlé à une caissière qui s’est dite musulmane (elle ne porte pas le voile) dans un magasin que je fréquente souvent. Cette femme s’est dite surprise de l’attentat de Québec et m’a dit combien elle s’est toujours sentie en sécurité à Montréal.

Alors la question se pose: quelle mouche a piqué la FFQ?

Après avoir effectué quelques recherches, j’en suis arrivée aux conclusions que je livre aux lecteurs de Dreuz.

1) Le féminisme s’est gauchisé

Dans les années 60, les féministes peinaient à faire reconnaître leurs revendications dont la principale était: «à travail égal, salaire égal».

À cette époque, les syndicats traînaient de la patte sur les revendications des femmes, estimant que le mouvement féministe était mené par des grandes bourgeoises désœuvrées qui se cherchaient une cause.

Un peu partout en Occident des lois sur l’équité salariale ont finalement été adoptées au début des années 70.

La lutte pour le droit à l’avortement a constitué le fer de lance d’un nouveau féminisme qui a émergé à cette époque.

Ce féminisme radical était en rupture avec le féminisme plus classique qu’on appelait le féminisme libéral ou égalitaire selon lequel les problèmes des femmes étaient dus au fait qu’elles n’avaient pas accès à l’éducation ni au marché du travail.

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Le droit à l’avortement libre et gratuit était une revendication des féministes «radicales» dans les années 70 et a trouvé, en partie, sa résolution en France avec la loi votée grâce à la regrettée Simone Veil: la Loi du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de grossesse.

On notera avec intérêt que Françoise David, ex-cheffe du parti marxiste, Québec Solidaire, et féministe de la première heure a eu cette réflexion lors d’une interview concernant le décès de cette grande dame que fût Mme Veil, « J’aurais préféré qu’elle soit de gauche …».

Il est vrai que Mme Veil n’avait rien d’une féministe radicale.

Avec des événements comme les marches contre la pauvreté et la violence faite aux femmes, les féministes ont finalement reçu l’appui des partis de gauche et des syndicats.

Des groupes se sont formés tels que la Fédération des Femmes du Québec et, au Québec, le gouvernement s’est doté d’un Conseil du Statut de la Femme (1973).

2) La théorie féministe et son analyse intersectionnelle

Mais l’appui des gauchistes a un prix.

Tout comme les gauchistes s’appuient sur les dogmes marxistes, les féministes désormais présentes dans les départements universitaires dans les Instituts de recherche et d’études féministes se sont dotées d’une théorie et d’une analyse dite «intersectionnelle».

Selon l’universitaire Kathy Davis, l’«intersectionnalité» désigne à la fois l’interaction entre le genre, la race et d’autres catégories de différences dans les vies individuelles, les pratiques sociales, les dispositions institutionnelles et les idéologies culturelles, et l’issue de ces interactions en termes de pouvoir.

Forgé par Kimberlé Crenshaw (1989), ce concept visait au départ à aborder le fait que les expériences et les luttes des femmes de couleur tombaient systématiquement dans les failles des discours féministes et antiracistes. Pour Crenshaw, les théoriciennes devaient prendre en compte à la fois le genre et la race et montrer en quoi leur interaction façonne les multiples dimensions des expériences des femmes noires.»

Poussées par les théoriciennes universitaires, bousculées par les mouvements antiracistes, prises en main par les gauchistes, les féministes ont décidé de faire de la lutte pour les droits des femmes, une lutte contre toutes les inégalités, toutes les exclusions.

L’analyse intersectionnelle est suffisamment floue pour attirer les post-féministes qui y trouvent à boire et à manger (et l’octroi de précieuses subventions pour faire des recherches universitaires).

À l’occasion de la démission de la présidente de la FFQ en mai dernier, une commentatrice écrivait sur le site du Huffington Post à propos des difficultés que connaît cet organisme:

« La FFQ (…) (est victime) … des orientations des dernières années, de l’imposition d’une analyse (intersectionnelle) qui divise les femmes. À force de vouloir défendre toutes les causes, à force de vouloir catégoriser les «causes», les hiérarchiser, les additionner afin d’élaborer qui est davantage «victime», on a oublié le principal: la lutte contre le patriarcat! Quand on voit Alexa Conradi en Allemagne défendre des migrants agresseurs lors des événements de Cologne, on peut constater l’héritage que des femmes comme elle ont laissé!

Lorsque des femmes décident que le port du voile n’est pas un symbole sexiste alors qu’on oblige des femmes dans plusieurs pays à le porter, qu’on est incapable de contrer l’intégrisme et le sexisme des religions, que la prostitution pourrait être acceptable grâce au lobby du groupe Stella à la FFQ, je me dis qu’on a oublié l’essentiel. On a oublié l’universalisme du féminisme pour en faire la défense de celles qui tiraient le plus sur la couverture (comme ces lobbys religieux aussi). La FFQ est devenue clientéliste. Elle a mis un terme au débat en imposant de force l’analyse intersectionnelle, elle en a expulsé des femmes qui s’y opposaient, et ce de façon autoritaire.»

3) L’emprise des islamo-fascistes

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Lise Ravary qui écrivait dans sa chronique du Journal de Montréal le 6 mars dernier « Le 8 mars sert à rappeler que la gauche, y compris la gauche islamo-facho, contrôle désormais l’agenda féministe au Québec. »

Pour être à la mode et récolter les subventions, les groupes féministes font la promotion :

du multiculturalisme (la diversité enrichissante des genres, des races, des cultures; des religions);

de la lutte des classes et la lutte à la pauvreté (les femmes riches peuvent se payer des avortements sécuritaires ou une contraception adéquate, ce sont les femmes pauvres ou sans emploi qui sont laissées pour compte);

de l’anti-racisme (droits des femmes noires, métisses, etc.);

de la lutte à l’islamophobie (droit des femmes musulmanes à porter le voile);

de l’anti-impérialisme (la lutte contre les sociétés patriarcales dominées par des hommes blancs qui veulent imposer leurs valeurs aux pays «en voie de développement»;

des droits des minorités opprimées ou mal servies: handicapés, LGBT, autochtones;

des droits des réfugiés, des sans-papiers et des immigrants illégaux.

Conclusion

11 avril dernier, Yolande Geadah une chercheure et auteure féministe québécoise écrivait sur le site Sisyphe.org:

« Pour lutter contre l’islamophobie et la discrimination, l’éducation accompagnée de mesures concrètes visant à faciliter l’intégration économique des membres des communautés musulmanes s’impose. Mais la complaisance face à l’intrusion croissante du religieux dans l’espace public commun ne fait pas partie des solutions. Il est urgent de revoir l’approche des accommodements religieux pour mieux la baliser si on veut préserver l’harmonie sociale.

Par ailleurs, on ne peut ignorer le danger de l’expansion de l’idéologie islamiste ou wahhabite, sous prétexte de vouloir lutter contre l’islamophobie.

Il est grand temps de se mettre à l’écoute des citoyens musulmans et musulmanes qui critiquent les accommodements religieux déraisonnables, conscients que l’insistance sur certaines pratiques religieuses découle d’une lecture extrêmement rigide de l’islam. Les revendications qui s’en inspirent ne visent nullement l’intégration sociale et culturelle des immigrants de foi musulmane, mais favorise plutôt leur marginalisation et le repli identitaire. Il faut enfin mettre fin à la complaisance face à la propagation de l’idéologie islamiste au pays, et libérer la parole des musulmans et des musulmanes qui proposent une lecture rationaliste de l’islam, plus respectueuse des droits fondamentaux.»

Sur la question du port du voile, le Conseil du statut de la femme du Québec (CSFQ) a tenu bon. En 2008, sa position était claire:

« Ce que le Conseil suggère, c’est (…) qu’un accommodement consenti à une personne pour des motifs religieux ne puisse avoir pour effet de compromettre le droit à l’égalité entre les sexes. ».

Le CSFQ est contre le port du voile et, en général, contre tout signe religieux ostentatoire dans l’administration publique:

« Parce que le voile islamique est un symbole d’infériorisation et de soumission des femmes, étant entendu que tout symbole parle par lui-même, indépendamment des intentions ou des sentiments de la personne qui le porte.

Parce que le voile islamique est un marqueur social qui indique le statut inégalitaire de la femme dans la société.

Parce que l’idéologie patriarcale qui impose le port du voile se fonde sur la supériorité du sexe masculin et, de ce fait, conduit inévitablement au mépris et à la violence à l’égard des femmes.

Parce que l’obligation pour les femmes de cacher une partie de leur corps les définit implicitement comme un objet permanent de désir libidineux et fait reposer sur les femmes la responsabilité du contrôle de la sexualité dans la société.

Parce qu’une telle prise de position, bien que sans conséquence légale, a une valeur pédagogique indispensable sur le plan de l’opinion publique.

Parce que l’acceptation de signes religieux dans le service public est un pas dans la mauvaise direction et constitue une entrave de plus à l’avènement d’une charte de la laïcité, dont le Québec a un pressant besoin. »

Avec Lise Ravary, Denise Bombardier, Fatima Houda-Pépin, Nathalie Elgrably-Lévy, Djemila Benhabib,et bien d’autres, ce ne sont pas toutes les chroniqueuses et féministes québécoises qui ont perdu le nord.

Heureusement.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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