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Publié par Dreuz Info le 3 février 2007

Par Helios, le 27 janvier 2007

Les anti-américains se servent du débat d’idées qui a lieu aux États Unis pour dénigrer ce pays, son système de gouvernement, la société et l’économie américaine et bien sûr ce qu’ils appellent l’impérialisme américain. Ils se servent largement des arguments de la gauche américaine laquelle se complaît dans l’autoflagellation et le masochisme intellectuel et dont le slogan est "Blame America first", on appelle d’ailleurs ses adeptes les "blame America firsters".

La gauche américaine existe, certains voudraient nous faire croire que c’est une droite à la Sarkozy ou à la Bayrou, rien n’est plus faux, elle est formée surtout d’intellectuels, de jeunes idéalistes, de pacifistes, d’environnementalistes, de certains groupes féministes, d’artistes, de stars et de faiseurs d’opinion attachés aux grands médias. C’est une gauche "caviar" au superlatif, outrageusement gâtée par le système.

On la retrouve dans les grands centres urbains de l’est, particulièrement à New-York et en nouvelle Angleterre, elle a aussi ses quartiers sous le doux soleil de Californie. Elle brille par son absence dans l’Amérique "profonde" qu’elle n’écoute pas et qu’elle ne cherche même pas à convaincre.

Les liens que le parti démocrate entretient avec cette gauche sont ambiguës, elle contribue à l’éloigner du centre où ses chances électorales sont meilleures, mais elle lui sert aussi de haut-parleur dans la mesure où elle détient une position dominante dans les moyens de communication.

Elle a certainement contribué à faire élire G.W. Bush en novembre 2000 en refusant de voter pour Al Gore, mais elle a aussi contribué à torpiller Kerry en l’appuyant trop ouvertement ce qui l’a rendu suspect à une tranche importante de l’électorat en 2004. Si l’on tient compte de ces éléments il devient évident que la gauche américaine (the liberals tels qu’on désigne ses adeptes aux ÉU) constitue davantage un handicap qu’un atout pour le parti démocrate.

Dans un pays où la majorité des gens votent à droite ou au centre, la gauche américaine ressemble à une anomalie, principalement à cause de la position privilégiée qu’elle occupe sous les projecteurs et pour le peu d’importance que l’électorat lui octroie concrètement. Il est significatif que les succès récents du parti démocrate ne s’accompagnent pas d’un déplacement à gauche de son centre de gravité mais plutôt d’un déplacement à droite! On peut sans risque de se tromper parler de "paradoxe de la gauche américaine".

Il n’est donc pas étonnant de voir cette gauche se réfugier dans l’anti-américanisme. Reléguée par l’électorat à l’insignifiance, obligée de s’accrocher aux jupes du parti démocrate pour survivre, elle ne se prive pas d’exprimer ses frustrations en utilisant les puissants moyens de communication qu’elle contrôle. En ce faisant, elle ne se contente pas d’embarrasser le parti démocrate, elle contribue à donner une image très négative des États Unis.

D’aucuns prétendraient que la gauche américaine constitue en quelque sorte la "conscience de l’Amérique", cependant la majorité des américains la considère comme son talon d’Achille. Par instinct les américains se méfient des concepts et des recettes à base d’idéologie servies par des gens qui n’y tremperont jamais les lèvres et qui n’auront pas à en subir les conséquences. L’ascenseur social aux États Unis fonctionne bien, il permet aux citoyens américains de s’élever à force de travail et de créativité, le "rêve américain" c’est du concret et le patriotisme anime les citoyens, c’est ce qui explique pourquoi l’électorat résiste avec succès au chant des sirènes gauchistes.

L’anti-Bushisme est le dernier avatar de l’anti-américanisme. C’est l’anti-américanisme fédérateur où tout le monde communie dans les deux espèces: la haine de la puissance américaine et le sentiment de supériorité morale découlant de sa propre impuissance. Bush a eu ce mérite de cristalliser sur sa personne toute la hargne et toute la rancoeur qui naguère se répandait diffusément sur tout ce qui est américain, en cela il a rendu, sans l’avoir voulu, un grand service à son pays.

L’affirmation je hais Bush, je ne hais pas l’Amérique est devenue un lieu commun. Cependant les anti-américains devront s’ajuster rapidement car la situation est mouvante, le débat aux États Unis perd de sa chaleur, le parti démocrate voudra consolider son succès en maintenant ses gains lors des élections de 2008, pour ce faire il devra prendre ses distances avec son aile gauche qui l’embarrasse. De son côté Bush doit manoeuvrer habilement afin d’assurer sa place dans l’histoire, comme il n’a pas besoin de se faire élire, il aura davantage les mains libres pour adopter une politique pragmatique, en dépit de la baisse de popularité qui l’affecte dans l’électorat il ne manque pas d’habileté ni d’atouts. De plus l’Amérique est une nation en guerre, le sentiment patriotique se maintient à un niveau élevé et contribue à tracer des limites que peu de politiciens se risqueront de franchir.

Le récent discours sur "l’état de l’Union" a démontré amplement les capacités de Bush à maintenir le cap en politique étrangère tout en se montrant souple et pragmatique en politique intérieure. La main tendue qu’il présente au parti démocrate est plus qu’une manoeuvre politique, au-delà des différences idéologiques c’est l’intérêt des États Unis et celui de la Liberté qui sont en cause et cela le public américain l’a bien compris.

Les anti-américains pourraient traverser une saison de vaches maigres. On oserait espérer qu’ils en profiteraient pour s’adonner à l’introspection, un examen de conscience ne leur ferait sûrement pas de mal, mais ce serait sans compter avec leur capacité phénoménale de nier l’évidence et de poursuivre leurs psalmodies et leurs incantations.

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