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Publié par Dreuz Info le 5 novembre 2007
Le Kurdistan fait-il basculer
le Proche et le Moyen Orient ?
  
Miguel Garroté, journaliste
http://monde-info.blogspot.com
  
xdasxcasx.jpgA lire la plupart de mes confrères, la question kurde se limite, essentiellement, aux Kurdes de Turquie et – depuis peu – aux Kurdes du Nord de l’Irak. Or, la réalité – c’est le moins qu’on puisse dire – est infiniment plus complexe. Prenons l’Allemagne. Elle héberge 2,4 millions de Turc dont 600000 sont, en fait, des Kurdes de Turquie. Parmi les Turcs d’Allemagne sévit le mouvement ultranationaliste des loups gris, une nébuleuse à tendance paramilitaire qui rassemble quelques milliers de sympathisants. Parmi les Kurdes turcs d’Allemagne sévit le mouvement kurde armé, communiste et terroriste PKK, qui rassemble environ 10000 membres. En clair, avec les loups gris d’un côté et le PKK de l’autre côté, l’Allemagne pourrait – elle aussi – devenir un nouveau champ de bataille, dans le cadre de la question kurde.
  
Ajoutons qu’il en va de même – quoi que dans une moindre mesure – pour la France et l’Autriche. Samedi 3 novembre, à Sarcelles, en France, un affrontement violent a eu lieu entre Turcs et Kurdes. Des Kurdes qui défilaient à bord d’une quinzaine de voitures arborant des drapeaux kurdes ont été coincés dans un embouteillage à proximité d’un café turc. Dimanche 4 novembre, cinq personnes ont été blessées lors d’affrontements impliquant entre 70 et 80 personnes, turques et kurdes, à Vienne, en Autriche.
  
Pour en revenir aux Allemands, il faut savoir qu’en Iran, les séparatistes kurdes armés, bénéficient du soutien de Kurdes d’Allemagne, dans leur lutte armée contre le régime iranien. Etonamment, à l’université de la Bundeswehr (l’armée fédérale allemande), à Munich, on soutient les Kurdes iraniens, en vue de fragiliser l’Iran des mollahs intégristes ; et en vue d’une éventuelle partition du pays. Certains milieux militaires américains, eux non plus, n’excluent pas une éventuelle partition de l’Iran. Et ils ont avancé, depuis un certain temps, sur des projets qui vont dans ce sens. De plus, l’Allemagne entretient également de bonnes relations avec le gouvernement autonome kurde en Irak.
  
Le président de la Région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, est un promoteur du grand Kurdistan autonome. Il a déjà rencontré la Chancelière allemande Angela Merkel plusieurs fois. Des contacts se poursuivent, aussi, entre Massoud Barzani et le député au Landtag bavarois Siegfried Martsch. A noter que dans trois régions irakiennes riches en pétrole, Kirkouk, Nineveh et Diyala, des référendums pourraient avoir lieu sur leur rattachement à la Région autonome du Kurdistan irakien.
  
Pour en revenir à l’Iran, pays où, rappelons-le, 49% de la population n’est pas perse, les montagnes de Kandil – une région d’influence du Kurde irakien Massoud Barzani, encore lui – se trouvent au carrefour de l’Irak, de l’Iran et de la Turquie. C’est, aussi, depuis là, que le PKK lance des attaques contre la Turquie. Et dans ces montagnes de Kandil se trouve également la base du PEJAK (Parti pour une Vie Libre au Kurdistan), un mouvement dont les médias ne parlent presque jamais et qui est proche du PKK. Le PEJAK combat dans l’Ouest de l’Iran. Le magazine télévisé Monitor, dans un reportage diffusé 21 juin 2007, a révélé que le chef du PEJAK, Abdul Ahmadi, a son siège à Cologne, en Rhénanie du Nord-Westphalie (Allemagne) et qu’il y recrute des insurgés pour la lutte contre l’Iran. De son côté, le Washington Times du 4 août 2007, révèle, dans une enquête, que le PEJAK jouit également de soutiens aux USA.
  
L’officier américain à la retraite Ralph Peters a publié, dans le Armed Forces Journal, une carte qui dessine, selon des critères ethniques, les frontières du Proche et du Moyen Orient. Le professeur Michael Wolffsohn, de l’université de la Bundeswehr (l’armée fédérale allemande) à Munich, a ébauché, des plans similaires, dans le quotidien allemand Die Welt, édition du 7 mars 2007.
 (lire http://www.german-foreign-policy.com/fr/fulltext/55945?PHPSESSID=u7f7qb2ibfbn1f6vadqhesqb61 ).
  
C’est surtout depuis mars 2007, que la reprise des attentats perpétrés par les Kurdes du PKK et du PEJAK agace les régimes islamiques turc et iranien. Et leur donne un prétexte pour entrer dans la cour des grands au Moyen Orient. En effet, en mars dernier, selon le commandant des Gardiens de la Révolution iranienne, le général Yahya Rahim Safavi, 30 rebelles kurdes avaient été tués, au cours d’affrontements entre les Gardiens de la Révolution iranienne et le PEJAK kurde iranien. Le général iranien Yahya Rahim Safavi, déclarait, déjà à l’époque : « Si le gouvernement irakien n’expulse pas les rebelles armés iraniens liés aux étrangers de la zone (frontalière Iraq-Iran), les Gardiens de la Révolution iranienne se réservent le droit de les pourchasser au-delà des frontières » de l’Iran, autrement dit en Irak. Concrètement, les Iraniens et les Turcs, menacent le gouvernement régional du Kurdistan irakien, créé le 7 mai 2006. Pour régler le problème, les USA préféreraient, tout au moins à ce stade et au plan diplomatique, une meilleure coopération entre la Turquie, le gouvernement irakien et les Kurdes irakiens, mais sans l’Iran nucléarisé. (lire http://hebdo.ahram.org.eg/Arab/Ahram/2007/3/7/bref2.htm ).
  
Dans ce cadre, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a annoncé, vendredi 2 novembre 2007, que les USA, la Turquie et l’Irak vont coopérer pour empêcher d’agir les séparatistes kurdes du PKK depuis leurs bases dans le Nord de l’Irak. Le lendemain, samedi 3 novembre, les Kurdes du PKK étaient au centre de la conférence des pays voisins de l’Irak, réunis à Istanbul. « Le rétablissement de la sécurité intérieure et de la stabilité de l’Irak est d’une importance vitale pour l’Irak et ses voisins », a déclaré le Premier ministre islamiste turc Recep Erdogan à cette occasion. Les options militaires « restent sur la table pour la Turquie », a affirmé de son côté le chef de la diplomatie turque. Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a quant à lui déclaré : « Nous avons pris une décision définitive de fermer les bureaux du PKK en Irak. Nous prenons des mesures fortes (…) Nous allons surveiller les membres (du PKK) dans les régions où ils sont basés ». Mais l’événement clé a lieu aujourd’hui, lundi 5 novembre : le Premier ministre islamiste turc Recep Erdogan Recep Erdogan rencontre le président américain George W. Bush à Washington. (lire dépêches des 2 et 3 novembre 2007 surhttp://www.esisc.org/ ).
  
Rompant avec les silences complices et les mensonges débiles, entretenus, par les médias politiquement corrects et moralement abjects, David Bescond, sur http://rebelles.info , écrivait, le 29 octobre 2007 : « Il faut être bien naïf pour croire que les attaques du PKK contre les militaires turcs sont à l’origine des tensions qui secouent le Kurdistan. C’est oublier que le sud-est de la Turquie abrite également 2000 rebelles kurdes du PKK. Rebelles que l’armée turque n’a toujours pas réussi à vaincre. Autrement dit, avant de s’en prendre aux 3500 insurgés du PKK réfugiés dans le Nord de l’Irak, Ankara ferait bien d’assurer la sécurité sur son propre territoire. Mais en vérité, les 3500 soldats du PKK présents en Irak ne sont qu’un prétexte. Ce qui gêne la Turquie, c’est la réussite, tant au niveau économique que sécuritaire, de la région autonome kurde en Irak. C’est la peur de voir cette région s’établir en Etat indépendant kurde et donner des idées sécessionnistes à l’ensemble de la diaspora kurde répartie sur quatre états (Syrie, Turquie, Irak et Iran). Cela explique le soutien appuyé de Damas envers Ankara pour une intervention militaire dans le Nord de l’Irak dans l’espoir de voir l’expérience autonome kurde irrémédiablement brisée. Quant à l’Iran, s’il exprime les mêmes craintes d’une contagion indépendantiste à partir du Nord irakien, il voit d’abord dans une intervention militaire turque un excellent moyen de compliquer les plans américains d’une intervention contre ses installations nucléaires. Téhéran fera tout pour favoriser l’exacerbation des tensions dans la région ».
  
Aujourd’hui lundi 5 novembre, David Bescond, toujours sur http://rebelles.info , ajoute : « …Le vice-Premier ministre islamiste turc, Cemil Cicek, a annoncé que le gouvernement voulait adopter des sanctions militaires politiques, diplomatiques et économiques contre les « associés » des séparatistes du PKK. Autrement dit contre l’administration kurde irakienne accusée par la Turquie de les soutenir (…) pendant qu’Ankara menace, le marchandage avec les Etats-Unis et Israël se poursuit. Consciente que sa menace d’intervenir militairement dans la région gêne les Occidentaux dans leurs préparatifs pour empêcher Téhéran de posséder l’arme atomique, la Turquie est bien décidée à se servir de la situation pour faire monter les enchères ».
  
Or donc, aujourd’hui 5 novembre, à Washington, le Premier ministre islamiste turc Recep Erdogan rencontre le président américain George W. Bush. Espérons qu’au-delà des gesticulations diplomatiques de Condoleezza Rice, elle qui kérosène de liane en liane depuis des mois à travers le Moyen Orient ; espérons qu’au-delà de cette ridicule savane, Bush saura s’entourer, de conseillers (ères), un peu moins obnubilés (ées) par leur carrière personnelle de futur expert (e) en relations théoriques internationales auprès de la ploutocratie médiatique.
  
Le soudain prétexte du Kurdistan fera peut-être basculer le Proche et le Moyen Orient.reagan_ecrits_2003.gif L’Amérique et le monde ont donc besoin de personnes de la trempe de Ronald Reagan, Richard Perle et John Bolton. Oui, je sais, ce sont des néoconservateurs…
   
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