FLASH
[19/08/2017] Grèce Corfou: une Belge d’origine marocaine, 22 ans, suspectée de liens avec le terrorisme, arrêtée suite à mandat Europol  |  Steve Bannon, libéré de son devoir de réserve après avoir quitté la Maison-Blanche, veut monter une télévision de droite  |  Une semaine après Charlottesville, les antifa attaquent une manifestation pacifique pour la liberté d’expression  |  Boston: une femme avec un drapeau américain a été battue par des antifa lors d’une manifestation pour la liberté d’expression  |  #Barcelone : l’imam de Ripoll aurait été tué dans l’explosion de la maison à Alcanar  |  L’Etat islamique revendique aussi l’attaque de Surgut en #Russie ce matin (et Obama disait qu’il a battu ISIS)  |  JPG le prévoyait ce matin, et voilà: 3 sénateurs demandent 1 enquête sur Sebastian Gorka, conseiller de Trump et des liens aux nazis  |  #Finlande, la police traite l’attaque comme un acte terroriste. Le jihadiste marocain était un migrant demandeur d’asile  |  #Barcelone : c’est l’Etat islamique en Allemagne qui a revendiqué les attentats de Barcelone  |  #Barcelona: Un imam de Ripoll pourrait être impliqué dans la série d’attentats  |  L’État islamique revendique également l’attentat de #Cambrils (1 mort 6 blessés)  |  Effet #Trump : le nombre hebdomadaire de chômeurs vient de baisser à son plus bas point depuis mars 1973  |  #Barcelona: Les explosifs de l’atelier de fabrique des bombes d’Alcanar qui a sauté sont les mêmes que pour les attentats de Paris  |  Russie : attaque au couteau à Surgut – 8 blessés. Assaillant tué par la police  |  Attentat de #Finlande : le jihadiste est un marocain (comme à Barcelone) – 5 autres ont été arrêtés  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Dreuz Info le 15 novembre 2007
  
IRAN : l’évêque américain Wenski se trompe.
  
Miguel Garroté, journaliste
http://monde-info.blogspot.com
  
Ci après, les déclarations de Mgr Wenski sur l’Iran et du Cardinal Martino sur la politique ; puis, dans les six derniers paragraphes du présent article, mon analyse personnelle de ces déclarations.
  
couverture_ahmadinejad.jpgA Rome, le mercredi 14 novembre 2007, l’agence catholique http://www.zenit.org informe : « Permettre à l’Iran de développer des armes nucléaires est inacceptable, selon les évêques américains, mais sans une menace immédiate, l’Amérique doit s’efforcer de trouver une solution diplomatique pour résoudre la question ». Et l’agence catholique Zenit de préciser qu’il s’agit-là du contenu d’une lettre que l’évêque d’Orlando (Floride), Mgr Thomas Wenski, a envoyée, la semaine dernière, à la Secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, « au nom de la Conférence épiscopale des Etats-Unis ».
  
« D’un point de vue moral », écrit Mgr Wenski, et « en l’absence de menace immédiate […] l’action militaire constituerait un acte de guerre préventif ». L’Eglise catholique, ajoute Mgr Wenski, enseigne que « donner le coup d’envoi à une guerre préventive sans preuves de l’imminence d’une attaque ne peut pas ne pas soulever de sérieux problèmes moraux et juridiques ». Les évêques américains affirment clairement que la situation iranienne ne représente pas un défi immédiat. Pour les évêques, toutes les alternatives non militaires doivent être examinées avant d’envisager une éventuelle intervention militaire, précise Zenit.
  
Les options que proposent les évêques américains vont des encouragements diplomatiques et économiques, à une plus large implication et coopération au niveau international, voire même aux sanctions économiques, poursuit Zenit. Les évêques américains ont appelé les responsables du pays [ndlr. des Etats-Unis] à faire en sorte que les Etats-Unis changent de comportement et garantissent que les armes nucléaires ne soient pas utilisées pour répondre à des menaces non nucléaires. Ils ont également demandé que de nouveaux pas soient franchis en matière de désarmement, dans l’esprit du Traité de non-prolifération nucléaire, conclut Zenit.
  
Avant de commenter les propos de Mgr Wenski sur l’Iran, j’aimerais citer une autre information, également diffusée par l’agence catholique Zenit, en date du 8 octobre 2007, information sur la légitime diversité des options des chrétiens en politique. En effet, le Cardinal Renato Raffaele Martino, a souligné, dans un document cité par Zenit le 8 octobre 2007, l’importance de la diversité légitime, des options des chrétiens en politique. Concrètement, le Cardinal Martino, qui est Président du Conseil Pontifical Justice et Paix du Saint-Siège, à Rome, a lu un document, à l’Université catholique de Salta, en Argentine, dans lequel il déclare : « La foi chrétienne ne pourra jamais se traduire par une seule position politique. Prétendre qu’un parti ou une option politique coïncident avec les expériences de la foi et de la vie chrétienne serait une équivoque dangereuse (…) L’Eglise sait qu’il n’est pas de sa compétence de faire valoir sa doctrine politiquement, puisque son but est de servir la formation des consciences en politique et de contribuer à la croissance de la perception des vraies exigences de la justice ». Le Cardinal Martino n’est pas simple évêque, comme Mgr Wenski. Le Cardinal Martino est Président du Conseil Pontifical Justice et Paix, au Saint-Siège, à Rome.
  
Or, qu’écrit Mgr Wenski, au nom des évêques américains ? Mgr Wenski écrit, notamment, que permettre à l’Iran de développer des armes nucléaires est inacceptable. Mais que sans une menace immédiate, l’Amérique doit s’efforcer de trouver une solution diplomatique pour résoudre la question du nucléaire iranien. Que d’un point de vue moral et en l’absence de menace immédiate l’action militaire constituerait un acte de guerre préventif. Que donner le coup d’envoi à une guerre préventive sans preuves de l’imminence d’une attaque ne peut pas ne pas soulever de sérieux problèmes moraux et juridiques. Que la situation iranienne ne représente pas un défi immédiat. Que toutes les alternatives non militaires doivent être examinées avant d’envisager une éventuelle intervention militaire. Que les options vont des encouragements diplomatiques et économiques, à une plus large implication et coopération au niveau international, voire même aux sanctions économiques. Que les responsables politiques américains doivent faire en sorte que les Etats-Unis changent de comportement et garantissent que les armes nucléaires ne soient pas utilisées pour répondre à des menaces non nucléaires (sic). Que de nouveaux pas devraient être franchis en matière de désarmement, dans l’esprit du Traité de non-prolifération nucléaire.
  
Que peuvent déduire les catholiques de tout cela ? Ci-après, j’exprime, sur tous ces points, une analyse personnelle. Mgr Wenski commence bien, lorsqu’il écrit : « permettre à l’Iran de développer des armes nucléaires est inacceptable ». Le problème, c’est que Mgr Wenski enchaîne, aussitôt, avec un « mais ». Et ce « mais » entraîne Mgr Wenski, dans un nombre important, de considérations, tantôt théoriques, tantôt anachroniques. Tout cela pour conclure, je cite Mgr Wenski, qu’il faut que « les Etats-Unis changent de comportement ». Les Etats-Unis, écrit Mgr Wenski, pas l’Iran.
  
La lettre de Mgr Wenski, est à la fois théorique et anachronique, pour plusieurs raisons. Premièrement, quand Mgr Wenski écrit que « toutes les alternatives non militaires doivent être examinées » et que « les options vont des encouragements diplomatiques et économiques, à une plus large implication et coopération au niveau international, voire même aux sanctions économiques », Mgr Wenski manifeste, une regrettable ignorance, du dossier nucléaire iranien. En effet, comme l’a rappelé, Martin Birnbaum, sur www.LibertyVox.com, le 22 octobre 2007 : « Pendant presque cinq ans de négociations (après avoir caché pendant 18 ans son programme nucléaire) l’Iran a passé outre 12 ultimatums différents – pour arrêter son programme d’enrichissement d’uranium – et aux résolutions du Conseil de sécurité 1696, 1737 et 1747. L’Iran a également rejeté un paquet très généreux d’incitations offertes par l’Ouest et la Russie, qui entre autres, lui promettaient de l’aide pour développer un programme nucléaire civil, la fourniture d’un réacteur à eau lourde et une assurance multiple pour la fourniture de carburant nucléaire ». Autrement dit, les aimables conseils de Mgr Wenski, auraient pu, éventuellement, avoir de la substance en 2002. En revanche, en 2007, les dits conseils s’avèrent tardifs et inutiles. Mgr Wenski n’a pas étudié le dossier nucléaire iranien. Mgr Wenski a cinq ans de retard.
  
Deuxièmement, Mgr Wenski allègue que « la situation iranienne ne représente pas un défi immédiat ». Or, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a publiquement annoncé, il y a peu, le fonctionnement opérationnel, d’un total de 3’000 centrifugeuses, produisant toutes de l’uranium enrichi. Trois journalistes du quotidien britannique The Times, Tom Baldwin depuis Washington, James Hider depuis Jérusalem et Francis Elliott depuis Londres, ont enquêté sur le sujet. Leur enquête, est parue, dans The Times, le 8 novembre. Leur enquête a été largement commentée dans la presse américaine. Mais Mgr Wenski, apparemment, n’en a pas été informé, par le service de presse, de la Conférence épiscopale des Etats-Unis. Mgr Wenski pense que les propos génocidaires du président iranien Ahmadinejad ne représentent pas un danger immédiat. Mgr Wenski pense que de l’uranium enrichi par 3’000 centrifugeuses au pays des mollahs khomeynistes ne représente pas un danger immédiat.
  
Troisièmement, Mgr Wenski prétend que « d’un point de vue moral et en l’absence de menace immédiate l’action militaire constituerait un acte de guerre préventif ». Que « donner le coup d’envoi à une guerre préventive sans preuves de l’imminence d’une attaque ne peut pas ne pas soulever de sérieux problèmes moraux et juridiques ». Donc, Mgr Wenski s’inquiète des « problèmes moraux et juridiques » d’une frappe préventive contre le nucléaire militaire iranien. Il ne s’inquiète pas du fait qu’Ahmadinejad a dit et répété qu’il faut « rayer Israël de la carte » et « effacer Israël de la page de l’histoire ». Mgr Wenski ne s’inquiète pas du fait que, lors du dernier défilé militaire iranien, à Téhéran, les trois ennemis de l’islam étaient représentés par le drapeau américain, l’étoile de David et la Croix des chrétiens.
  
Si Hitler avait annoncé 3’000 centrifugeuses en 1938, et que Mgr Wenski avait vécu à cette époque, Mgr Wenski aurait-il écrit, que « la situation allemande ne représente pas un défi immédiat » et qu’il faut que « les Etats-Unis (ndlr. pas l’Allemagne) changent de comportement » ? Si tel avait été le cas en 1938, les évêques américains en 2007, seraient sans doute tenus de faire, au minimum, une déclaration de repentance. Les évêques américains la feront-ils, dans 50 ans, à propos de la lettre de Mgr Wenski, écrite en ce mois de novembre 2007 ?
  
« La foi chrétienne ne pourra jamais se traduire par une seule position politiquecroix-lorraine.jpg (…) Prétendre qu’un parti ou une option politique coïncident avec les expériences de la foi et de la vie chrétienne serait une équivoque dangereuse (…) L’Eglise sait qu’il n’est pas de sa compétence de faire valoir sa doctrine politiquement », a donc récemment proclamé le Cardinal Martino, Président du Conseil Pontifical Justice et Paix du Saint-Siège, à Rome. Oublions l’évêque américain. Ecoutons le Cardinal romain.
   
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz