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Publié par Dreuz Info le 21 décembre 2007

satellite-france-2.jpgLe bloc-notes d’Ivan Rioufol du 21 décembre 2007.

Si ! Si ! Le PS a bougé un doigt. Les socialistes, pé­trifiés dans leur hibernation, viennent de «reconnaître l’économie de marché». François Hollande a même parlé, samedi, d’ «aggiornamento». Ce­pendant, rien n’étant simple dans ce parti comateux, il a ajouté : «… Mais nous avons un rapport critique au capitalisme et nous combattons le libéralisme». Néanmoins, celui qui disait hier ne pas «aimer les riches» parle des vertus de «la création de richesse». Cela tombe bien, c’est ce que demandent les gens.

Il faut dire que l’étatisme socialiste, que s’efforçait de contourner la gauche une fois au pouvoir, était une curiosité dont seuls la Corée du Nord et Cuba osent encore vanter les réussites. Alors que les plus dogmatiques des syndicats, à commencer par la CGT, semblent prendre la voie du réformisme indiquée par Nicolas Sarkozy, il est tentant de voir une semblable influence élyséenne dans l’apparent réveil de la gauche devenue la plus bête du monde.

Reste que le capitalisme et le libéralisme ne sont pour rien dans la paupérisation des classes moyennes. Elles payent, au contraire, les réticences face à la libre entreprise et l’initiative privée. Sept millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (817 euros par mois). La France est, avec la Bulgarie, le seul pays de l’Union où 17% des salariés sont au smic, contre 8,6% en 1991. La baisse du pouvoir d’achat n’épargne pas certains fonctionnaires : 17% ont vu leur traitement progresser moins vite que l’inflation.

Quand Jacques Attali, président de la commission pour la libération de la croissance, parle ces jours-ci, après d’autres, d’une France «sur la pente du déclin», il est difficile de lui donner tort, en dépit des indignations de ceux qui confondent lucidité et défaitisme. La chasse aux «déclinologues», ouverte par ces gardiens de la pensée lisse, n’a eu pour effet que de retarder une révolution culturelle enfin enclenchée.

La gauche déclamatoire, qui s’offusque des sans-abri avant de filer en vacances, n’est plus crédible. Le socialisme, qui a longtemps inspiré la politique, a sa large part dans le retard économique que supporte la nation. Aujourd’hui, des salariés ou des retraités redoutent de devenir à leur tour SDF. Aussi le PS doit-il poursuivre son adaptation au monde et ac­compagner les réformes. Qu’il se rassure, le libéralisme ne mord pas.

Le poids de la Sécu

La baisse du pouvoir d’achat ne tient pas seulement à la lourdeur de mécanismes juridiques et fiscaux qui découragent les entrepreneurs à produire davantage, ou à l’inflation de l’immobilier, des loyers et de l’essence. Le poids de la Sécurité sociale s’avère aussi insupportable, alors que la santé est supposée gratuite. Une étude de Georges Lane, professeur à l’université Paris-IX-Dauphine, publiée par Les Contribuables Associés et révélée par Valeurs actuelles, fait apparaître l’ampleur des prélèvements. En additionnant les cotisations du salarié et de son employeur, toutes deux prélevées sur la valeur du travail effectué, Lane constate, sans être dé­menti, qu’une personne qui gagne le smic (1 341,03 euros brut ; 1 053 euros net) verse en fait 609­ euros par mois à la Sécurité sociale ! Pour sa seule assurance-maladie, cette personne paie 32% de plus que ce qui lui est reversé : un racket, rendu illisible par la complexité des versements.

Dernièrement, des députés UMP ont demandé la création d’une commission d’enquête sur les fraudes aux prestations et aux cotisations sociales (Assedic, CMU, RMI), dont le montant est estimé entre 20 et 40 milliards d’euros. Cette vigilance serait la moindre des choses. Tout comme il devient nécessaire de réformer l’Aide médicale d’État (AME), gouffre de 445 millions d’euros par an, également payé par la solidarité nationale. L’AME, qui permet un accès gratuit aux soins pour les clandestins, serait à l’origine d’abus dénoncés par les députés UMP Thierry Mariani et Claude Goasguen. Ils estiment que «la prestation moyenne par bénéficiaire s’élève à 2 500 euros par an contre 1 500 euros en moyenne pour un assuré au régime général». Le smicard, sur la paille, paye aussi pour ceux-là. Normal ?

Seul un bouleversement des comportements parviendra à tirer la France vers le haut. Tout est à remettre à plat, à commencer par ce ruineux système de santé. Les esprits sont prêts. Mercredi, un sondage BVA a montré l’intérêt de l’opinion pour la voie choisie par Sarkozy concernant le rachat des RTT ou le travail le dimanche, même si les recettes de la gauche (prime à l’emploi, augmentation du smic, baisse de la TVA) trouvent toujours un écho chez ceux qui restent indifférents à l’endettement pu­blic. D’ailleurs, la grève des fonctionnaires du 24 janvier, décidée par six syndicats qui réclament à l’État fauché des augmentations de salaires, s’annonce comme un pénible remake.

Retour aux 40 heures

Pas de meilleure illustration d’une révolution des mentalités que le référendum de cette semaine dans l’usine de pneumatiques Continental à Sarreguemines (Moselle) : 75% des votants ont accepté le retour aux 40 heures pour assurer la compétitivité de l’entreprise, en contrepartie d’une hausse moyenne des salaires de 6%. Le oui, unanime chez les cadres, a été soutenu par 69% des ouvriers. Invités mercredi par le président à accélérer leur mutation pour accompagner les réformes sociales de 2008, les syndicats doivent se résoudre à prendre le train en marche, s’ils ne veulent pas être largués.

Rumeurs

Rumeurs de crise : 2008 n’au­gurerait rien de bon pour un capitalisme dévoyé notamment dans la dérive américaine des subprime. La gauche dira : «Je l’avais bien dit !» Mais le capitalisme sait reconnaître ses erreurs. Il les corrige vite, lui. Joyeux Noël et bonne année !

Sources : le figaro (reprit du blog neoconservateur).

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