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Publié par Dreuz Info le 18 janvier 2008
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N. Sarkozy donne au monde arabe l’impression qu’il a choisi son camp, qui n’est pas celui d’Israël

 
Par Menahem Macina, Union des Patrons Juifs de France
 
Publié avec l’autorisation de l’auteur
 
Ci-après, mon commentaire – amer – du discours saoudien du Président de la République française *. Depuis, deux internautes que je connais et dont les compétences, la clairvoyance et l’objectivité sont au-dessus de tout soupçon, m’ont adressé leur réaction critique. Avec leur autorisation, je crois utile d’en reproduire la teneur, sous leur nom, à la suite de mon texte. Leurs arguments sont de nature à corriger ce que mes propos, émis à chaud et sous le coup de l’émotion, pouvaient avoir d’excessif. (Menahem Macina).
 
* Voir : « Allocution du Président de la République française au Conseil Consultatif de Riyad (Arabie Saoudite)« .
 
Le chanoine honoraire du Latran (1) a un bel avenir devant lui. Son talent oratoire et son art consommé d’être d’accord avec tout le monde, font de lui un émule des papes, dont les discours, taillés sur mesure par les conseillers du Vatican en fonction de l’interlocuteur et de la conjoncture politique, visent plus à flatter qu’à porter témoignage de la vérité.
L’ensemble de ce morceau de bravoure oratoire cache mal l’ignorance profonde de Nicolas Sarkozy en matière d’histoire, en général, et d’histoire du monde arabe, en particulier. Non, Monsieur le Président, ce n’est pas « grâce à la civilisation musulmane » que l’Occident « a recueilli l’héritage grec » – à savoir, les trésors de la philosophie et de la science antiques -, mais grâce aux lettrés chrétiens syriaques, qui, entre les IVe et VIIIe siècles, ont traduit dans leur dialecte araméen la majeure partie de ces écrits, qu’ils ont ensuite rendus accessibles aux chrétiens de langue araméenne captifs en Perse, d’abord, puis, à partir du VIIIe s., aux lettrés musulmans, en les traduisant du syriaque en arabe. Ce qui n’a pas empêché les musulmans de les persécuter, de les exiler, voire de les mettre à mort, et, dans les siècles postérieurs, de faire en sorte qu’on oublie le rôle de ce chaînon capital de la transmission de la culture antique jusqu’à l’Occident. Aujourd’hui, la simple évocation de ce fait historique indéniable et amplement documenté suffit à déclencher une tempête de dénégations arabes agressives.
Mais l’aspect de inquiétant du discours présidentiel, pour les juifs soucieux du sort d’Israël, est ailleurs. Rien, en effet, n’obligeait Nicolas Sarkozy à prononcer cette phrase, à allure de slogan pour manifestation pro-palestinienne :
« Justice pour le peuple palestinien,
c’est la condition de la paix et de la sécurité d’Israël ».
Traduction : si les Israéliens n’obtiennent ni la paix, ni la sécurité, c’est parce qu’ils ne font pas justice au peuple palestinien. Par contre, pas un mot sur le terrorisme palestinien, ni sur l’enseignement de la haine anti-israélienne qui sourd de tous les discours en arabe des dirigeants palestiniens, peuple les programmes de télévision de l’Autorité Palestinienne, et est omniprésente et explicite dans les manuels scolaires palestiniens.
Si quelque juif se faisait encore des illusions concernant le soutien éventuel de la France à la cause de l’Etat juif, bafouée depuis des décennies, il est temps qu’il se réveille. Le président français a clairement signifié où allaient ses préférences : entre « l’union méditerranéenne » et la défense de l’existence d’Israël, le choix de sa realpolitik est clair, même si non explicitement exprimé.
Et pourtant, le chrétien qu’il est (ou ce qu’il en reste) devrait se souvenir de l’aphorisme évangélique : « Nul ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. » (Mt 6, 24 ; Lc 16, 13). Mais que pèse Dieu, face aux intérêts politiques ? Et que pèse l’Etat d’Israël face à une balance française des paiements, en chute libre ?
L’homme d’Etat avisé qu’est Nicolas Sarkozy, ne peut pas ignorer que son hourrah final :
« Vive l’amitié franco-saoudienne ! Vive l’amitié franco-arabe ! »,
sera perçu comme un ralliement inconditionnel aux thèses des ennemis d’Israël (2). En effet, pour le monde arabe, l’aphorisme évangélique cité ci-dessus se lit ainsi :
Vous ne pouvez être l’ami des Arabes et celui d’Israël.
Et l’Arabie Saoudite a prouvé que telle était bien la clause secrète, sous-jacente aux contrats juteux et aux accords stratégiques avec le monde arabe, en réitérant un comportement dont elle est coutumière, et auquel aucun commis-voyageur présidentiel n’a jamais osé résister. Comme le relate Gabriel Lévy (3), un journaliste français « qui devait accompagner le président français dans son voyage officiel à Ryad », s’est vu refuser un visa, et ce malgré l’intervention du CRIF auprès de Nicolas Sarkozy (4). Il est vrai que, quoique Français, ce journaliste indésirable, quoique citoyen français, a le tort d’être Juif, de collaborer au « magazine L’Arche, mensuel de haute qualité du judaïsme français, et de participer, de façon accessoire, à des émissions de la télévision israélienne ».
 
Annonce urgente : Occasion à saisir
« A vendre, pour cause de départ précipité,
Etat croisé situé en territoire arabe,  
ayant très peu servi (soixante ans). »

Menahem Macina
 
 
Notes
(1) Dans la première version de cet article, j’avais écrit : « son hourrah… le range définitivement dans le camp des ennemis d’Israël ». La réaction d’un de mes critiques, citée ci-après, m’a amené à modifier mon expression pour lever le malentendu. Mon contradicteur écrit, en effet : « De là à classer « définitivement » Sarkozy dans le camp « des ennemis d’Israël », je ne peux vous emboîter le pas ». Je pensais m’être fait clairement comprendre – Ce n’est pas mon sentiment que j’exprimais ainsi, mais celui des auditeurs arabes du discours de N. Sarkozy, d’où ma version corrigée : « son hourrah… sera perçu comme un ralliement inconditionnel aux thèses des ennemis d’Israël ».
(2) Voir mon bref billet humoristique, « Sarkozy et le Vert Galant: deux pittoresques chanoines« . Et, plus sérieusement, l’article de l’agence de presse catholique Zenit, « Pour le président Sarkozy, racines chrétiennes de la France et «laïcité positive» sont compatibles« . Voir aussi l’interpellation mordante de Francis Percy Blake: « Lettre ouverte au Chanoine honoraire du Latran« .
(3) Voir, G. Lévy, « Les propos incantatoires du Président Sarkozy« .
(4) Voir : Alain Azria, « Pas de visa pour un journaliste français« .

© Upjf.org
 
Mis en ligne le 16 janvier 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org
 
 
 
 
Première réaction :
 
« Je vous remercie d’avoir publié l’allocution de Sarkozy à Riyad, dans ma version, mais je voudrais exprimer mon désaccord avec votre commentaire « amer ».
 
Non que les erreurs que vous relevez ne soient pas pertinentes. L’ignorance du rôle des Chrétiens syriaques se retrouve dans l’énumération « chacun, qu’il soit juif, catholique, protestant, musulman, athée, franc-maçon ou rationaliste » où les chrétiens orientaux sont absents. Et polariser le conflit israélo-palestinien sur la Justice pour le peuple palestinien est abusivement réducteur. 
 
Mais enfin ! Il s’exprimait en Arabie, où le précédait une réputation de pro-américain et de pro-israélien. Il arrive à parler de Juifs, d’Israël, de judaïsme et de Jérusalem. Il  suggère même que « la diversité ce n’est pas « bien en France », et « mal ailleurs » », autrement dit : et s’il y avait des Chrétiens et des Juifs en Arabie et dans le monde arabe ? Tout cela me fait trouver le verre au moins « à moitié plein ». 
En ce qui me concerne, je considère les concepts de « laïcité positive » et d' »Union de la Méditerranée » comme des « divines surprises », auxquelles il s’agit maintenant de donner un contenu. Je crois que le processus en cours, coordonné avec Bush, consiste à faire supporter par le maximum possible de capitaux arabes le coût du développement de l’Iran, de la remise en marche de l’Irak, de la reconstruction de Gaza et de la réinstallation des réfugiés palestiniens au Liban, en Jordanie et en Palestine. Les prochaines étapes pourraient être de discuter le statut des « implantations » israéliennes en Palestine et d’inviter les Juifs du Maroc, d’Égypte, du Liban à reconstituer leurs communautés… Cela vaut bien quelques salamalecs, non ?
Je suis sans doute optimiste, voire utopiste, mais je crois qu’il faut donner sa chance à Sarkozy, quitte, évidemment, à lui faire remarquer les erreurs qu’il commet. Personne n’est parfait.
Avec ma fidèle et amicale sympathie
Michel Louis Lévy
[Voir, sur le Blog de l’auteur son intéressant article, qui s’inscrit dans le droit fil du présent débat :  » De la « laïcité positive » »
http://michel.louis.levy.free.fr/blog/index.php?2007/12/21/500-de-la-laicite-positive
 
 
 
Deuxième réaction :
 
Sans vouloir entraîner de vaines polémiques avec vous concernant l’explication de texte que vous faîtes du discours de Sarkozy à Ryad, je dois dire qu’une conclusion hâtive et, à mon sens, péremptoire m’a sautée aux yeux :
« L’homme d’Etat avisé qu’est Nicolas Sarkozy, ne peut pas ignorer que son hourrah final : « Vive l’amitié franco-saoudienne ! Vive l’amitié franco-arabe ! », le range définitivement dans le camp des ennemis d’Israël. »
Je souscris à la plupart de vos remarques attentives concernant :
– le fait civilisationnel de la transmission de l’héritage de l’antiquité grecque par les chrétiens syriaques, puis l’extorsion de cet héritage par les Arabo-musulmans ;
– l’absence totale d’équilibre entre « Justice à l’égard du peuple palestinien », et réalités du dévoiement de cette cause incantatoire par le terrorisme et l’enseignement de la haine (voire la mystification de la naissance historique –égyptienne – de cette cause, mais n’en demandons pas trop) ; etc.
Mais je dirais que, dans la continuité de ses prédécesseurs, Sarkozy n’a pas eu le courage de rompre avec l’islamiquement correct et a continué de caresser la bête pétro-saoudienne dans le sens du voile pour les raisons économiques et énergétiques que nous connaissons. Sortir de ce rôle traditionnel de commis de l’Etat l’aurait amené à plus de hardiesse et à suggérer à Abdallah, à l’instar de G.W. Bush, de « tendre la main à Israël », d’ »entreprendre plus de réformes au sein de sa société » (enseignement, droit des femmes, démocratisation des processus électoraux, refus du terrorisme, etc.), et de prendre conscience des deux plus grands ennemis du Proche-Orient et de la paix : les islamismes, qu’ils soient irano-shi’ite, ou wahhabite, dans leur tradition extrémiste qui déborde aujourd’hui sur tous les continents. Si l’on oublie cette quasi-simultanéité, intéressante à questionner, entre les deux voyages, on ne perçoit pas d’abord que, répétant ce qui est dit, supra, par celui qui le devance immédiatement, à tous les coups, la présence française se réduisait à un rôle de « perroquet » – image ô combien désastreuse, tant en politique intérieure qu’en politique étrangère. Donc, la France sarkozyenne marche dans les pas de… mais tient à marquer sa « différence », alliance n’étant pas alignement.
Ceci étant dit, dans la perspective réaffirmée du regain d’harmoniques entre la France et les Etats-Unis, on sent comme une redistribution des rôles à l’endroit des deux « politiques arabes ». Et celle de la France n’est encore rien, comparé à celle des Etats-Unis. Il suffit de se reporter aux écrits de Laurent Murawiec, par exemple, pour saisir le poids du lobbying saoudien à Washington, les raisons de son exemption de toute mise en cause trop directe dans la préparation idéologique [des attentats] du 11 septembre 2001, etc., et le choix du contournement du problème par l’intervention en Irak, qui consiste aussi, à terme, à affaiblir ou concurrencer l’Arabie Saoudite en tant que leader mondial de l’OPEP (l’Irak étant le deuxième producteur mondial de pétrole, aujourd’hui pratiquement « under control »). Je dirais que Sarkozy,qui représente la France, n’a ni les moyens diplomatiques ni les moyens militaires (les uns n’allant pas sans les autres) pour peser sur le destin de la région, et sur le sens des discours et des actes décisifs de ses principaux protagonistes. Face au « monstre » énergétique saoudien, il se permet à peine quelques injonctions « amicales » et parfaitement homéopathiques, dans le sens que veulent bien entendre ses hôtes, tandis qu’il n’hésite pas, à installer à Abu Dhabi, une base militaire « d’observation » dans le Golfe (profitant de la couverture américaine dans le Golfe persique, sans quoi la France ne s’y risquerait pas), et à vanter les mérites du nucléaire civil, clamant que « le monde musulman n’a pas besoin d’une bombe », par allusion aux ambitions atomiques des Mollahs, ou aux réalisations problématiques pakistanaises.
Le qualificatif qui me semble convenir le mieux à l’une comme à l’autre de ces deux politiques « arabes », en particulier celle de la France, qui a connu des inflexions très dangereuses sous Chirac – comme repreneur presque caricatural des accents gaulliens d’après 67 -, est celui d’une politique du grand écart real-énergétique (susceptible de participer de l’isolement d’Israël dans la région). Il suffit de choyer, de temps à autre, ses bons amis israéliens, en commerçant directement avec ceux qui les boycottent ou contribuent au financement du terrorisme antisioniste et, ce faisant, réalimentent indéfiniment le conflit.
De là à classer « définitivement » Sarkozy dans le camp « des ennemis d’Israël », je ne peux vous emboîter le pas. La France continue de développer ses échanges économiques avec Israël, alors que le rapprochement ou rééquilibrage politico-diplomatique est enclenché, avec des redites ou des hoquets comme autant d’actes et de rendez-vous manqués. Votre déception, qui peut être la nôtre, est qu’il « joue sur les deux tableaux » sans marquer d’avancées significatives, ne serait-ce qu’au niveau du discours. Nous aurions aimé entendre un Sarkozy qui va jusqu’au bout de ses promesses électorales et en termine avec la langue de bois en matière diplomatique, autant eu égard à la Chine, à l’ex-Urss – devenue Poutinie orientale, où s’est installé un néo-pouvoir dictatorial et loubyankiste -, qu’au monde arabe, à commencer par son représentant n° 1, l’Arabie Saoudite.
Un « véritable ami » d’Israël aurait osé dénoncer le rejectionnisme qui sévit depuis 1948 et Khartoum, le terrorisme, l’enseignement de la haine. Non seulement nous restons sur notre faim, mais nous avons de bonnes raisons de croire qu’en définitive, rien de particulier ne changera, dans cet immobile « business as usual ». L’homéopathie est impuissante dans ce grand corps malade du Moyen-Orient, à l’image de l’impuissance diplomatique relative de la France à peser sur son destin. Va-t-on, pour autant, passer de l’enchantement de campagne au désenchantement total d’exercice du pouvoir et désigner « Sarko » comme l’ennemi d’Israël et des Juifs ? Ce serait là faire passer l’émotion du moment avant l’analyse, à commencer par cet accent mystique de référence aux évangiles qui ferait, ipso facto, que « celui qui n’est pas avec moi est contre moi ». Si le penseur-prophète, ou Rabbi, qui a prononcé cette phrase avait été un grand politique, sûr qu’il n’aurait pas fini, comme ce fut le cas, par « maintenir la paix sociale » de l’époque ou Pax Romana ! Est-ce même, une « analyse politique » des rapports de pouvoir, de force, d’influence et de prestige entre les protagonistes de l’évènement ? Non, c’est un « acte de perte de foi » : hier annoncé comme le « Messie » – que les rapports franco-israéliens attendaient depuis 41 ans pour une franche rupture -, « l’ami Nicolas », souvent assimilé par ses ennemis les plus féroces à l’action occulte du « lobby » (voir épisodes : touscontresarkozy.org, « pichenette » antisémite du Ministre algérien des Anciens Combattants juste avant le voyage à Alger, sans Enrico Macias, comme aujourd’hui sans Gideon Kouts, voire Carla Bruni, etc.), voilà qu’aujourd’hui il devient emphatique-emphigourique à l’endroit des « lenteurs de l’histoire », dont on sait ce qu’elles sont dans cette région du monde. Voire, si on vous entend bien, il rejoindrait la cohorte des Amaleq occidentaux qui avancent masqués au nom d’intérêts bien compris. Ajoutons « définitivement », à savoir : inutile même d’y revenir, le pouvoir corrompt les discours les mieux intentionnés, qui ne sont que des attrape-gogos, il ne représentera plus aucune espèce d’avancée, etc. Eh non : il ne va pas assez loin, il reste d’une timidité politique et d’une prudence consensuelle qui n’est pas à la hauteur du « Grand Homme » que nous attendions.
Par son discours, la France tente une sorte de jeu d’équilibre, forcément instable, en se réaffirmant comme le plus sûr garant du « protectorat » diplomatique à l’égard du dit « peuple palestinien », ou des chrétiens orientaux qui firent l’objet du premier protectorat français en Syrie et au Liban. Une « rupture » trop cassante avec l’esprit de ses prédécesseurs, notamment le dernier en lice, au contraire, classerait très rapidement ce pays dans le « camp des américano-sionistes » et lui ferait perdre tout prestige et crédibilité aux yeux de la supposée « rue arabe » qui reçoit ses ordres des chancelleries du Moyen-Orient. Cette realpolitik ne peut plaire au militant et ne peut que le décevoir, car il n’épouse pas aussi ouvertement qu’on le souhaiterait la cause sacrée que celui-ci défend. Disons que pour faire la politique d’Israël, il existe une « classe politique et diplomatique » israélienne – certes, actuellement sur des chardons ardents -, et qu’on peut se demander si nous avons le droit d’attendre de Sarkozy une sorte d’alignement discursif ou/et en actes, comme représentant subsidiaire de ces intérêts, c’est-à-dire ceux de Jérusalem.
Le rôle de la Hasbara est de rester critique, comme vous le faites au début de votre compte-rendu, de tenter de faire en sorte de maintenir un dialogue avec les organes de presse et lieux de pouvoir, pour qu’une situation, hier catastrophique, s’améliore durablement et se pérennise. De là à prononcer des conclusions définitives et irrémédiables – que d’aucuns pourrait assimiler à une forme « d’anathème » -, à partir d’accents gaulliens réitérant « l’amitié franco-saoudienne », presque comme le Général tenta de le faire avec son « Vive le Québec libre », c’est, il m’a semblé, aller un peu vite en besogne. On s’attend alors, prenant acte de cette absence de soutien à Israël en territoire éminemment hostile, à un relevé systématique subséquent des fautes que n’a déjà pas manqué de commettre N. Sarkozy (on pense aux couacs de la réception de Kadhafi, à l’évaluation des contrats dans le monde arabe, des risques associés au nucléaire civil, aux ventes d’armes et de « Rafale », etc.), et de celles qu’il commettra immanquablement ensuite, sur un ton qui serait celui de la prophétie prédictive : « je vous l’avais bien dit! », auquel tous les déçus du « sarkozysme » se rallieront comme à au panache blanc [d’Henri IV].
L’avantage de cette option tactique peut être, effectivement de produire du rassemblement critique sur une base de sous-entendus communautaires bien compris. L’inconvénient serait que le message n’apporterait guère l’objectivité nécessaire à la compréhension des événements et de l’évolution globale des relations internationales.
Cordialement,
Marc Brzustowski.
 
Mis en ligne le 16 janvier 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org
 
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-13655-119-4-nicolas-sarkozy-choisi-son-camp-nest-pas-celui-disrael-macina.html
 
 
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