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Publié par Dreuz Info le 14 février 2008

img-1952561ienn.pngLe républicain John McCain qui fait la course en tête vers la Maison-Blanche a puisé sa force et sa conviction dans ses années de souffrance passées dans les geôles vietnamienne.

Le 26 octobre 1967, le « lieutenant commander » John McCain effectue sa vingt-troisième mission de bombardement au-dessus du Nord-Vietnam. Vingt chasseurs bombardiers A4 Skyhawk se sont vu assigner un objectif fortement défendu : la centrale électrique qui alimente Hanoï. Alors qu’il s’apprête à piquer pour lâcher ses bombes, un bip lui signale qu’un missile sol-air SAM-2 l’a pris pour cible. Il est encore temps de virer sèchement pour éviter l’impact. Mais le pilote de l’US Navy s’entête. A l’instant où il actionne l’interrupteur qui libère ses charges, le missile, long comme un poteau télégraphique, arrache l’aile droite de son appareil. En s’éjectant d’un avion qui tombe en vrille, il se casse les deux bras et la jambe droite. Inconscient, suspendu à son parachute, il retrouve ses esprits quand il tombe dans le lac Truc Bach, situé au cœur de la capitale nord-vietnamienne.

Des passants le tirent de l’eau, lui arrachent son équipement et le rossent. Un militaire lui brise l’épaule à coups de crosse. Un autre lui perce la cheville à la baïonnette. L’aviateur grièvement blessé finit par être livré dans une prison où il est jeté dans une cellule à même le sol. Suivront des mois de douleurs, de mauvais traitements, de solitude et d’angoisse de ne jamais revoir les siens. En tout, cinq ans et demi de captivité pour le prisonnier le plus célèbre de la guerre du Vietnam.
Cet épisode d’un conflit qui a légué aux Etats-Unis la page la plus douloureuse de son histoire a marqué à jamais le candidat républicain à la Maison-Blanche. Physiquement d’abord. Une cicatrice sur la tempe, un bras gauche qui ne se lève plus, une jambe qui traîne un peu, une démarche parfois aboutmccain_picts_4.jpgraide constituent autant de stigmates. Moralement ensuite. Si John McCain est tellement différent des autres élus républicains, s’il n’entre pas dans le moule, s’il a suscité, jusqu’aux primaires 2008, autant de méfiance chez les électeurs conservateurs, cela tient beaucoup à cette épreuve. Guantanamo en est un exemple. Le sénateur de l’Arizona, partisan engagé de la « guerre au terrorisme », infaillible soutien des expéditions en Afghanistan et en Irak (bien que très critique sur la stratégie employée), n’a cessé de dénoncer ce camp de détention qui fait fi de toute procédure légale et de toute convention internationale. L’ancien détenu du « Hanoi Hilton » – selon le surnom que les Américains avaient donné à leurs geôles de la capitale du Nord-Vietnam ne peut accepter que l’Amérique traite ainsi ceux que ses forces ont capturés à Kaboul et dans les montagnes de l’Hindou Kouch. En bon républicain, il prône la loi et l’ordre : tout le contraire de cette prison sans droit.

Quatre jours de tortures

En 1967, l’officier de l’aéronavale américaine a connu l’arbitraire. Il l’a raconté dans le détail à l’hebdomadaire US News & World Report après sa libération survenue le 14 mars 1973, à la suite des accords de Paris signés en janvier qui mettaient fin au conflit.

« Vous ne recevrez aucun traitement médical tant que vous n’aurez pas parlé », lui disent ses geôliers lorsqu’il arrive dans sa cellule après avoir été extrait des eaux du lac. Durant quatre jours, il est interrogé et battu. A chaque coup, il s’évanouit. Pour tout renseignement, il donne son nom, son grade et son matricule. Jusqu’à ce qu’il aperçoive son genou enflé, gros comme un ballon de football. Il prend peur et dit qu’il est prêt à parler si on le transporte à l’hôpital. Un médecin l’examine et lâche : « Il est trop tard. » Alors que John McCain s’est à nouveau évanoui, un officier se précipite dans sa cellule et crie : « Vous êtes le fils d’un grand amiral ; on vous emmène à l’hôpital ! » Son père est effectivement un officier supérieur de l’US Navy et deviendra, quelques mois plus tard, commandant des forces américaines dans le Pacifique.

aboutmccain_picts_3.jpgA l’hôpital, le pilote reçoit des transfusions de sang et de plasma. L’irruption, dix jours plus tard, du journaliste français François Chalais modifie ses conditions de traitement. On le change de chambre. On lui pose un plâtre. Un membre du bureau politique du PC vietnamien, qu’il surnomme le « Chat », lui dit qu’il va parler à la télévision française. John McCain refuse. L’officiel lui répond que ses blessures nécessitent deux opérations qui n’auront lieu que s’il accepte l’interview. Le pilote obtempère.

Quand le reporter de l’ORTF est introduit dans la chambre d’hôpital, deux officiels vietnamiens se tiennent derrière lui. Il demande au blessé ce qu’il pense de son traitement. « Satisfaisant », répond John McCain. Les censeurs exigent qu’il exprime sa gratitude pour avoir été traité humainement. François Chalais les coupe en disant que sa réponse suffit. Il lui demande ensuite s’il a un message pour les siens. Le prisonnier dit à sa femme et aux autres membres de sa famille qu’il va mieux et qu’il les aime. Quand un des censeurs lui ordonne de dire qu’il souhaite que la guerre cesse vite pour qu’il puisse rentrer à la maison, Chalais rétorque à nouveau que la réponse lui convient. Le journaliste français diffusera ces images et en donnera une copie à l’épouse du pilote que celle-ci confiera ensuite à la chaîne américaine CBS.

Après une opération ratée à la jambe, John McCain est transféré dans un camp, la Plantation. Ses codétenus ne pensent pas qu’il puisse s’en sortir. Ils le nourrissent, le lavent et le soignent. Leur dévouement va sauver le blessé. En mars 1968, quand il parvient à se tenir debout et à marcher, il est placé en cellule individuelle. Il ne parlera plus à un codétenu pendant deux ans.

A l’été 1968, le « Chat » lui demande s’il veut rentrer à la maison. John McCain rétorque qu’il ne veut pas être libéré plus tôt que ceux qui ont été capturés avant lui. L’officiel insiste pendant plusieurs jours. Le prisonnier persiste dans son refus. Il ignore que son père vient d’être nommé commandant en chef des forces du Pacifique et que les Vietnamiens veulent se servir de la libération du fils blessé pour se donner le beau rôle. Suivra une année et demie de traitements inhumains. John McCain est régulièrement battu, ligoté, humilié par ses gardiens. On lui casse à nouveau le bras ainsi que quelques côtes.

L’accession au pouvoir de Richard Nixon en 1969 change la vie du détenu. Dans un accès deNixon_greets_POW_McCain.jpg propagande, le Nord- Vietnam libère quelques prisonniers de guerre pour amadouer la nouvelle Administration américaine.

Leurs témoignages sont publiés aux Etats-Unis : ils décrivent les mauvais traitements subis. Ce qui a pour effet d’améliorer la situation de ceux qui sont encore dans les camps. En décembre 1969, John McCain est transféré à la prison de Hoala, le « Hanoi
Hilton », construite par les Français en 1945. Cette fois, il peut à nouveau communiquer avec d’autres Américains. D’abord clandestinement, puis avec un compagnon de cellule qu’on lui adjoint. Régulièrement, les autorités exigent qu’il rencontre des délégations étrangères de pacifistes venues à Hanoï. Il refuse. Ce qui fait enrager ses geôliers et lui vaut coups et sanctions.

Une carrière militaire brisée

Ce n’est que le 20 janvier 1973, alors que John McCain a vu depuis sa cellule les tonnes de bombes déversées par les B52 sur Hanoï jusque dans la nuit de Noël 1972, que lui et ses codétenus comprennent que l’issue est proche. Ramené à la Plantation, le pilote abattu en octobre 1967 sait que ce camp est sa dernière étape avant la liberté. A la mi-mars, il grimpe dans un appareil de l’US Air Force qui le reconduit au pays.

Quand il est reçu par le président Nixon, John McCain se tient sur des béquilles. A cause des handicaps physiques rapportés de captivité, il sait que sa carrière militaire ne le conduira pas aux sommets comme celles de son grand-père et de son père, amiraux tous les deux. L’état-major de l’US Navy lui confie une mission d’officier de liaison avec le Congrès. C’est là qu’il se découvre un goût pour la politique. Un second mariage – le premier n’a pas résisté aux années d’éloignement – lui donnera un fief. Sa deuxième épouse, Cindy, est en effet l’héritière de riches brasseurs installés dans l’Arizona. On connaît la suite : élu représentant puis sénateur de cet Etat fédéré, John McCain s’est imposé comme une figure du Parlement américain, pilier de la Commission des forces armées et désormais sérieux candidat à la Maison-Blanche.

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