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Publié par Dreuz Info le 21 février 2008

Les médias français
et américains sont unanimes : nous nous dirigeons vers une course entre John McCain et, probablement, Barack Obama. Les chiffres sont là. Toutefois, personne n’oublie qu’Hillary Clinton a gagné les gros Etats comme New York et la Californie, et reste toujours dans la course. Le 4 mars prochain, elle jouera son va-tout avec les primaires du Texas, qui compte 126 délégués. Les sondages la donnent vainqueure.

Quelle est la suite, dans ce cas ? Si Hillary Clinton rattrape son concurrent, comment le parti démocrate pourra-t-il trancher entre ses deux ailes sans provoquer de rancoeur ni d’amertume ? C’est là qu’intervient une hypothèse folle relayée par certains médias, autant chez les Démocrates que chez les Républicains : et si, au final, le candidat démocrate n’était ni Hillary, ni Obama ?

Pure folie ? Pas sûr. Les présidentielles américaines ont prouvé jusqu’à présent qu’elles pouvaient déjouer les pronostics les plus raisonnables. Personne ne pariait sur l’émergence de McCain et d’Obama à l’automne, alors qu’ils dominent leur parti respectif aujourd’hui. L’avenir nous réserverait-il une nouvelle surprise ? Peut-être.

Cette fameuse hypothèse, elle est avancée depuis quelques mois déjà par John Derbyshire, analyste de la National Review. En préambule, il brosse un portrait sans concession des différents candidats démocrates en lice : Hillary Clinton, chargée de l’héritage de son mari, est la candidate la plus impopulaire jamais observée pour des présidentielles. De son côté, Barack Obama, avec ses misérables trois ans d’expérience politique, peut difficilement jouer sur le même terrain qu’un John McCain ayant roulé sa bosse pendant vingt et une années au coeur du système démocratique américain. Ajoutez à ces tares les batailles de chiffonniers à venir : que ce soit la thèse universitaire de la femme d’Obama (où elle écrit que « le racisme des Blancs est impossible à éradiquer » dans une Amérique « fondé[e] sur le crime et la haine ») ou le défilé des rumeurs sur les tendances lesbiennes de Hillary, l’été s’annonce chaud brûlant. Fort de ces observations, Derbyshire rend un jugement sans appel : les Démocrates ont lancé « deux canards boiteux » dans la course, et vont droit dans le mur. 

Il ajoute que si lui, Républicain, perçoit ce malaise, sans doute le leadership démocrate en discute-t-il aussi avec ses stratèges. Alors qu’il devient évident qu’un ticket Obama-Clinton ou Clinton-Obama ne sera pas réalisable – regardez les noms d’oiseaux que les deux s’échangent depuis des mois -, le parti démocrate doit penser à unifier ses troupes avant le grand saut de novembre. Qui peut rassembler la gauche et l’extrême-gauche, incarner la nouveauté mais l’expérience et s’affirmer en quelques mois comme l’autorité morale d’un parti en crise ?

Derbyshire donne un nom : Al Gore. Auréolé de son Prix Nobel, ancien vice-président, il illustre l’esprit de revanche des élections de 2000 qui porte aujourd’hui la gauche. Nul besoin de l’élire : Al Gore est un candidat qui fait l’unanimité, ou presque, autant dans l’establishment que chez les votants, deux qualités que ni Hillary, ni Obama ne réunissent. Impossible, dites-vous ? Les délégués qui débattront en août 2008 à Denver n’ont signé aucun contrat. Leur but premier est d’appuyer le candidat le plus à même de mener la gauche au pouvoir. Si, à la fin de l’été, Hillary et Obama sont toujours au coude à coude, il faudra trancher. Et un vieil adage dit bien que deux forces Al Gore au Japon le 15 janvier (Kiyoshi Ota/Reuters)antagonistes finissent nécessairement par s’annuler. 

Les commentateurs de la presse ne sont pas dupes, eux qui évoquent cette possibilité, notamment sur les blogs politiques du magazine de gauche Newsweek.

Alors, folle rumeur ou hypothèse révolutionnaire ? Nul ne peut le déterminer à ce stade. Reste une certitude : dans cette bataille sanglante pour la Maison Blanche, les stratèges républicains se préparent à tous les scénarios, même les plus gores.  

 
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