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Publié par Dreuz Info le 27 février 2008

Bertrand Badie, professeur à Sciences-Po Paris, Le Monde , 20 février 2008



Il ne faut pas surestimer les différences qui séparent les candidats entre eux. Il ne faut pas non plus croire qu’une politique étrangère est arrêtée au moment d’une campagne électorale sans subir ensuite l’influence des événements et des enjeux qui viennent à émerger. Si l’on se rappelle la première campagne de George W. Bush, on se souvient que les questions internationales étaient à l’époque marginalisées, et on pouvait difficilement se douter qu’elles viendraient au centre de son agenda.

A ces deux remarques préalables, j’en ajoute d’entrée de jeu une autre : le néoconservatisme a joué un tel rôle dans la structuration de la politique étrangère américaine au fil des deux mandats précédents qu’on constate qu’encore aujourd’hui, tous les candidats, républicains et mêmes démocrates, sont amenés à se définir par rapport à lui pour l’amender, le critiquer ou le dépasser. Pour autant, aucune vision d’ensemble crédiblement alternative ne se fait réellement jour. 

En ce qui concerne plus particulièrement la Russie et la Chine, il faut ajouter que la position adoptée par les Etats-Unis à leur égard est aussi fortement conjoncturelle, dépendant de l’évolution de la situation internationale et dépendant également, dans le cas de la Russie, de la prochaine élection présidentielle et de la personnalité encore peu claire du futur président russe.

On peut cependant s’attendre, au-delà de toutes ces précautions, à ce que John McCain se rapproche davantage de la politique étrangère de George Bush père, dont il est plus proche, par l’âge et par les convictions, et d’un modèle dès lors plus « réaliste » de politique étrangère. Cela pourrait l’amener à se définir à l’égard de Moscou et de Pékin conformément au modèle qu’il avait connu et pratiqué du temps de la bipolarité. 

Quant aux candidats démocrates, rien dans leur programme n’annonce une modification substantielle du positionnement américain à l’égard de ces deux puissances concurrentes. On voit bien à ce sujet que la diplomatie élaborée à Washington reste encore l’otage d’une vision hégémonique et unipolaire qui n’a été révisée par aucun des candidats, et qui n’est donc pas prompte à définir des formes nouvelles et inédites d’action internationale. 

On se souvient que lors de l’élection présidentielle de 2004, nombreux étaient ceux qui s’attendaient à une telle posture électorale, et qui pensaient qu’elle profiterait à John Kerry. Il n’en a rien été. A l’époque, la raison était simple : Kerry pouvait difficilement prendre argument des échecs de la bannière étoilée au Moyen-Orient pour s’en faire un argument électoral. C’eût été à l’encontre des sentiments patriotiques américains, ce qui, paradoxalement, a pu profiter à son rival, qui s’est ainsi nourri de ses propres échecs.

Aujourd’hui, cette situation ne se reproduit pas à l’identique : le candidat républicain n’est ni le président sortant ni un membre proche de son entourage. Le débat sera donc plus libre, et l’argument irakien pourra être davantage mis en avant. Mais la limite est autre : combattre les républicains sur le thème de l’Irak devra conduire à des contre-propositions difficiles à élaborer.

Au fil de la campagne, on s’apercevra aisément que l’idée d’un retrait immédiat et complet des Etats-Unis d’Irak est intenable. Et le débat risquera de se reconstituer au centre. Dans ces conditions, on peut supposer que les thèmes internationaux n’occuperont pas une place majeure, et que la tonalité de la campagne ne laissera pas la place à un vote sanction massif. D’autant que l’opinion publique américaine est elle-même partagée, et qu’il n’y a pas en faveur de la paix en Irak ou du retrait d’Irak la dynamique que l’on croit trop vite percevoir de ce côté de l’Atlantique.

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