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Publié par Dreuz Info le 17 mai 2008

 
Alors que l’on
fête mai 68, la notion de « libération sexuelle » est louée dans tous les médias. A croire ces derniers, son premier moteur, le féminisme, aurait été le plus grand bouleversement social de ces dernières décennies et un succès planétaire. Ah bon ?

 
Comme d’habitude, la gauche se gargarise de ses propres mérites par le truchement des médias de masse, notamment le cinéma et la télévision. Dans la série Sex & the City, dont la version cinéma sortira la semaine prochaine dans les salles, les différentes héroïnes sont censées illustrer  la femme moderne parlant de sexe sans tabous. Tous les médias traditionnels ont relevé combien cette représentation sonnait juste et rendait un portrait saisissant du féminisme. Vaste plaisanterie.  

 
Depuis quarante ans maintenant, l’hypersexualisation de la société a conduit le divertissement populaire à surenchérir dans les images chocs et les propos tapageurs, bien loin d’un discours revendicatif cohérent et rationnel. Cela s’est répercuté sur le petit écran. Dans Sex & the City, les personnages féminins ne s’expriment pas comme des femmes. A la limite, elles pourraient s’exprimer comme certains hommes s’ils livraient le fond de leur pensée ou alors, plus vraisemblablement, elles parlent comme des gays. 

 
Le New York Times a justement noté que Sex & the City partageait la vision d’un « gay immiscé dans un corps de femme ». Feu le magazine George approuvait, regrettant la mise en scène, sous le mot « femmes », de ce qu’il appelait « des mutantes ». Même Playboy, loin d’être étranger au problème, a conclu un article sans ambiguïté : les « filles new-yorkaises », si elles représentent quelque chose, ce ne sont certainement pas leurs contemporaines. 


 
Est-ce étonnant d’apprendre que le créateur de Sex & the City est homosexuel ?  En effet, certaines lignes de la série dévoilent clairement combien son auteur est bien loin d’une réalité féminine : dans un épisode, les différentes héroïnes énumèrent le nombre d’avortements qu’elles ont subis en plaisantant. Dans un autre, Amanda, la plus débauchée, touche au porno et se découvre lesbienne le temps d’une semaine. La femme moderne ? 

 
C’est là toute l’ironie du show. Une bonne partie des femmes pensent que leurs égales à New York se comportent de cette manière, alors que les femmes de New York jettent des coups d’œil autour d’elle pour déterminer laquelle d’entre elles rêve de triolisme ou de SM. Peine perdue. Les sociologues ayant cherché dans Sex & the City un portrait de société n’y ont décelé, en fin de compte, que les fantasmes d’un homosexuel reproduisant ses propres aspirations sous de pâles couleurs féministes. Connaissez-vous beaucoup de filles discutant des joies de la sodomie entre deux tasses de café ? N’avez-vous jamais eu l’impression que Sarah Jessica Parker a été choisie pour son look d’androgyne, plus proche du travesti que de la femme ? Regardez bien la photo…

 L
es femmes partageant la légèreté des héroïnes de Sex & the City se comptent sur les doigts de la main. Celles qui affirment se reconnaître ne l’ont généralement jamais traduit dans les actes. Même son de cloche du côté masculin. Alors que l’on pourrait penser que la plus débauchée du groupe (Samantha) remporte les suffrages mâles, c’est Charlotte, la plus timide, qui plaît aux hommes. Non pas, comme l’ont prétendu certaines publications, parce que « le sexe fort cherche une femme soumise », mais tout simplement parce que les hommes ne reconnaissent pas une femme dans les autres caractères principaux de la série. Et ils ont raison.    
 
La série new-yorkaise démontre indirectement l’échec du féminisme à se développer intelligemment dans la société moderne. Sans stratégie directrice, le mouvement a fini par créer deux camps : les femmes instruites – jugées non féminines, et les femmes féminines – jugées non instruites. Cela peut paraître très manichéen, mais force est de constater que mai 68 a accouché de cet axiome misogyne au possible.
 

 Sex & the City, série « pour femmes » qui ne représente pas des femmes, est la cruelle incarnation de ce désastre.

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