FLASH
[14/08/2018] Est-ce vraiment ça, la mission de service public de France Info: parler de tous les livres anti-Trump qui paraissent, et silence total sur les livres pro-Trump ?  |  [13/08/2018] Migrants délinquants : le port de Sète veut bien accueillir l’Aquarius, qui est de nouveau à la recherche d’un port d’accueil pour débarquer des illégaux  |  La branche d’Al-Qaeda à Gaza a publié une vidéo de ses attaques à la roquette sur les communautés civiles israéliennes au cours de la dernière semaine  |  Mons-en-Baroeul (France): une voiture a terminé sa course dans le hall d’une mosquée. Accident ou intention, le mobile n’est pas encore clair  |  La monnaie turque plonge, Trump a réussi en 1 mois ce que l’Europe n’arrive pas à faire depuis 10 ans  |  Israël a confisqué des dizaines de milliers de ballons qui étaient destinés à Gaza par crainte qu’ils soient utilisés comme bombes incendiaires  |  [11/08/2018] Des drones israéliens ont ciblé des terroristes musulmans qui lançaient des bombes incendiaires depuis le nord de Gaza. Plusieurs incendies ont éclaté aujourd’hui dans des villes israéliennes près de la frontière  |  Egypte : 1 terroriste musulman a été empêché de s’approcher d’une église quand il a voulu faire exploser son gilet d’explosifs. Il a fait boum, personne d’autre n’a été atteint  |  Trump a autorisé le doublement des tarifs douaniers pour l’importation d’acier et d’aluminium depuis la Turquie. Conséquence, la livre turque s’écroule  |  Effet Trump : les bons chiffres de l’emploi des Africains et des Hispaniques se confirment : ce sont les meilleurs de l’histoire des Etats-Unis  |  Etat-Unis : des centaines de Bikers se sont déplacés à Bedminster pour saluer le président Trump  |  Hérault : Il poignarde un homme et plonge dans le fleuve pour échapper à la police  |  Brigitte Bardot explose Nicolas Hulot : « c’est un trouillard et il ne sert à rien »  |  Pays-Bas : victime d’un viol collectif par des musulmans, une élue du PVV se suicide  |  Paris : 2 motards de la police et 1 voiture de patrouille percutés par des « jeunes » qui faisaient un rodéo à moto dans les rues  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Dreuz Info le 6 juin 2008

Ceci est le deuxième billet d’une série consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement est exemplaire, car c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire et exigeait par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est en fait le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure.

Ce deuxième billet traite de l’organisation interne des professionnels qui ont réalisé le reportage. Voici le considérant du tribunal (page 9 du jugement):

Considérant qu’il est constant que Charles ENDERLIN n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix «off», selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs; qu’en l’occurrence, FRANCE 2 a indiqué, le 1er octobre 2000, que la mort de l’enfant avait «été filmée par TalaI ABU RAMAH, [son] correspondant à Gaza» et, le 2 octobre, que le cameraman «filmait l’inacceptable», ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux; que ce fait a conduit Philippe KARSENTY, sans qu’il puisse alors en induire que l’événement commenté était faux, à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien («c’est moi qui décide ce qui est important», l’entend-on dire dans une des interviews), et le commentaire de ces images par Charles ENDERLIN; 

Le tribunal établit ici, notamment, que Charles Enderlin, un journaliste de premier plan, jouissant d’une grande réputation, et donc d’une position d’autorité, n’avait pas assisté aux faits qu’il décrivait et que personne, sur la base de ce qui avait été diffusé par France 2, ne pouvait le savoir.

À entendre simplement le reportage, les téléspectateurs devaient ou pour le moins pouvaient supposer que le correspondant de France 2 avait assisté à ce qu’il décrivait. Pour mémoire, voici ce qu’il avait dit (séquence vidéo complète et extrait crucial du texte):

Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne [images de la position israélienne]. Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais, une nouvelle rafale, Mohamed est mort, et son père gravement blessé.

D’où il ressort que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient commis un infanticide (pris pour cible et tué un enfant) sur la seule base du témoignage d’un caméraman palestinien. Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin, le correspondant sur place, qui donnait ce commentaire, n’avait pas assisté aux scènes qu’il décrivait pourtant en termes tout à fait affirmatifs.

Est-il usuel, pour les médias qui travaillent dans les Territoires palestiniens, de présenter en leur nom des séquences d’information fournies en intégralité par de simples caméramans de la région, travaillant de manière totalement autonome? Est-ce acceptable? Existe-t-il seulement des relations de confiance quelconques permettant de justifier une telle accusation d’infanticide? Dans quelle mesure l’authenticité de ces informations est-elle contrôlée et contrôlable? Par exemple, le reste du matériel filmé par ce caméraman permet-il de confirmer la thèse de l’infanticide? Et qu’en est-il des séquences tournées ce jour-là par les caméramans des autres agences de presse? France 2 et Enderlin avaient-ils d’autres bonnes raisons de soutenir ainsi ce récit, sans la moindre réserve?

Philippe Karsenty a réuni les travaux de plusieurs personnes et groupes qui ont tenté de faire la lumière sur cette affaire, et a émis les accusations [1] qui lui ont valu l’attaque en justice de France 2. Dans les prochains billets, nous allons examiner les éléments sur la base desquels la Cour d’appel de Paris a estimé que Karsenty était de bonne foi et ne pouvait pas être condamné pour avoir qualifié ce reportage de France 2 de «fausse mort», «faux reportage», «mascarade», «supercherie», «pure fiction», «imposture», «faux» et «imposture médiatique».

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz