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Publié par Dreuz Info le 5 juillet 2008
Une radio publique suisse qui annonce, sans rire, que la libération d’Ingrid Bétancourt est un coup monté. Un rédacteur du permier magazine francophone de Suisse qui ajoute, sans rire, toujours, que les néo-conservateurs américains vont assassiner Barack Obama après avoir créé le 11 septembre.

Vous connaissiez les médias français ? Découvrez les médias suisses.

Je sais, c’est difficile à croire, mais l’article ci-dessous est publié dans un magazine généraliste suisse.



« Ils vont le tuer »

Par Jacques Pilet,   « L’ Hebdomadaire de Lausanne »      

Jamais un candidat à la présidence des Etats-Unis n’a été à ce point protégé. Des policiers entourent Obama en permanence. Lorsqu’il sort, des tireurs d’élite se postent sur les toits. Une petite phrase court et, même assortie d’un point d’interrogation, devient un fait politique: «Ils vont le tuer.»

Les racistes n’ont pas désarmé. Et l’histoire nous a appris ce dont ils sont capables. Les «forces obscures» de la société américaine sont une réalité. L’intense espoir incarné par cet homme, aux Etats-Unis et dans le monde, va de pair avec un lourd suspense. Ce grand pays laissera-t-il le jeu démocratique se dérouler en paix?

La menace d’un attentat raciste n’est pas la seule.

De puissants lobbies se sont formés ces dernières années, mêlant dans une impénétrable nébuleuse l’industrie de l’armement, divers services secrets publics et privés aussi, une frange de politiciens néoconservateurs et va-t-en-guerre. Ils s’inquiètent de la montée de cet homme jeune, intelligent, qui pourrait troubler le projet incarné par George W. Bush.

Tant de livres, tant de films américains ont crûment démonté les embrouilles, les doubles jeux, les coups tordus dont sont capables les plus cyniques tireurs de ficelles. Ces récits ne sont pas nés de la paranoïa des scénaristes, mais ont été pour la plupart inspirés par des faits réels. Ils font partie du paysage mental de l’Amérique.

L’inquiétude autour d’Obama se révélera peut-être infondée. Espérons-le. Mais elle dévoile une donne importante: la méfiance de beaucoup face au pouvoir.

L’énigme qui subsiste autour des commanditaires de l’assassinat de J. F. Kennedy l’alimente depuis des décennies.

Autre sujet de perplexité: les points faibles de la version officielle sur les événements du 11 Septembre 2001. Au début, seuls quelques allumés de la théorie du complot l’ont mise en doute. Depuis lors de nombreux milieux professionnels, notamment des spécialistes de la construction et de la démolition d’immeubles, des pilotes, accumulent les études qui posent une foule d’interrogations. Comment les tours ont-elles pu s’effondrer si vite sur elles-mêmes à la suite de l’impact des avions? Et surtout: comment expliquer la destruction du troisième immeuble (WTC 7) qui a suivi? Il abritait des archives de la CIA et de la commission des Bourses. Comment expliquer enfin qu’un amateur ait pu amener un Boeing 747 à percuter avec précision dans un angle perpendiculaire la façade du Pentagone à Washington?

On peut balayer ces questions en traitant ces experts de fous. On peut évacuer le débat en invoquant l’invraisemblance d’un éventuel complot. Mais on peut aussi analyser froidement les affirmations des uns et des autres.

C’est à quoi s’emploient des personnalités au-dessus de tout soupçon. Tel le professeur d’histoire de l’Université de Bâle, Daniele Ganser, qui a fait de cette démarche l’objet d’un séminaire tout ce qu’il y a de plus sérieux. Il dégage trois théories. Celle des autorités qui disent avoir été totalement surprises par les attentats. Celle dite du «Lihop» («Let it happen on purpose», sciemment laissez faire). Les responsables seraient la bande de Ben Laden et certains membres du gouvernement pas mécontents à l’idée d’un grand choc dans l’opinion qui pourrait servir leurs desseins. Enfin celle dite du «Mihop» («Make it happen on purpose», s’arranger pour que cela arrive).

D’autres sommités académiques, à l’Université et à l’ETH de Zurich, estiment aussi que la vérité historique n’est pas établie. Le professeur de construction au poly zurichois, Hugo Bachmann, affirme par exemple: «Mon opinion est qu’à une très très forte probabilité, le WTC 7 a été démoli par des professionnels.» Son collègue Jörg Schneider estime aussi qu’«il aurait été très vraisemblablement dynamité».

Ces spécialistes relaient un débat souterrain mais vif aux Etats-Unis même: 42 % des Américains pensent que l’enquête officielle «cache quelque chose».

Cet abcès n’a pas fini d’empoisonner la démocratie américaine. Il éclaire la grande peur autour de l’avenir de Barack Obama. Car il ouvre la voie aux pires scénarios. S’il y a eu une embrouille du 11 Septembre, quelle pourrait être la prochaine? Cette question est devenue une des composantes enfouies de la campagne.

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