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Publié par Dreuz Info le 27 août 2008

Kosovo,  Ossétie,  Abkhazie :

je ne comprends toujours pas cette comparaison.

On me dit que le président géorgien Mikheil Saakashvili a commis la folie de provoquer la Russie – le jeudi 7 août 2008 – en envoyant des troupes géorgiennes dans le district géorgien d’Ossétie du Sud.  Or,  selon mes sources,  c’est la milice sud-ossète qui a déclenché les hostilité – la veille,  mercredi 6 août – lorsque ses miliciens ont tiré sur des troupes géorgiennes de maintien de la paix et sur des villages géorgiens avec des armements interdits par l’accord conclu entre les deux camps en 1994,  accord – juridiquement parlant – toujours valide.  Au moment précis des hostilités déclenchées par la milice sud-ossète,  la Russie a envoyé son armée d’invasion en Géorgie,  en passant par le tunnel de Roki.  Cela s’est produit avant que le président géorgien Mikheil Saakashvili n’envoie des troupes additionnelles en Ossétie du Sud.




Fait intéressant,  le président russe Dmitri Medvedev,  dans une tribune libre,  publiée aujourd’hui,  mercredi 27 août 2008,  dans le quotidien britannique Financial Times,  écrit notamment :  « Sans tenir compte des avertissements de la Russie,  les pays occidentaux se sont précipités pour reconnaître la proclamation illégale d’indépendance du Kosovo à l’égard de la Serbie. (…) Nous avons dit régulièrement qu’il serait impossible,  après cela,  de dire aux Abkhazes et aux Ossètes (et à des dizaines d’autres communautés dans le monde entier) que ce qui a été bon pour les Albanais du Kosovo ne l’est pas pour eux ».  Abkhazes,  Ossètes et des dizaines d’autres communautés dans le monde entier,  peut-on lire.  Intéressant,  vraiment.

Reprenons maintenant les principaux faits survenus entre hier et aujourd’hui.  Hier mardi 26 août 2008 le président russe Dmitri Medvedev déclare que si les Européens « veulent une dégradation,  ils l’obtiendront ».  John McCain dénonce la politique d’annexion de facto de la Russie.  L’épouse de McCain rend visite aux réfugiés en Géorgie.  Obambi condamne la décision russe et veut isoler la Russie.  Aujourd’hui mercredi 27 août 2007 les USA renoncent à envoyer une cargaison d’aide humanitaire à Poti,  en Géorgie.  Le port géorgien de Poti – nous dit-on – a été sérieusement endommagé par les combats et les forces russes continuent d’y patrouiller en violation du cessez-le-feu.




Encore aujourd’hui mercredi 27 août,  on apprend que le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré que « la Russie est en-dehors du droit international » (Europe 1).  Que Kouchner accuse Moscou de préparer un nettoyage ethnique (France 2).  Que Kouchner a déclaré :  « On a peur d’une guerre » (TF1).  Que Kouchner a déclaré :  « Nous ne pouvons pas accepter ces violations de tout le droit international et la prise d’un territoire par une armée d’un pays voisin » (Europe 1).  Kouchner a également déclaré – sur Europe 1 – que la Russie pourrait avoir,  après l’Ossétie du sud et l’Abkhazie,  d’autres objectifs dont la Crimée (sud de l’Ukraine),  l’Ukraine,  la  Moldavie.  « C’est très dangereux »,  a déclaré Kouchner sur Europe 1.  Intéressant,  encore une fois.  Abkhazes,  Ossètes et des dizaines d’autres communautés dans le monde entier,  écrit justement le président russe Dmitri Medvedev,  aujourd’hui,  mercredi 27 août 2008,  dans le Financial Times.

A propos,  voici ce que j’écrivais le mardi 19 août :  « Supposons que l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud obtiennent leur indépendance sous la férule russe.  Combien de minis pays – pays réels ou pays présumés – risquent-ils, dans le région, de revendiquer la même chose ?  Sans remonter à plus de 500 ans en arrière et en me limitant à la Géorgie et à ses voisins pas trop lointains,  je dénombre les « pays » suivants : Daghestan, Vainakh, Noghastan, Kabardian, Imereti, Kartli, Kakheti, Samtskhe, Trebizond, Mamlyuk, Kara-Koyunloo, Vaspurakan, Sasun, Bahrevand, Shirvan, Karabakh, Syunio, et, sans pinailler, un peu plus loin, les Kurdes, les Azéris et pourquoi pas – plus il y a de monde plus on rigole – les Druzes, les Tatares, les Corses, les Valaisans, les Burgondes et les Martiens ».

Et le lundi 25 août j’écrivais :  « Avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en Géorgie, la Transnistrie en Moldavie et la Crimée en Ukraine,  les prétextes ne manquent pas à Poutine pour reprendre les bonnes vielles habitudes soviétiques ;  y compris sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,  mais à disposer sous domination russe,  bien entendu,  et en fonction des pipelines,  avant tout ».



Il est maintenant question de tracer une ligne rouge en déployant des troupes occidentales dans la partie de la Géorgie encore sous contrôle du président géorgien Mikheil Saakashvili.  Et il est en même temps question de sacrifier l’intégrité territoriale de la Géorgie en acceptant l’entrée de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie dans l’orbite russe.  Tout ceci afin d’éviter la guerre avec la Russie.  A ce propos,  le président russe Dmitri Medvedev,  dans une interview sur CNN a déclaré :  « Quant aux rapports autour du conflit osséto-géorgien et du conflit précédent avec l’Abkhazie,  tout est entre les mains de l’Occident,  à condition de pas inventer de nouveau conflit.  Si le pragmatisme prédomine,  tout se passera bien.  Nous avons des différends,  mais ils ne sont pas insolubles ».  Ce tracé d’une ligne rouge – avec un déploiement de troupes occidentales dans la partie de la Géorgie encore sous contrôle du président géorgien Mikheil Saakashvili – n’a pas l’air de prendre forme,  à ce stade tout au moins.  Je rappelle – encore une fois – qu’aujourd’hui mercredi 27 août 2007,  les USA renoncent à envoyer une cargaison d’aide humanitaire à Poti,  en Géorgie.  Alors que les navires américains contenant cette aide humanitaire sont au large des côtes géorgiennes.  On est en mer Noire mais loin de la ligne rouge.

Je lis,  ça et là,  que face à l’approbation par la Russie de l’indépendance des deux provinces séparatistes ossète et abkhaze de Géorgie,  les USA ne disposent pas de véritable option,  parce qu’ils ne peuvent pas se passer du soutien russe pour contenir le programme nucléaire offensif iranien.  Voilà.  Du Kosovo à l’Iran,  le dossier géorgien prend une dimension surprenante et inattendue.  « Un pays (ndlr :  la Russie) qui s’est senti suffisamment sûr de lui pour écraser la Géorgie et arracher une partie de son territoire ne se laissera pas effrayer par l’OMC ou le G8.  Les Russes sont désormais au-delà de cela »,  affirme Janusz Bugajski,  du Centre des études stratégiques et internationales.  A lire les journalistes et les analystes,  ce matin mercredi 27 août,  une intervention militaire occidentale et donc le tracé d’une ligne rouge serait – pour le moment – impensable.  Je note en passant que les mises en garde verbales des occidentaux n’ont pas empêché le président russe Dmitri Medvedev de reconnaître mardi l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.



La difficulté,  selon Dimitri Simes,  du Nixon Center de Washington,  tient à la nécessité d’un soutien de la Russie,  membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU,  dans le dossier du nucléaire iranien. Décidément,  il en prend de la place,  ce sempiternel dossier nucléaire iranien.  Il doit bien rigoler,  Mahmoud Adolfinejad.  On voit mal – paraît-il – la Russie accepter d’être sanctionnée pour son offensive militaire dans le Caucase et cette même Russie apporter dans le même temps son soutien à une nouvelle séries de sanctions contre l’Iran.  « Si les Russes ont le sentiment qu’un rapprochement avec l’Ouest n’est plus une option,  ils se tourneront vers d’autres alliés potentiels,  à commencer par Téhéran et Caracas »,  renchérit Dimitri Simes du Nixon Center.  Bon,  c’est le Nixon Center…  Janusz Bugajski,  du Centre des études stratégiques et internationales,  opte pour une stratégie plus ferme,  soulignant que les USA pourraient s’engager pour une adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN,  voire soutenir des mouvements sécessionnistes à l’intérieur de la Russie,  comme la Tchétchénie.  Vous je ne sais pas,  mais moi,  ces journalistes et analystes me font rire avec leurs pronostics.

A propos de journalistes et d’analystes justement,  il est intéressant de se pencher – aussi – sur la presse russe :  « La Russie risque de se retrouver dans une position d’isolement très dangereuse si aucun autre Etat ne soutient l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie. (…) De nombreuses régions de Russie disposent à présent d’un nouvel argument en faveur de leur indépendance et il faut être clair là-dessus.  Ainsi la stabilisation du Caucase pourrait à présent prendre une toute autre tournure » (Rossïskaïa Gazeta).  « La décision de Moscou est une preuve de détermination,  mais cette satisfaction risque d’être suivie d’une réaction bien différente.  La posture de Moscou risque aussi de peser sur son économie,  car elle se traduira par l’obligation de soutenir financièrement ces républiques,  en particulier si personne d’autre ne les reconnaît » (Vremia Novosteï).  « Le choix d’une stratégie (…) de confrontation avec le monde extérieur (…) provoque l’arrêt de toutes les réformes à l’intérieur du pays. (…) La reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud est une bombe placée sous les relations Russie-Occident.  L’Occident va mettre en place des barrières au business russe,  compliquer l’obtention de visas » (Vedomosti).  « L’absence de soutien international risque de priver de sens l’initiative de la Russie :  lorsqu’ils ont soutenu le Kosovo,  les Etats-Unis s’étaient assurés du soutien d’une série de pays.  Sans soutien international,  toute prétention à l’indépendance est incomplète » (Izvestia).  Heureusement que nous avons la presse russe,  question de pouvoir lire des articles,  un tant soit peu critiques,  sur l’aventurisme de l’oligarchie poutinienne.


Parce que chez nous,  ce n’est pas brillant,  côté esprit critique.  La reconnaissance,  par la Russie,  des républiques rebelles abkhaze et ossète de Georgie n’est pourtant rien d’autre que l’antichambre de leur rattachement à cette même Russie.  Les journalistes et analystes,  pour la plupart d’entre eux,  continuent,  par racisme anti-américain,  à excuser ou même à défendre la Russie.  Quand les Géorgiens frappent,  c’est une purification ethnique.  Quand les Russes frappent,  c’est une force de maintient de la paix.  On ne parle guère de réaction démesurée de la Russie,  comme on le fait à chaque fois qu’Israël éternue en direction d’un terroriste palestinien.  Le président géorgien aurait semble-t-il commis un  péché mortel en sous-estimant la Russie et surestimant les USA.  On ne se bouscule pas pour dénoncer la grande Russie qui envahit la petite Georgie,  déployant ses chars blindés du Caucase à la mer Noire hors de ses propres frontières.  Certains,  à gauche comme à droite,  fêtent avec un grand sourire,  le retour de la Russie,  pourtant dirigée par une maffia kagébiste.  Le top du top,  ce sont ceux qui déclarent doctement – par oral et par écrit – qu’on ne peut pas contrarier la Russie car elle détient de  gigantesques réserves de gaz et de pétrole.


Je vous le dit :  tout ça,  c’est à cause du Kosovo,  qui a été envahi par les chars américains,  puis annexé par les dirigeants MAFIA CIA qui gouvernent les USA.  Le Kosovo est le dernier Etat membre de l’Union.  D’ailleurs,  le Pentagone compte y construire une immense base militaire.  La Russie peut tranquillement continuer à annexer,  la Transnistrie (en Moldavie),  la Crimée (en Ukraine) et autres entités.  Car nous voulons le pétrole et pas la guerre.  Faites le plein et pas la guerre,  telle est notre devise.

Quant à moi,  je vous quitte et je vais créer une enclave de droit pontifical.  Dans la bande de Gaza.  J’aurais des relations diplomatiques avec l’Etat d’Israël.  Et les autres,  je les emmerde.

Miguel Garroté




 

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