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Publié par Dreuz Info le 26 novembre 2008


Nom

Michael ROSS
(pseudonyme)

CV

1988-2001 : Agent des services de renseignement extérieurs de l’Etat d’Israël

 Le MOSSAD

Institut pour le renseignement et les affaires spéciales 

Ha Mossad le-Modiin ule-Tafkidim Meyuhadim ; המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים



Selon le quotidien israélien Haaretz , qui se fonde sur des sources à l’intérieur de l’Institut, Michael Ross travaillait sous le nom de code « Rick ».

1988-1995 : agent sous couverture (« Combattant ») au sein de la division CAESAREA, responsable des officiers opérant sans couverture diplomatique.  Missions aux Etats-Unis et en Syrie, Azerbaïdjan, Iran et Afrique du Nord.

1996-1998 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division TEVEL, responsable des relations entre l’Institut et les agences de renseignement à l’étranger. A ce titre, il a travaillé comme officier de liaison du Mossad avec la CIA et le FBI. Michael Ross était également enquêteur lors des attentats d’Al-Qaeda contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et Dar es-Salaam (Tanzanie).

1998-2001 : agent de renseignement (Katsa) au sein de la division BITZUR, responsable de la sécurité et de l’immigration des communautés juives mondiales.  En 2000, il a été félicité par le directeur-adjoint du Mossad, Ilan Mizrahi, pour avoir organisé la fuite des Juifs du Zimbabwe menacés par le régime de Robert Mugabe.

Michael Ross est
un ancien soldat canadien, de confession chrétienne, qui a émigré en Israël au début des années 1980, s’est converti au judaïsme et a rejoint Tsahal, avant d’être repéré par des chasseurs de tête de la MELUKHA, le service de recrutement du Mossad.  

En 2007, Michael Ross a publié un best-seller retraçant son parcours sous le titre « The Volunteer« . Ses mémoires, en anglais, ont été diffusées en Angleterre, Australie Canada, Etats-Unis, et traduites en hébreu pour être publiées en Israël. 

 

Grâce à drzz.info, il est aujourd’hui en contact avec des maisons d’édition en France.

Michael Ross est depuis apparu dans plusieurs journaux canadiens, dont le National Post et le Globe and Mail, et reste un correspondant régulier de la télévision canadienne CBC. 

Il donne régulièrement des conférences à l’Université de Vancouver sur le thème du contre-terrorisme.

Il s’agit ici de sa première interview en langue française.

 

EXTRAITS AUDIO

 

 

 



LIRE LA PREMIERE PARTIE


ROSS : Mais pour revenir à votre question, tous les directeurs généraux que j’ai connus avaient leurs forces, à leur manière. Le plus faible d’entre eux, à mon avis, était Danny Yatom. Je ne dis pas « faible » pour une personne sans poigne, il était tout sauf ça, mais j’estime que son style militaire, obtu, ne correspondait pas à celui du renseignement, lequel doit rester souple et intellectuellement flexible.
 

 

Les gens comparent souvent le milieu du renseignement avec le monde militaire, mais ils font une grosse erreur. Les deux sont très différents. Vous ne pouvez pas contrôler le Mossad comme une unité de soldats. Ça ne marche tout simplement pas de cette manière.

 

Le directeur Yatom a eu une tâche difficile. Sous son commandement, plusieurs de nos opérations ont très mal tourné, à l’image de l’affaire Meshaal [tentative d’élimination au gaz aérosol du leader du Hamas, en 1997 en Jordanie]…

DRZZ : Et des yahalomin [experts en communication] surpris en pleins repérages en Suisse en 1998….

 


ROSS :
Exactement, cet agent capturé alors qu’il suivait la trace d’un membre du Hezbollah…

Ces échecs se sont déroulés sous le commandement du directeur Yatom, même si vous ne pouvez pas totalement l’en tenir pour responsable. Danny Yatom était une personne difficile à mettre en garde…

 

Les directeurs généraux du Mossad ont leurs qualités propres. Personnellement, je vouais une grande admiration à Shabtai Shavit, une personne très intelligente. Je ne le connaissais pas en privé mais je l’ai rencontré quelques fois. Il était très impressionnant. Il avait des qualités de leadership tout à fait exceptionnelles, il gérait le Mossad comme une business school, ce qui a eu des répercussions favorables – mais aussi défavorables pour notre service.

 

Ephraïm Halevy a pris le commandement du Mossad lorsque notre organisation était démoralisée. Il a hérité de la position, enviable, de celui qui devait dire « non » à plusieurs opérations que le Mossad voulait monter. Nous ne pouvions tout simplement plus nous permettre d’échouer.     

 

Les gens doivent comprendre que le Mossad travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, et conduit des opérations tout le temps. Il réussit des millions de choses et connaît quelques ratés, mais ce sont ces échecs qui deviennent connus du public.

 

Globalement, je suis satisfait des directeurs que l’on a mis à la tête du Mossad, tous des personnages avec un vrai talent. Je ne peux pas dire du mal d’eux, d’autant que je ne les connaissais pas assez personnellement pour porter un jugement honnête.

 

Comprenez que nous avons été bien formés et dirigés pendant ces dernières années. Le Mossad reste le service de renseignement le plus performant de la planète. Et de loin.

 


DRZZ : L’un de vos environnements opérationnels dès 1993 était l’Iran. Comment jugez-vous l’évolution de son programme nucléaire durant les quinze dernières années ? 

 


ROSS :
Il est impressionnant de voir à quelle vitesse l’Iran développe son programme. Nous avons observé attentivement tous les efforts que le régime a entrepris pour rassembler du matériel fissile, construire des centrales et rassembler des experts dans le seul but d’obtenir la bombe atomique.

 

Les Iraniens sont passés maître dans l’art de dissimuler leurs activités à la communauté internationale. Depuis des années maintenant, ils se jouent de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, des Nations Unies et des autres organes de surveillance, tout en accélérant leur entreprise nucléaire.

 

Ils restent donc déterminés à produire une bombe atomique – arme qu’ils comptent utiliser comme charge utile de leurs missiles balistiques Chahab-3.

 

Les estimations diffèrent sur l’avancée de leurs efforts. Les Américains pensent avoir le temps, les Israéliens voient l’urgence – et je partage l’avis des Israéliens : l’Iran pourra  obtenir une bombe atomique dans les douze à dix-huit mois. 

 


DRZZ : Doit-on ainsi s’attendre à une guerre entre Israël et l’Iran dans un futur proche ?

 


ROSS :
Le message israélien ne souffre d’aucune ambiguïté, pour quiconque veut bien l’entendre : Israël ne peut pas autoriser un Iran nucléaire, et prendra toutes les mesures nécessaires pour que cela n’arrive jamais.

 

Ceci exposé, plusieurs voies peuvent être possibles. Tout dépend de l’implication américaine et européenne – l’Europe étant dans le champ d’action des missiles d’un Iran nucléaire. Avec une nouvelle administration en place aux Etats-Unis, tous nos précédents scénarios deviennent caduques. Beaucoup va dépendre du ton que prendra le nouveau Président Obama et sa vision de la menace.   

 


DRZZ : Et l’établissement d’un nouveau gouvernement israélien…

 


ROSS : 
 Oui et non. Le message du gouvernement israélien ne changera pas, quelle que soit la couleur politique qui domine.

 

Tzipi Livni, par exemple, qui a été officier du Mossad, a une excellente vision à moyen terme, y compris de ce qui se passe en coulisses.

 

Pour ma part, je pense que l’Iran veut devenir une puissance régionale à tout prix, et ne renoncera pas à l’arme atomique.

 


DRZZ : Nous nous dirigeons donc vers la guerre, quoi qu’on en dise. Est-ce que le Mossad peut ralentir le programme nucléaire iranien ?

 


ROSS :
Si vous regardez ce qui s’est passé en Syrie l’année passée, la chasse israélienne a mené une véritable opération chirurgicale contre un site nucléaire. Elle pourrait rééditer l’opération, bien que les centrales iraniennes soient plus dispersées.

 
Je ne veux pas dire si le Mossad peut ou ne peut pas agir, le plus important est d’estimer la réponse des mollahs. S’ils choisissent de riposter militairement, nous pourrions effectivement assister à une nouvelle guerre régionale.   

 


DRZZ : Je voudrais évoquer avec vous une situation qui a une importance particulière pour les amis d’Israël, celle de Guilad Shalit. Comme agent du renseignement, comment voyez-vous cette situation ?

 


ROSS :
La libération d’un otage a toujours figuré sur la liste des priorités de la communauté israélienne du renseignement, le Mossad en premier. Vous pouvez donc être certain que notre service travaille sans relâche afin que Guilad Shalit puisse rentrer dans sa famille.
 

 

Cela fait partie de nos valeurs. Nous n’abandonnons jamais l’un des nôtres en mains ennemies, même si cela comporte des risques. Il ne faut pas oublier qu’une opération de sauvetage est très délicate.

 

Mais, si le Mossad bénéficie des renseignements nécessaires et que s’ouvre une fenêtre d’opportunité, il agira.

  


DRZZ : Quelles sont, selon vous, les priorités du renseignement extérieur  pour les années à venir ?    
      

 

ROSS : Le Mossad, comme tout service secret, établit une liste de priorités sur les trois prochaines années. Il décide de concentrer ses moyens sur certains types de missions. Ce choix recèle une importance particulière pour une petite organisation comme la nôtre, qui a un large éventail d’environnements à couvrir. 

  L’Iran et son programme nucléaire figurent en tête de liste. Son acquisition, déploiement et utilisation d’armes interdites. Viennent ensuite les Etats satellites, comme la Syrie. Puis les groupes terroristes transnationaux, le Hezbollah en particulier.

  Il me vient une anecdote : lorsque j’étais officier de liaison avec la CIA et le FBI, mon travail de contre-terrorisme faisait pâle figure face à mes collègues qui prévenaient la prolifération d’armes interdites. Ces derniers affirmaient volontiers que « le terrorisme est une menace, mais pas une menace stratégique ».  Et j’avais pris l’habitude de leur répondre « le terrorisme peut poser une menace stratégique bien réelle. Tout dépend de la manière dont il est utilisé ».

  Mes mots trouvent aujourd’hui une nouvelle pertinence. Un groupe comme le Hezbollah et Al-Qaeda, s’ils acquièrent des armes non conventionnelles, peuvent devenir des dangers mortels. Et même sans cette technologie, un cerveau criminel est capable de mener des opérations spectaculaires. Regardez ce qu’ils ont fait le 11 septembre 2001 avec des cutters et quelques téléphones portables, tout cela pour un prix dérisoire.

  Le terrorisme, plus que jamais, peut mettre une nation à genoux.

 


DRZZ : Pourquoi avez-vous quitté le Mossad ?

 


ROSS :
J’étais à bout. Mais certains jours, je vous l’avoue, j’aimerais bien revenir.

 

La situation a changé de manière spectaculaire depuis le 11 septembre. Les figures fantomatiques que nous poursuivions étaient inconnues du public lorsque je servais sur le terrain. Durant nos briefings avant le 11 septembre, nous parlions de Ben Laden, Al-Qaeda, mais personne n’y prêtait vraiment attention au sein des services de sécurité.

 

Aujourd’hui, tout le monde en a entendu parler…

 

 

DRZZ : Finalement, quelles leçons de vie avez-vous apprises en servant comme espion pour l’Etat d’Israël ?

 


ROSS :
J’y ai gagné un autre regard sur le monde. J’avoue que je suis souvent ennuyé de voir combien de personnes se sont autoproclamées « experts »  en contre-terrorisme et contre-prolifération depuis le 11 septembre…  

 


DRZZ : … vous avez des noms… ?

 


ROSS :
…vous pouvez y inclure la grande majorité des instituts universitaires consacrés à ces sujets… Ils ont construit un « empire commercial ». Je suis très sceptique sur leurs vraies compétences en la matière.

 

Ils lisent des sources de seconde main, comme des livres de vulgarisation qui se révèlent être très souvent incorrects ou incomplets. Malgré tout, ces gens finissent dans les médias à colporter de fausses allégations. Il y a aussi un nombre incalculable de journalistes. Vous savez, les journalistes sont…

 


DRZZ : … des journalistes….

 


ROSS :
Exact. Les journalistes ne rapportent que les nouvelles que les agences de renseignement veulent bien leur donner. Et, bien sûr,  nous ne disons pas toujours la vérité. Un service secret ne livre que les informations qu’il veut voir publier…  

 


DRZZ : (rires)

 


ROSS :
… ainsi, ma vision du monde est très différente de celle des journalistes que je croise. L’année dernière, une université m’a invité à donner une conférence sur le contre-terrorisme, ici, à Vancouver. Le public comptait des Américains et différents spécialistes du sujet. J’ai parlé pendant trois heures, et cela m’a frappé de voir combien le public est mal informé. On m’a questionné sur certains faits que je pensais acquis de longue date.

  

A la fin, un professeur américain qui dirigeait un institut d’études de défense est venu me voir et m’a confié que le public avait beaucoup aimé mes « histoires du front ». C’était dit d’une manière très condescendante. J’ai réalisé alors que j’étais le seul, parmi les conférenciers, à parler de contre-terrorisme en tant qu’ancien expert de terrain. Les autres orateurs étaient vexés de me voir donner des références concrètes.

 

Je n’ai pas seulement connu des terroristes, je les ai combattus dans le monde réel. Eux, au contraire, évoquaient une réalité qui leur était totalement abstraite.

 

Je dirais donc que ma grande leçon, comme agent de renseignement israélien, a été de comprendre que beaucoup de gens parlent aujourd’hui de menaces dont ils n’ont pas saisi la vraie signification.

 


DRZZ : Je suis d’autant plus honoré que vous ayez accepté de nous parler. 

ROSS : Merci, vos questions sont vraiment très pertinentes.


 

DRZZ : Un grand merci à vous. Et je tiens absolument à ce que nous gardions contact.

 


ROSS :
  Avec plaisir. Je vous fais suivre des éléments de ma biographie par e-mail. 
   

 

 

 

 

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