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Publié par Dreuz Info le 21 avril 2009

CÉRÉMONIE | Tout en rappelant l’importance du devoir de mémoire, les intervenants ont tous fait part de leurs critiques vis-à-vis des propos du président iranien.

 

© photos laurent guiraud/20 avril 2009 | Place des Nations. La flamme de la mémoire a été allumée par des rescapés et des représentants des minorités victimes de la Shoah, devant près de 3000 personnes.

  

CHLOÉ DETHURENS | 21.04.2009 | 00:05

«Plus jamais ça!» La consternation et l’émotion étaient vives hier, lors de la commémoration annuelle de la Shoah, sur la place des Nations. En rappelant le devoir de mémoire lié au génocide des juifs, tous les intervenants et personnalités présentes ont vivement critiqué les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, tenus dans l’après-midi lors de la Conférence de Durban II.

Devant quelque 3000 personnes encadrées par un important et strict dispositif de sécurité (fouille obligatoire à l’entrée), responsables de la communauté juive de Genève et personnalités se sont succédé sur scène. Objectif: maintenir le souvenir du génocide parmi les jeunes générations, alors même qu’au fil des ans, les rescapés de la Shoah se font de plus en plus rares. «Dans quelques années, les négationnistes pourront crier à voix haute leurs mensonges, il n’y aura plus de survivants pour les faire taire», a déploré Joël Herzog, président du comité d’organisation de la cérémonie. «L’exemple scandaleux qui s’est produit à l’ONU aujourd’hui ne fait que renforcer la pertinence de notre rassemblement.»

Après les responsables de la communauté juive de Genève, l’écrivain Elie Wiesel, déporté à Auschwitz-Birkenau et à Buchenwald durant la guerre, a lui aussi fait part à l’assemblée de son indignation face aux propos «vulgaires» du président Ahmadinejad. En livrant le témoignage de sa déportation, le Prix Nobel de la paix a posé une question à l’assemblée, muette et pétrie d’émotion: «Si Auschwitz n’a pas guéri le monde de l’antisémitisme, qu’est-ce qui le guérira? Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour je serais ici et qu’en face, un chef d’Etat iranien dirait des choses si laides et insolentes en public, en étant fier… je ne l’aurais pas cru.»

L’écrivain n’a de loin pas été le seul interlocuteur de la soirée à faire le lien entre la Conférence de Durban II et cette cérémonie du souvenir. L’ancien ministre de la Justice canadien, Irwin Cotler, a vivement critiqué les propos tenus par le président iranien, regrettant que celui-ci ait bénéficié d’un podium pour exprimer ses idées à Genève. «Il n’aurait pas dû y être invité», a déclaré cet avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme. L’écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy est allé plus loin et a vivement critiqué l’attitude de la Suisse: «Cet accueil n’est pas digne de la démocratie de ce pays. Le président de la Confédération a entamé ce qu’il y a de plus beau dans la tradition de neutralité de la Suisse. Ceux qui sont rassemblés ici aujourd’hui vont donner une leçon d’antiracisme à un président psychopathe», dont les propos ont également été condamnés par la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad).

Autre invité de cette cérémonie, le président du Conseil d’Etat Laurent Moutinot. Pour le magistrat, «cette commémoration prend aujourd’hui une importance toute particulière. Il va de soi que les propos tenus doivent être qualifiés d’intolérables.»

Devant cette consternation générale, l’émotion de la cérémonie n’en a été que plus vive. Minute de silence, allumage de la flamme de la mémoire par des rescapés de la Shoah, hommages divers et chants traditionnels ont suivi la lecture des noms de victimes du génocide par des jeunes.

 




«Ahmadinejad agresse Israël pour exister»

Mohammed-Reza Djalili est le grand spécialiste de l’Iran à l’IHEID. Pour le professeur, le régime des mollahs est prêt à tout pour se poser en champion du monde arabo-musulman et en chef de file de la contestation internationale.
Pourquoi était-il si important pour Mahmoud Ahmadinejad de venir à Genève tenir ce discours haineux déjà bien connu?
Depuis son élection, le président iranien n’a jamais été invité dans un pays occidental. Il n’a pu se rendre qu’à des réunions internationales: une session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, une réunion de la FAO à Rome… et maintenant la Conférence sur le racisme à Genève. C’est pour lui une tribune exceptionnelle d’où lancer ses diatribes et alimenter son succès auprès de ceux – dans le monde arabe et ailleurs – qui pensent tout bas ce qu’il dit tout haut. Nombreux sont ceux qui voient en lui le champion de la cause palestinienne.
Mais pourquoi se sent-il investi de cette mission?
Certainement pas par amour des Palestiniens, qui ont soutenu Saddam Hussein durant la sanglante guerre Iran-Irak! Si l’Iran a développé une telle capacité de nuisance au Proche-Orient à travers le soutien au Hezbollah libanais et le Hamas dans le bande de Gaza, c’est essentiellement pour exister dans le monde arabo-musulman. La cause palestinienne y est très populaire. Agresser
Israël, même indirectement, même verbalement, c’est pour l’Iran se faire une place dans un conflit qui ne le concernait pas à l’origine.
A quoi sert-il d’être populaire dans le monde arabe?
Cela permet à ce régime, qui n’est ni arabe ni sunnite, de sortir de son isolement. Et surtout, d’utiliser son aura internationale pour asseoir sa légitimité à l’intérieur du pays. La même logique a dicté le rapprochement avec Chavez. Il s’agit de soigner son profil de contestataire et de révolutionnaire.
Concrètement, qu’est-ce que cela rapporte à l’Iran?
Aux Iraniens, rien du tout. Mais le gouvernement dispose d’un budget de propagande colossal pour imposer ces vues démagogiques. La priorité absolue des mollahs, c’est d’assurer la survie du régime. Et celle d’Ahmadinejad, c’est d’obtenir sa réélection en juin.
Comment la montée en puissance de l’Iran va-t-elle affecter les équilibres dans la région?
Difficile à prédire. On parle beaucoup de cette montée en puissance. Mais il s’agit surtout de la conjonction de trois facteurs: les erreurs des Etats-Unis en Irak (où l’Iran joue un rôle stabilisateur), la hausse du prix du pétrole et la popularité des discours d’Ahmadinejad. Tout cela reste assez fragile.
Du coup, Téhéran peut-il se permettre d’accepter l’offre de dialogue de Barack Obama?
Ce n’est certainement pas une bonne nouvelle pour les conservateurs iraniens. La question divise le régime.
Que pensez-vous des atermoiements suisses?
C’est difficile pour la Suisse, Etat hôte d’une conférence de l’ONU. Mme Calmy-Rey a tout de même marqué sa désapprobation. Personnellement, je ne suis pas très favorable aux boycotts. Il n’y avait aucun chef d’Etat pour contredire Ahmadinejad!

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