FLASH
[19/11/2018] Avec 53 sièges au sénat, Trump remporte une victoire éclatante aux élections de mi-mandat  |  Tsahal a arrêté hier soir dans la ville juive illégalement occupée par des colons arabes d’Hébron 22 musulmans palestiniens soupçonnés d’avoir participé à des activités terroristes  |  [18/11/2018] Pour 62% des Français, le pouvoir d’achat est plus important que la transition énergétique  |  Arles (13) : 3 infirmiers insultés, agressés et menacés de mort, une urgentiste traitée de « sale pute française »  |  Gilet jaune, la goutte d’essence qui a fait déborder le vase pour rien : 1 mort, 409 blessés, 282 interpellations et 157 gardes à vue  |  « Si vous ne votez pas Macron au 2e tour, vous êtes un facho ». Macron chute de popularité à 25%, vous avez voté Macron, donc vous êtes un nigaud  |  [17/11/2018] Arnaud Chavez, meneur des gilets jaunes pour Mézières, a été photographié faisant une quenelle nazie devant une stèle en hommage des victimes juives du nazisme  |  Les deux individus incarcérés suite à la violente agression du policier de la Bac Toulon, le 2 novembre dernier à Hyères, ont été remis en liberté en toute discrétion par la justice  |  [16/11/2018] Nikki Haley : Les Etats-Unis s’opposent à l’appel de l’Assemblée générale des Nations unies pour qu’Israël rende le plateau du Golan à la Syrie  |  [15/11/2018] Voici un aperçu de la prudence avec laquelle #Israël évite les pertes civiles à #Gaza: L’armée israélienne a appelé un type et a passé 45 minutes au téléphone avec lui pour qu’il évacue sa maison, avant de bombarder le bâtiment des médias du #Hamas situé à côté  |  Le sebateur Lindsey Graham a déclaré qu’il enquêterait davantage sur la controverse entourant les e-mails d’Hillary Clinton s’il devenait président du Comité judiciaire l’an prochain  |  Un « militaire » se filme et déclare qu’il est « obligé de travailler avec les porcs » en désignant les gendarmes  |  [14/11/2018] Effet trump : L’optimisme économique des petites entreprises se maintient au niveau le plus élevé depuis 45 ans  |  Floride, corruption Démocrate exposée : Les procureurs fédéraux découvrent des documents électoraux modifiés dans le comté de Broward liés aux Démocrates  |  Les Etats-Unis offrent une récompense de 5 millions de dollars pour la capture du dirigeant du Hamas Saleh Al-Arouri  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Dreuz Info le 19 juin 2009

Par Michel Gurfinkiel


L’Iran contemporain repose, comme la plupart des régimes totalitaires, sur un dédoublement systématique des pouvoirs.

Dans les régimes totalitaires marxistes (Russie, Europe de l’Est, Chine, Corée du Nord, Vietnam, Cambodge, Cuba), l’Etat, appareil administratif, était ou est toujours subordonné au parti communiste, instrument de la Révolution, autorisé à agir au-dessus des lois. Le chef de l’Etat n’exerçait ou n’exerce qu’une autorité de façade. Le chef du parti (Lénine, Staline, Khroutchev ou Brejnev en Russie, Mao et Deng en Chine, Kim père et fils en Corée du Nord) était ou est le véritable maître.

Dans les régimes totalitaires fascistes (Italie mussolinienne, Allemagne hitlérienne), l’Etat était subordonné au parti unique, instrument de la communauté nationale ou raciale (nation, Volk), placé par nature au-dessus des lois. Le chef de l’Etat (le roi en Italie, le président du Reich en Allemagne jusqu’en 1934) n’exerçait qu’une autorité symbolique. Le chef du parti (le Duce en Italie, le Führer en Allemagne) était le véritable maître. Quand le chef du parti devenait chef de l’Etat (Hitler dès 1934 en Allemagne, Mussolini en Italie du Nord à partir de 1943), il restait avant tout chef du parti.

Il en va de même dans l’Iran actuel. D’un côté, il y a un pouvoir d’Etat, la République islamique, avec son président élu, son parlement élu, ses pouvoirs locaux élus. De l’autre un pouvoir religieux, le Guide spirituel (Rahbar en persan). Le pouvoir d’Etat est agencé comme une démocratie, où plusieurs personnalités ou partis entrent en concurrence lors de chaque élection. Le pouvoir religieux est une monarchie : le Guide spirituel occupe ses fonctions à vie. Le pouvoir d’Etat est subordonné au pouvoir religieux, en vertu de l’article 110 de la constitution, qui permet à celui-ci de « contrôler » toutes les décisions et activités de celui-là.

Ce dédoublement systématique des pouvoirs semble avoir résulté, dans un premier temps, de considérations purement pragmatiques : les régimes totalitaires ont été créés par des « minorités agissantes », à la suite de coups d’Etat ; pour conserver le pouvoir, les nouveaux maîtres devaient s’allier à une partie au moins des élites en place. D’où une sorte de « Yalta », de partage des compétences : le pouvoir administratif, quotidien (avec les nombreux privilèges qu’il implique), aux élites traditionnelles ralliées au nouveau régime ; le pouvoir suprême (avec d’autres privilèges et la perspective, à terme, d’éliminer les élites traditionnelles) aux révolutionnaires.

Dans un deuxième temps, le dédoublement est devenu, en soi, un moyen d’anéantir les oppositions à l’intérieur, et de désarmer les hostilités à l’extérieur. Il crée en effet ce que l’écrivain George Orwell a qualifié de « novlangue » et le philosophe Alain Besançon de « sidération » : une confusion et une perversion systématiques des concepts et des discours.

Dans un troisième temps, tous les régimes totalitaires modernes se réclament, d’une façon ou d’une autre, d’une « révolte » du « peuple ». Ils doivent donc passer symboliquement par une investiture à caractère démocratique, quitte à l’oublier ensuite.

Quatrièmement, dans le cas spécifique de l’Iran, la révolution a été menée au nom du chiisme duodécimain, un ultra-légitimisme politico-religieux centré sur la descendance d’Ali, gendre du Prophète, et qui, comme tous les légitimismes, a fini par tourner à la contestation de tous les pouvoirs établis, y compris des monarchies qui se sont réclamées de lui. L’idée d’une « République islamique », c’est à dire d’une hybridation de cet antimonarchisme chiite traditionnel et des idées démocratiques ou libérales occidentales, a fait partie de l’idéologie chiite iranienne depuis la fin du XIXe siècle. Khomeini, en organisant la lutte contre la dynastie Palahvi à partir des années 1960, ne pouvait l’ignorer ou en disposer. Il a tourné la difficulté avec ce qui reste son principal apport doctrinal : la théorie du « gouvernement de l’expert religieux » (Vilayet e-faqih en persan), qui n’est que l’adaptation au chiisme  du dédoublement des pouvoirs pratiqué par les régimes marxistes ou fascistes. Selon cette théorie, la démocratie est le régime islamique idéal – à condition d’être supervisée par un dictateur religieux.

En termes concrets, l’Iran a été dirigé, depuis 1979, par deux tyrans : Ruhollah Khomeini, fondateur du régime, qui a régné pendant dix ans, jusqu’à son trépas en 1989 ; et le successeur désigné et investi par Khomeini lui-même, l’ayatollah Ali Khamenei, en place depuis vingt ans. Les présidents élus n’ont été que des exécutants aux compétences plus ou moins étendues, recrutés dans l’entourage immédiat du Guide : Abolhassan Bani-Sadr, le premier président, « fils adoptif » de Khomeini, élu en 1980, destitué et contraint à l’exil dès 1981 ; Mohamed Ali Rajai, apparatchik assassiné en 1981 un mois seulement après son élection ;  l’ayatollah Khamenei, qui affiche pendant ses deux mandats, de 1981 à 1989, une servilité absolue envers Khomeini ; Ali-Akbar Hashemi-Rafsanjani, chef de l’Etat de 1989 à 1997, qui croit, ayant été le plus proche collaborateur du Guide défunt, pouvoir faire jeu égal avec Khameini, mais que celui-ci, fort de sa nouvelle autorité, va peu à peu mettre au pas ; Mohamed Khatami, ministre de la Culture et de l’Orientation islamique – c’est à dire responsable de l’idéologie – sous Khomeini et au début de l’ère Khamenei, qui fait office de président « d’ouverture » de 1997 à 2005 ; et enfin Mahmoud Ahmadinejad, ancien commissaire politique des milices du régime (Pasdaran et Basij), et donc, à ce titre, créature de Khamenei, commandant suprême de toutes les forces militaires ou « de sécurité ».

Les candidats malheureux à la présidence présentent exactement le même profil. Mir Hossein Moussavi, le candidat soi disant « libéral » de 2009, a été le premier ministre de la République islamique de 1981 à 1989, sous l’autorité directe de Khomeini et alors que Khamenei était président. Il a siégé depuis dans tous les aréopages du régime. Y compris le Conseil d’Evaluation, un organisme inféodé au Guide dont la fonction principale est… de sélectionner les candidats aux diverses élections.

Pourquoi Moussavi a-t-il fait campagne contre Ahmadinejad ? De nombreux analystes pensent que Khamenei et ses conseillers voulaient contrecarrer l’ « effet Obama » : la montée, au sien de l’opinion iranienne, d’un mouvement tirant prétexte du « pro-islamisme » du nouveau président américain afin de préconiser une réconciliation avec les Etats-Unis et l’Occident. A cette fin, une stratégie en deux temps a été élaborée : autoriser Moussavi à incarner une ligne libérale ; puis le faire battre par Ahmadinejad.

Mais apparemement, le vote « ahmadinejadiste » a été trop faible, même dans un contexte de fraudes et de manipulations. D’où les émeutes actuelles.

© Michel Gurfinkiel & Hamodia, 2009

Loading...
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz