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Publié par Dreuz Info le 28 juin 2009

Dans l’édition  d’ Al-Ahram Hebdo, du 24 juin 2009, un  Hebdomadaire égyptien en ligne (en langue française)  nous pouvons lire ce témoignage surprenant  du Secrétaire général de l’Union des écrivains arabes Mohamed Salmawy, qui après avoir rencontré son ami (un poète palestinien), il semble vouloir  encourager la traduction des livres israéliens en langue arabe : jolie idée !!!  Mais pour quelle cause ???  A lire avec attention ce témoignage.

 

 

« Le poète palestinien Al-Motawakkel Taha, président de l’Union des écrivains de la Palestine, m’a dit qu’en Israël, il y avait 1 800 centres de recherches. Il m’a également affirmé que tout ce qui se passait dans les pays arabes y était recensé et que toutes les publications étaient traduites. Selon Al-Motawakkel, certains de ces centres spécialisés dans les affaires de pays arabes suivent de près tous les événements qui s’y déroulent aux niveaux politiques, économiques et culturels.

Pourtant, ce qui m’a le plus attristé, c’est le fait de m’informer que tout nouveau livre arabe en vente était disponible à l’Université hébraïque de Jérusalem. A l’instar du reste des Palestiniens, il ne lui est pas permis d’entrer à Jérusalem, mais sa femme, elle, en a le droit parce qu’elle est originaire de la Ville-Sainte. Ainsi, à chaque fois qu’elle se rend à sa ville natale, il lui donne d’habitude le nom des livres arabes qu’il désire acquérir.




Nous avons eu cette discussion à la suite du tollé suscité de manière artificielle par la presse égyptienne sur la traduction en Egypte de certains livres israéliens. Surtout que de nombreuses voix se sont élevées se demandant si cette action ne relevait plutôt de la normalisation ? En réaction à ce sujet, Al-Motawakkel affirme : « Je n’arrive pas à croire qu’Israël possède ce nombre considérable de centres de recherches, qui ne se limitent pas uniquement à la traduction de toutes nos publications, mais également à en obtenir les versions originales ». Et ce, au moment où la majeure préoccupation de l’Egypte et de sa presse tourne autour du débat sur la traduction de juste deux livres de la littérature hébraïque.



Je lui ai dit, à mon tour, que le régime du président Gamal Abdel-Nasser a été le premier à initier le projet « Connaître notre ennemi » qui a traduit de l’hébreu les plus importants livres publiés en Israël. A cette époque, le Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) de la fondation Al-Ahram a vu le jour, ainsi qu’une unité d’études palestiniennes et hébraïques, en son sein, présidée par le gendre du président Hatem Sadek. Cette unité avait publié ses meilleures études sur la situation du peuple palestinien à l’intérieur d’Israël. Une unité qui était une porte d’accès importante pour ceux voulant avoir une vue d’ensemble sur ce qui se déroulait en Israël de manière scientifique.



Un jeune journaliste est venu me demander si la traduction des livres israéliens qui a été annoncée par le Centre national de traduction relève de la normalisation. J’ai répondu que nous, à l’Union des écrivains d’Egypte, notre position vis-à-vis de la normalisation est inébranlable et ne prête pas à équivoque. Nous avons été parmi les premiers syndicats à afficher notre refus de la normalisation sous toutes ses formes. D’ailleurs, tous ses membres, sans exception, s’engagent à boycotter l’Etat sioniste. Et j’ai ajouté à l’adresse du jeune journaliste que ce qu’il me demandait n’a rien à voir avec la normalisation.

Il m’a demandé :



— Alors comment appelez-vous ce qui se passe ?




— C’est un devoir national qui nous est imposé par les circonstances historiques que nous vivons actuellement. D’autant que nous affrontons un ennemi, non seulement armé de bombes nucléaires et d’armes prohibées internationalement, mais également d’informations délicates sur tous les aspects et détails de notre vie. Un ennemi qui a su instrumentaliser cette arme dans sa guerre contre nous, alors que nous n’en détenons pas une similaire.



— Mais vous savez que le ministre de la Culture est candidat à l’Unesco et qu’il veut ainsi flirter avec Israël.



— Vous exprimez ainsi la position de votre journal vis-à-vis du ministre de la Culture. Une position ne reflétant en rien la réalité. Vraisemblablement, le Centre national de traduction ne suit pas la même voie que votre journal ?

Le jeune, étonné, demanda alors :



— Et comment cela ?



— Ne relatez-vous pas dans le journal ce qui se passe en Israël ? Ne traduisez-vous pas ce qui est publié dans la presse israélienne ? Ne voyons-nous pas souvent des phrases disant que que le journal Maariv ou Haaretz ont dit telle ou telle chose ?


— Mais nous n’avons pas de contact avec ces journaux, et ces informations nous sont transmises par les agences de presse internationales.


— Le directeur du Centre national de traduction a annoncé qu’il n’aura aucune relation avec n’importe quelle partie israélienne et qu’il œuvrera avec les éditeurs internationaux, à l’instar des journaux égyptiens qui maintiennent le contact à travers les agences de presse. Il obtiendra d’eux le droit de traduction vers l’arabe, comme vous obtenez le droit de publier les dépêches d’informations émanant d’Israël et des agences de presse. Si les choses sont ainsi, comment considérez-vous une normalisation ce que prévoit le Centre national de traduction et une non-normalisation dans le cas des agences de presse ?




En réalité, nous avons grand besoin d’étudier notre ennemi et de savoir tout ce qui se rapporte à lui. Dans notre monde contemporain, la première arme est le savoir et non pas l’argent et les armes. La partie qui parvient à réaliser ses objectifs dans n’importe quel conflit politique ou civilisationnel est celle qui détient le savoir qui repose sur l’information exacte et non pas celle reposant sur les slogans creux qui sont matière à sensation pour les journaux, et qui ne peuvent jamais apporter de victoire sur le terrain de la réalité. »

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Remarque : Pour savoir plus sur  l’Egyptien Mohamed Salmawy , rédacteur en chef de l’édition internationale en français du journal égyptien Al Ahram, voir ce lien : http://www.republique-des-lettres.fr/973-mohamed-salmawy.php

 

 

 

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