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Publié par Philippe Chansay Wilmotte le 5 août 2009

L’on fustige volontiers les attitudes des acteurs politiques, leur reprochant telle ou telle compromission, avérée ou fantasmée. C’est si facile ! Et c’est souvent injuste. Le propos n’est pas de dresser un tableau idyllique du microcosme, pour reprendre le terme de Raymond BARRE, mais s’il y a un élu, c’est parce qu’il y a eu un électeur. Il incombe à ce dernier d’assumer la légèreté de son vote s’il s’est borné à choisir le plus souriant, le plus démagogique ou le plus retors.

La ritournelle des lamentations, d’élection en élection, est vaine. Elle donne lieu à son corollaire, la ritournelle des promesses électorales, et nul n’ignore ce qu’elles valent. Les activistes musulmans n’occupent le terrain que parce qu’on leur a laissé le champ libre, mais ils peuvent aisément être contrecarrés. Ceux qui réclament le respect des principes qui fondent la démocratie, restent passifs parce qu’ils croient généralement que leurs mandataires agiront comme ils l’imaginent, et c’est un tort.

Tétanisés à l’idée de devoir dire simplement non, et de déplaire, bon nombre d’élus se comportent comme des dhimmis ; c-à-d. qu’ils cèdent aux revendications d’activistes radicaux. Les uns tolèrent que des piscines publiques soient réservées certains jours aux musulmans au mépris de l’égalité entre les citoyens ; les autres concèdent d’autres avantages indus qualifiés, pour la cause, d’accommodements raisonnables.

L’on comprend mal ce comportement lorsque l’on se situe dans la perspective morale, philosophique ou religieuse, et que l’on escompte l’application d’un programme annoncé en campagne électorale, mais l’erreur du citoyen est d’y croire. Ce qui détermine l’élu lambda, c’est sa prochaine élection, pas celle qu’il a déjà remportée, et il est donc amené à satisfaire les plus vindicatifs dès lors que ceux-ci sont susceptibles d’être des courroies de transmission vers de nouveaux électeurs.

Cela ne vaut que s’il pense que ceux qui l’avaient élu auparavant lui resteront acquis quoi qu’il fasse ; cependant, c’est souvent le cas. C’est effectivement une carence de l’électorat : son caractère moutonnier. Les lamentations passées, l’électeur lambda votera à nouveau pour le même. Les scrutins le démontrent avec constance : les changements de majorités résultent de flux marginaux de voix de sorte que lors de la distribution des prix de cette loterie où le microcosme gagne toujours, les uns crient victoire tandis que les autres déclarent n’avoir pas vraiment perdu. C’est un cirque où les pitres se complaisent dans leur rôle tandis que les spectateurs en croient de moins en moins leurs yeux. La législation incline à l’inertie de l’électeur, lequel est incité à émettre un chèque en blanc jusqu’à l’échéance suivante.

Mais un citoyen qui agit, c’est le grain de sable qui peut enrayer le système à condition d’en connaître les rouages, à défaut de les maîtriser. L’affaire des caricatures en est un double exemple : ce sont des citoyens, via le JYLLANDS-POSTEN en l’occurrence, qui, en les publiant, ont réagi à l’assassinat de Théo VAN GOGH par un activiste musulman, et qui ont forcé les démocraties à réagir, et ce sont aussi des citoyens qui ont provoqué la mobilisation du monde musulman. Certes, il est douteux que tout s’explique par une double action citoyenne, mais néanmoins, cette dimension a largement empreint toute cette crise. Grâce à elle, l’opinion publique occidentale a pris conscience du fait que les communautés musulmanes, capables de se mobiliser contre des caricatures, s’abstiennent de telles protestations contre l’invocation de l’islam pour légitimer la violence ; ce qui est lourd de signification.

Lorsque l’élu lambda sent que des électeurs pourraient ne plus lui être acquis, il ne lâche pas la proie pour l’ombre, et les satisfait, eux, plutôt que de s’aventurer à répondre à des sollicitations extérieures. Il appartient donc au citoyen, y compris individuellement, d’exprimer ses exigences, pas seulement lors du vote, mais, comme ces activistes, durant tout le mandat. Un citoyen qui écrit au mandataire public, cela signifie, pour ce dernier, qu’il existe une protestation et qu’elle est probablement partagée par d’autres. Un citoyen qui ouvre un blog, qui organise une manifestation ou qui lance une initiative publique, fédère d’autres électeurs potentiels autour de lui. Et il n’y a pas lieu de désespérer du microcosme : l’on y trouve aussi des élus efficaces, capables de ne pas s’aligner aveuglément sur la discipline de parti, déterminés à faire respecter les valeurs qui fondent la démocratie, et pouvant devenir de précieux interlocuteurs.

A Oslo, début 2009, des citoyens attachés aux valeurs démocratiques ont lancé un appel contre le projet d’autoriser le port du hijab par les policières musulmanes. Ils ont rapidement réussi à créer un malaise au sein du gouvernement norvégien qui a estimé opportun de mettre fin aussitôt à cette concession inouïe aux activistes musulmans. Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres initiatives citoyennes ayant abouti à un résultat.

Les démocraties occidentales sont fondées sur un contrat social qui établit des valeurs non négociables : au nombre de celles-ci, il y a la liberté d’expression, l’égalité entre les citoyens, hommes ou femmes, et la protection des droits des enfants, en particulier à l’égard de la pédophilie, fusse sous prétexte de mariage. Les accommodements prétendument raisonnables ne le sont pas, et l’heure est venue de marquer le tempo par l’action citoyenne afin que le microcosme s’en tienne à la Loi.

Me Philippe CHANSAY-WILMOTTE, Avocat.
Août 2009

 

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