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Publié par Dreuz Info le 26 octobre 2009

 

 

C’est une idée simple, réalisable et surtout efficace!

 

Demandons et agissons afin que dans chaque ville où existe une ambassade ou un consulat d’Iran, la rue qui les héberge soit renommée rue Neda Agha-Sultan, en mémoire de la jeune femme assassinée par les pasdarans islamistes et en soutien à l’opposition iranienne en juin dernier

 

A Paris l’ambassade serait donc située 9 avenue Neda Agha-Sultan!

 

C’est Emmanuele Ottolenghi, un chercheur Italien qui en a eu l’idée et l’explique dans une tribune du Wall Street Journal traduite ci-dessous.

 

Renommez les rues pour Neda!


Dites aux dissidents Iraniens qu’ils ne sont pas seuls et oubliés.

  

« Un après-midi pluvieux à Bruxelles, la Place du Luxembourg en face du Parlement européen est vide, sauf un petit groupe de militants iraniens scandant des slogans contre la République islamique. 

 

Au dessus d’eux, sur l’un des édifices du Parlement, deux affiches géantes portent le visage de  la plus célèbre dissidente de Birmanie, Aung Sang Suu Kyi, et exigent sa libération immédiate.  Le contraste ne pourrait pas être plus évident.

 

La politique de l’Europe envers la Birmanie reste sans effet et la junte militaire semble imperméable aux sanctions autant qu’à sa mise au ban de l’opinion.

 

Pourtant l’affichage maintenu de l’héroïsme solitaire d’une femme est un acte significatif de défi envers la junte, et montre qu’il est possible à nos sociétés libres de conserver une clarté morale   même si nos politiques ont eu peu de conséquence immédiate pour la population appauvrie et brutalisées de Birmanie.

 

Mais quand il s’agit de l’Iran, l’Europe n’en est même pas encore à déployer de tels gestes simples et symboliques. 

 

Après le trucage des élections par la République islamique  et la répression des manifestations qui ont suivi cet été, un ordre apparent semble revenu dans les rues de Téhéran. Mais les braises de la révolte brûlent encore.

 

Il est temps pour les institutions démocratiques de l’Europe et la société civile d’envoyer un message fort. 

 

Ainsi le Parlement Européen pourrait facilement ajouter à côté des portraits de la dissidente birmane une photo de Neda Agha-Sultan, la jeune femme iranienne qui a été assassinée d’une balle dans la poitrine par un tueur à la solde du gouvernement alors qu’elle manifestait  pacifiquement contre le simulacre d’élections. 

 

Sa mort est devenue un symbole de la lutte pour la liberté et contre la tyrannie en Iran. Honorer son sacrifice grandirait le Parlement et, plus important encore, rappellerait aux passants ce qui se joue là-bas.

Le Parlement va-t-il adopter cette idée?  En privé certains  de ses membres se désespèrent « du manque de courage dans cette maison», même pour un  défi aussi simple. 

 

 

Espérons qu’ils ont tort, mais  jusqu’à présent, les nations éprises de Liberté et de leurs gouvernements semblent avoir abandonné ceux en Iran pour qui le mot «changement»  est plus qu’un slogan électoral vide.

 

Alors que de nombreux dirigeants européens se sont exprimés honorablement contre la répression à Téhéran et la mascarade électorale cet été la politique de l’Europe pourtant, n’a jamais été ouvertement en faveur d’un changement de régime.

 

Cette expression même est rejetée par de nombreux politiques et décideurs européens compte tenu de son association avec l’ancien président George W. Bush

Au contraire, les Européens ont toujours souligné que leur objectif en Iran était d’obtenir un changement de comportement, plutôt que de saper le régime et de souhaiter son renversement. 

 

Ainsi les ambassadeurs de l’Union Européenne en poste à Téhéran n’ont pas été rappelé lorsque des travailleurs de l’ambassade britannique ont été arrêtés. 

 

Le gouvernement suédois, titulaire actuel de la présidence de l’UE, a insisté pour que son ambassadeur assiste à la cérémonie d’investiture de Mahmoud Ahmadinejad  en août, et plus tard  il a ordonné son représentant à l’O.N.U.de ne pas sortir de l’assemblée pendant le discours négationniste d’Ahmadinejad en Septembre.

 

Quant à l’Amérique, sa décision de rouvrir les contacts diplomatiques avec la mollahcratie se réalise au prix de l’abandon de l’opposition démocratique Iranienne, comme l’indique la récente décision de couper l’aide fédérale au Iran Human Rights Documentation Centre.

Il semble donc que pendant que nos gouvernements cherchent à résoudre l’impasse nucléaire avec l’Iran, il y ait peu à attendre pour la promotion de la démocratie et dénonciation des violations des droits de l’Homme.

 

Mais la société civile pourrait agir pour garantir que, même alors que nos gouvernements négocient avec les hommes de main d’Ahmadinejad, les démocrates Iraniens ne soient pas totalement oubliés en Occident. Ce qui nous ramène à  Neda Agha-Sultan.

Sans qu’il soit nécessaire d’attendre des décisions parlementaires, les autorités locales pourraient décider de renommer les rues en mémoire de Neda Agha-Sultan.

 

Les dirigeants des capitales de l’Europe pourraient en spécifiquement rebaptiser les rues où se trouvent les ambassades iraniennes.

Parfois cela peut sembler peu pratique, ainsi  l’ambassade d’Iran à Rome est sur l’ancienne (et très longue) Via Nomentana. A Bruxelles, l’ambassade est sur l’avenue Franklin Roosevelt. A Londres, elle se situe sur Prince’s Gate.

 

Néanmoins, renommer l’adresse de l’ambassade peut se faire sans changer totalement  les noms de lieux historiques.


Sous la présidence de Ronald Reagan, les Etats-Unis ont fait exactement cela dans les années 1980:

L’ambassade soviétique à Washington DC était située sur la très longue 16e avenue, mais les législateurs ont changé le nom du seul pâté de maison de l’ambassade en le nomment « Sakharov Plaza ».

 

Chaque fois qu’ils allaient chercher leur courrier à l’ambassade, les Soviétiques savaient que le célèbre dissident n’avait pas été oublié.

 

Les capitales européennes pourrait de la même façon faire en sorte que les ambassades de la République islamique aient une nouvelle adresse:  » Rue Neda Agha-Sultan, martyr iranien pour la Liberté. »

 

Et si les capitales n’osent pas,  alors des  plus petites villes à travers l’Europe pourraient faire ce geste, d’Inverness en Ecosse à Syracuse en Sicile, de Tromso en Norvège à Cadix en Espagne et dans toutes les agglomérations où la mémoire d’une vie écourtée par la tyrannie compte plus que les hésitations diplomatiques et la raison d’État.

Parfois l’initiative d’un conseiller municipal solitaire peut faire la différence.

 

Renommer des rues n’amène pas de révolutions. Et cela ne permettra pas l’avènement de la la démocratie en Iran du jour au lendemain.

 

 

Mais ce serait un symbole fort pour ceux qui là-bas, ont sûrement le sentiment que depuis les semaines incroyables de Juin, le monde a tourné la page.

Qu’un millier de rues porte le nom de Neda, et nous montrerons aux aux Iraniens qu’ils ne sont pas seuls face à leurs oppresseurs. « 

 

M. Ottolenghi est le directeur de l’Institut Transatlantique et l’auteur, plus récemment, de « Under a Mushroom Cloud: Europe, Iran and the Bomb » (Profile Books, 2009).

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