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Publié par Dreuz Info le 9 janvier 2010

Un extrait d’un  article d’Israël Magazine, dans son numéro 102 (janvier 2010), revient cette semaine sur une page peu connue de l’histoire tunisienne contemporaine à savoir la situation des juifs tunisiens dans la tourmente des événements de Bizerte (nord de Tunisie) au début des années soixante du siècle passé.

La nuit de ce samedi soir de septembre 1961 ne s’effacera jamais du cœur de Maurice Matok qui a témoigné comment le service secret  israélien a sauvé les membres de la communauté juive de cette ville tunisienne .Ce fut la nuit de l’exode, « de l’obscurité vers la lumière » exactement comme la sortie des Hébreux d’Egypte. Sortie pour être plus exact, de la terreur, de Bizerte, ville portuaire tunisienne en guerre, partagée entre Français et Tunisiens qui se battent entre eux. Et au milieu, quelques centaines de Juifs menacés, qui entendent leurs voisins arabes dire : « Attendez, dès que les Français seront partis, on s’occupera de vous ».


Avec le départ des Français, et l’Indépendance de la Tunisie en1956, seule la grande base navale de Bizerte était restée entre leurs mains. A coté, il y avait une base anti-nucléaire. En 1961, les Tunisiens avaient exigé l’évacuation des Français de Bizerte, l’été de cette même année vit le début des combats en ville entre Français et Tunisiens. Il y a eut des centaines de morts.

 

Les Tunisiens échouèrent dans leur tentative de conquérir le port de Bizerte et les parachutistes français reprirent même la nouvelle ville. Les quelques 1.200 Juifs de Bizerte se trouvaient dans une situation difficile car les Tunisiens les accusaient mensongèrement d’avoir coopéré avec les Français. Au début de septembre 1961, la situation empirait. Le départ des Français n’était qu’une question de temps et les Indigènes menaçaient de se venger sur les Juifs tout de suite après le départ des français. Avant même leur départ, quelques Juifs furent arrêtes et accusés d’espionnage et de menées subversives.

Haïm Yaïche, peintre en bâtiment à la retraite, à Ashdod, se souvient : « Le samedi matin, on nous a dit : « Soyez prêts, préparez vos valises, le soir nous viendrons vous chercher. A plusieurs reprises, nous fumes sur le point de partir, mais il y avait de la confusion et tout est tombé à l’eau. Mais le samedi soir, on a réquisitionné toutes les voitures appartenant à des Juifs et on nous a ramassés chez nous. Dans nos valises, on n’avait que le strict nécessaire. J’ai verrouillé la maison et j’ai pris les clés. A qui l’aurais-je confiée ? »

 

Quelques mois après  ces événements, il  n’y avait plus aucun juif à Bizerte. La communauté de cette ville, forte dans les années 50 de quelques milliers de personnes, s’était fortement réduite notamment à la suite de la guerre de Bizerte, et les quelques personnes qui étaient restées avaient fini par partir ou étaient décédées. La synagogue de la ville fut convertie en bibliothèque municipale, et le cimetière fut saccagé pour des raisons non élucidées : vandalisme, vol de marbres, raisons politiques ?


Apres le départ des français,  les Juifs  de Bizerte partirent en masse, les uns à Paris, les autres en Israël comme  Maurice Matok ou Haïm Yaïche .C’est à la suite de  ce conflit avec la France en 1962 sur la base de Bizerte que les juifs  ont étaient désigné comme bouc émissaire. Et entre temps, de 1956 à 1962 ils  ont  vécus dans un climat de peur  jusqu’en 1967  ou  la violence antijuive s’accentua avec des miliciens qui se vengèrent  directement sur les synagogues et les magasins juifs. Grâce  à l’action de sauvetage menée sous  la protection du Mossad des centaines de Tunes ont pu fuir les persécutions systématiques menés contre eux à Bizerte.


Organisés localement avec l’encouragement du gouvernement et de la police, les auteurs de pogroms violaient et tuaient leurs victimes juives et pillaient leurs biens. En septembre 1961, c’est un véritable pogrom qu’ont connu les juifs en Tunisie pendant la crise de Bizerte. Des centaines de familles juives ont dû quitter leurs biens, leurs terres, leurs racines. Arrivé en France en 1961 les juifs de Bizerte  tentèrent d’échapper aux pogroms laissant tout  derrière eux.

Ceux qui sont restés dans le pays après 1962 peuvent  raconter par où ils sont passés. La tension en Tunisie  montait chaque jour à l´égard des juifs à partir de 1967. Menacé, spolié,  intimidé, volé et humilier, la communauté juive a finalement  décidé de partir “une main devant une main derrière”.

 

Ftouh Souhail

 

 

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