FLASH
[16/08/2018] 1 terroriste du FPLP d’un camp de réfugiés palestiniens du sud Liban a été arrêté alors qu’il entrait en Israël avec un passeport belge  |  Tsahal a arrêté 8 terroristes musulmans pendant la nuit en Judée et en Samarie, dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme  |  Le 8 août, la police israélienne a arrêté dans la capitale Jérusalem 1 terroriste musulman qui préparait 1 attaque à l’arme blanche afin d’assassiner des Juifs  |  La presse anti-Trump dit que le président est un suprémaciste blanc responsable de la montée des nazis. Mais seulement 20 ou 30 nazis etaient à la marche le week-end dernier! Donc Trump a lamentablement échoué!  |  Attentat-suicide à la bombe à Kaboul: 48 morts dans 1 centre éducatif: imaginez le carnage si l’islam n’était pas une religion de paix !  |  Allemagne : une jeune femme violée dans la rue par deux demandeurs d’asile somaliens, mais ce qui est illégal, c’est de crtiquer cette immigration là  |  Vous avez le droit de rire: Une centaine de journaux dénoncent les «attaques» de Trump contre la liberté de la presse. Ah bon? Ils ont la liberté de dénoncer leur manque de liberté ? Pas étonnant que 74% n’ont plus confiance dans ces clowns  |  Près de 4 millions de nouveaux emplois. La croissance la plus rapide en 15 ans. Indépendance énergétique: les journalistes ont de vraies bonnes raisons de haïr Trump  |  [14/08/2018] Est-ce vraiment ça, la mission de service public de France Info: parler de tous les livres anti-Trump qui paraissent, et silence total sur les livres pro-Trump ?  |  [13/08/2018] Migrants délinquants : le port de Sète veut bien accueillir l’Aquarius, qui est de nouveau à la recherche d’un port d’accueil pour débarquer des illégaux  |  La branche d’Al-Qaeda à Gaza a publié une vidéo de ses attaques à la roquette sur les communautés civiles israéliennes au cours de la dernière semaine  |  Mons-en-Baroeul (France): une voiture a terminé sa course dans le hall d’une mosquée. Accident ou intention, le mobile n’est pas encore clair  |  La monnaie turque plonge, Trump a réussi en 1 mois ce que l’Europe n’arrive pas à faire depuis 10 ans  |  Israël a confisqué des dizaines de milliers de ballons qui étaient destinés à Gaza par crainte qu’ils soient utilisés comme bombes incendiaires  |  [11/08/2018] Des drones israéliens ont ciblé des terroristes musulmans qui lançaient des bombes incendiaires depuis le nord de Gaza. Plusieurs incendies ont éclaté aujourd’hui dans des villes israéliennes près de la frontière  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Pierre Lurçat le 23 janvier 2010

 Article de Itshak Lurçat

Dans un merveilleux petit livre paru en 1982, Zakhor, histoire juive et mémoire juive, l’historien Yosef Hayim Yéroushalmi, récemment disparu, s’interrogeait sur ce paradoxe : alors que les Juifs sont souvent qualifiés de « peuple de la mémoire » et que le récit biblique lui-même se présente comme la relation de faits historiques, l’historiographie juive – en tant que discipline scientifique – est une création récente, qui remonte tout au plus au dix-neuvième siècle, et qui est liée au mouvement dit de la « Science du judaïsme » (Wissenschaft des Judentums). Pour que l’histoire juive puisse devenir objet d’étude scientifique, il fallait en effet porter sur elle un regard critique. Seul un historien juif détaché de la Tradition pouvait entreprendre de relater l’histoire juive comme celle d’une collectivité nationale « normale », échappant à tout déterminisme théologique.

Ce fut l’œuvre des pionniers de l’histoire juive au XIXe siècle, parmi lesquels Heinrich Graetz et Leopold Zunz, et de leurs successeurs à la fin du XIXe et au début du XXe siècle : Simon Doubnov et Salo W. Baron. Ces deux derniers occupent une place particulière, puisqu’ils furent quasiment les derniers historiens à avoir entrepris d’écrire une histoire universelle des Juifs. Depuis lors, le savoir historique, tout comme le savoir scientifique en général, est devenu fragmentaire et spécialisé et il n’y a plus aujourd’hui d’historien capable d’embrasser à la fois l’histoire juive de l’Antiquité, du Moyen-Age et de l’époque moderne.

Israël, entre histoire sainte et histoire profane

Il serait toutefois abusivement simplificateur de considérer que l’histoire juive s’est totalement coupée de ses racines religieuses avec l’apparition de l’historiographie juive moderne. En réalité, de même que l’hébreu moderne conserve des liens étroits et ambivalents avec l’hébreu biblique ou talmudique – c’est-à-dire avec la langue sacrée – l’histoire profane des juifs demeure étroitement liée à l’histoire sainte d’Israël véhiculée par la tradition juive. Le meilleur exemple de cette ambivalence de l’historiographie juive moderne est celui du grand historien juif russe Simon Doubnov, né en 1860 et mort en 1940 à Vilna, assassiné par les nazis.

Dans des pages émouvantes de son autobiographie, Doubnov relate comment il s’est détaché de la tradition juive orthodoxe dans laquelle il avait été élevé, pour entamer des études profanes. Mais il a toujours conservé la croyance indéracinable en la perpétuation et en l’immortalité du peuple juif – croyance qui ne relevait pas tant de l’analyse scientifique que d’une véritable foi religieuse – rejoignant l’affirmation par le prophète Samuel de l’éternité d’Israël, devenue un pilier de la foi juive. « L’histoire juive continue » : c’est par ces mots que Doubnov acheva sa monumentale Histoire moderne du peuple juif publiée à Berlin entre 1923 et 1929 (en russe) et parue en France en 1933.

Le mensonge des nouveaux historiens

La lecture de Doubnov, tout comme celle de Salo W. Baron ou de Yéroushalmi, permet aussi de comprendre qu’aucune entreprise historiographique n’est idéologiquement neutre ou parfaitement objective. Le récent débat suscité en Israël et ailleurs par la parution d’un méchant pamphlet pseudo-historique, visant à déconstruire l’histoire juive pour nier l’existence même du peuple Juif – par une démarche proprement négationniste – en est une illustration extrême. Les ennemis d’Israël en Occident l’ont bien compris, traduisant et diffusant la moindre production du plus médiocre « nouvel historien » israélien de Tel-Aviv ou de Haïfa, dont les écrits atteignent immédiatement une réputation quasi-universelle, alors que les grandes œuvres d’historiens de stature internationale (Bentsion Nétanyaou, par exemple) ne sont même pas traduites en Europe.

Dans sa préface à l’édition de 1936 du Précis d’histoire juive, André Spire citait cette phrase de Doubnov qui n’a rien perdu de son actualité : « le critère le plus important de l’existence d’un peuple est la conscience qu’il a de soi ». Cette définition subjective rappelle celle de l’historien Ernest Renan – dont Doubnov a subi l’influence – dans sa fameuse conférence « Qu’est-ce qu’une nation ? » Ce n’est pas le moindre paradoxe d’une certaine historiographie contemporaine que de remettre en cause la réalité de l’histoire juive et de l’existence même du peuple Juif au nom d’arguments pseudo-scientifiques à fondement racial, alors que les plus grands historiens du XIXe siècle avaient déjà compris – bien avant la Shoah – que la notion de peuple Juif échappait à tout critère purement objectif, racial ou linguistique.

Ruse de l’histoire ou projet divin ?

Dernier paradoxe : l’invention de l’historiographie juive moderne est intrinsèquement liée au mouvement de laïcisation du judaïsme européen aux XVIIIe et XIXe siècles. Mais elle a aussi joué un rôle important dans l’émergence du sionisme politique, qui a été précédé par l’apparition d’une conscience historique juive. Tout comme les pionniers de la langue hébraïque, qui ont utilisé les mots de la langue sacrée pour désigner les objets profanes, ou comme les ‘haloutsim détachés de toute tradition, qui ont défriché les marécages et ensemencé la Terre d’Israël, ce sont les historiens juifs de la Haskala qui, en rejetant l’idée d’une histoire sainte pour inscrire le vécu juif dans l’histoire immédiate et immanente, ont permis que s’écrive un chapitre essentiel de l’histoire d’Israël et de sa résurrection sur sa terre ancestrale. Ruse de l’histoire, projet divin, ou tout simplement paradoxe de l’aventure juive contemporaine : libre à chacun d’interpréter comme il voudra cette réalité.

(ARTICLE PARU DANS VISION D’ISRAEL, magazine culturel francophone israelien)

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz