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Publié par Dreuz Info le 8 mars 2010
Par Bertrand RAMAS-MUHLBACH

Pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

La 6ème semaine internationale contre l’apartheid israélien (IAS) qui se déroule cette année dans 40 villes dans le monde, se tient au Canada, dans la ville de Montréal du 4 au 10 mars 2010. Pour les organisateurs, le but de la manifestation est de se « familiariser avec les enjeux du conflit israélo palestinien » et de « donner de l’ampleur à l’élan grandissant de la campagne de « boycott, désinvestissement et sanctions » contre l’apartheid israélien (sigle BDS).

De nombreuses conférences sont données comme le 4 mars, sur le mouvement de boycott avec une présentation des stratégies pour y parvenir, le 5 mars sur « les leçons de l’Afrique du Sud à la Palestine » mettant en avant ce qui est présenté comme un racisme et une colonisation systématique du peuple palestinien vivant en Israël, dans les territoires occupés et dans les camps de réfugiés à travers le monde, ou encore le 7 mars, sur la « résistance contre l’apartheid de l’Ile (de la)Tortue à la Palestine » avec une illustration de la lutte des peuples autochtones contre le colonialisme.

Le lundi 8 mars, la journée internationale des femmes est l’objet d’un bloc de solidarité avec la Palestine avec projection des films « Check point Rock : Songs from Palestine » et « Up Front : Three Palestinian Women » illustrant la pauvreté et le désespoir dans les territoires de la Cisjordanie et de la bande de Gaza (aucun rapport). Le 9 mars, les débats portent sur ce « qu’est l’apartheid israélien », le 10 mars, sur « l’oppression et l’autonomisation des citoyens palestiniens d’Israël sous l’apartheid » et enfin, la journée du 11 mars se termine par un évènement culturel « Tous unis pour la Palestine ».

Dans leur technique de victimisation, les Palestiniens se comparent aux personnes de couleur dans le système sud africain d’avant 1991, pour essayer de souligner l’injustice de leur situation, et installer dans l’esprit des participants (ou de façon publicitaire), qu’il existe une forme de dialectique similaire à celle qui a prévalue en Afrique du Sud et qui aboutira à la fin du régime qui l’a mis en place.

La situation des Palestiniens est incontestablement différente de celle des Africains victimes de l’apartheid, mais pour convaincre d’une similitude, les revendications palestiniennes se placent dans le cadre de la revendication d’une égalité de droits. Naturellement les Palestiniens n’ont pas perdu de vue la destruction d’Israël.

Aussi, détournent-ils cet objet en réclamant dans le même temps, la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes y compris du plateau du Golan israélien, de Jérusalem Est israélienne et de la Bande de Gaza autonome (alors que l’aspect territorial n’a rien à voir avec l’égalité des droits), mais aussi le démantèlement du mur de séparation ou encore le retour en Israël de personnes qui se font appeler réfugié(e)s palestinien(ne)s (alors qu’elles n’y sont jamais venues). De même, et sans que cela ne concerne encore l’égalité des droits, le communiqué de lancement se termine par un  courageux « libérons la Palestine ! ».

Fort heureusement, les Canadiens ne tombent pas tous dans le piège de la manipulation palestinienne comme le député conservateur Tim Uppal, qui a déposé le 4 mars 2010, une motion au Parlement canadien rappelant que « cette Chambre se considère comme une amie de l’État d’Israël ; que cette Chambre s’inquiète des manifestations d’antisémitisme sous le couvert de la Semaine contre l’apartheid israélien ; et que cette Chambre condamne explicitement toute action, au Canada et au palier international, consistant à assimiler l’État d’Israël à la politique raciste et rejetée de l’apartheid ».

De même le chef du parti libéral Michael Ignatieff a pour sa part indiqué « Je suis contre ces semaines parce qu’elles établissent une comparaison injuste entre un pays démocratique, de droits et d’égalité juridique, Israël, et un pays, l’Afrique du Sud, qui n’était pas démocratique. »

Il n’y a effectivement aucun rapport entre l’apartheid qui a fonctionné jusqu’en 1991 en Afrique du Sud et la relation entre les israéliens et les Palestiniens. En Afrique du Sud, l’Apartheid était une politique de développement séparé (apartheid signifiant séparation, mise à part) des populations selon des critères sociaux ou ethniques dans des zones géographiques spécifiques.

Le rattachement territorial, la nationalité et le statut social dépendaient du statut racial de la personne, les populations noires étant déplacées dans des foyers nationaux (bantoustans). Le système de lois reposait lui-même sur la ségrégation raciale comme l’interdiction des mariages mixtes, l’interdiction des relations sexuelles entre blancs et personnes de couleur, la loi de classification des individus en fonction de leur race, la loi répartissant les zones urbaines d’habitation, la Loi sur les commodités publiques distinctes relative à l’usage des toilettes, des fontaines et des aménagements publics, la loi sur le programme scolaire des noirs, l’interdiction du droit de grève pour les noirs, la loi de relocalisation des indigènes, la loi sur le travail et les mines consacrant la ségrégation dans le monde du travail, la loi de citoyenneté des noirs qui a retiré la citoyenneté sud africaine des noirs résidant dans les bantoustans, la loi interdisant l’accès à la formation professionnelle des noirs…

Le statut des Palestiniens diffère de celui des Africains noirs d’Afrique du Sud tout comme leurs revendications. Ainsi, les Palestiniens de la bande de Gaza sont armés jusqu’aux dents et disposent d’une logistique pour s’approvisionner en explosifs, roquettes, armes en tous genres, bientôt de missiles… ce qui n’était pas le cas des personnes de couleur en Afrique du Sud.

S’agissant des Palestiniens de Cisjordanie, les check points situés à l’entrée et la sortie des villes ne sont que la conséquence de leur refus d’abandonner la lutte armée : dès l’engagement formel sur ce point, il ne sera plus besoin de les maintenir. En outre, et contrairement aux Africains, les Palestiniens des territoires non annexés par Israël aspirent à créer un Etat : les territoires qu’ils contrôlent ne sont donc pas des bantoustans mais l’assiette de leur futur Etat indépendant.

Rappelons enfin que le statut des Palestiniens de Cisjordanie ou de Gaza est fixé par l’Autorité Palestinienne ou le Hamas, non par Israël. C’est donc vers leurs autorités qu’ils conviendraient de se rapprocher, non de manifester dans le monde. A cet égard, les Palestiniens pourraient tout à fait établir un premier Etat indépendant sur la bande de Gaza où ils sont parfaitement autonomes et sur lequel il n’y a plus la moindre âme juive depuis l’éviction des milliers de Juifs (comme au bon vieux temps) orchestré par l’ancien premier Ministre Ariel Sharon.

Pour ce qu’il en est de l’égalité des droits en Israël entre Juifs et Arabes, les Palestiniens de Cisjordanie ou de la bande de Gaza ont profité pendant des décennies du régime du regroupement familial pour épouser des arabes israéliens et en bénéficier (il est en effet préférable de vivre son histoire d’amour en Israël que dans les territoires palestiniens). Concernant les Palestiniens de Jérusalem Est, ils peuvent décider d’opter pour la « citoyenneté israélienne »…

Pour cultiver l’antisémitisme pendant 20 siècles, l’Europe catholique a insisté sur le message évangélique selon lequel les Juifs étaient le peuple déicide (voir notamment Matthieu 27,25). Depuis Vatican II, cette thèse est abandonnée. S’agissant du mythe de « l’apartheid  israélien », il ne faudra certainement pas 20 siècles pour que le monde se rende compte qu’il s’agit d’un nouveau moyen d’entretenir la haine des Juifs, le ressentiment des Palestiniens, cautionner l’assassinat de juifs et plus généralement relancer un grand mouvement d’antisémitisme dans le monde.  
http://lessakele.over-blog.fr/article-le-mythe-de-l-apartheid-israelien-un-autre-moyen-de-cultiver-l-antisemitisme-46236585.html

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