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Publié par Guy Millière le 9 juillet 2010

 

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J’ai souvent critiqué Nicolas Sarkozy, qui porte à mes yeux une immense responsabilité dans la situation présente du pays : c’est dans les premières semaines qui suivent une élection qu’il faut, quand on a ce type d’objectif, mener les actions nécessaires à un réel changement. Nicolas Sarkozy ne l’a pas fait. Entre recrutement de politiciens socialistes, attitudes autocratiques et clinquantes, mesures minimalistes en direction  de l’investissement, discours keynesiens, écologistes, voire proches du marxisme en certains cas, le moins qu’on puisse dire est que les pistes ont été brouillées et que la confusion a été semée.


J’ai souvent critiqué aussi la classe politique française qui, en sa quasi-totalité, tient des discours irresponsables, largement déconnectés de la réalité planétaire, et vit souvent comme une noblesse d’ancien régime.


J’ai, enfin, critiqué souvent, tantôt avec indignation, tantôt avec consternation, les médias français, qui, à de rares exceptions près, ne font pas un travail d’information digne de ce nom, oscillent entre les ragots, les caricatures paresseuses, les tropismes gauchistes et le provincialisme.  


Je ne suis, en ces conditions pas surpris de ce qui se passe, qui ressemble à un lent processus d’implosion.  


On a d’un côté un gouvernement qui, au bout de trois années erratiques, parce que les caisses sont vides, qu’emprunter devient plus difficile, que la faillite approche, et que les prochaines échéances électorales sont dans deux ans, s’essaie à quelques rafistolages minimalistes dans des dossiers tels que celui des retraites et des dépenses de l’Etat de façon à éviter l’effondrement et à tout faire pour que les lézardes ne soient pas trop visibles.  


On a, en face, un parti socialiste qui oscille entre l’hypocrisie, la démagogie de caniveau et un analphabétisme économique aveugle.  


On a, sur les marges, une extrême-droite prête à entonner l‘air nauséabond du « tous pourris » façon 1934, et une extrême-gauche qui rêve encore du socialisme, du léninisme et qui espère faire mieux qu’en 1936, quatre années avant que les pleins pouvoirs soient votés au maréchal Pétain.  


On a des journaux et des télévisions qui, après s’être lamentés pendant des semaines sur la débâcle de l’équipe de France de football, comme si c’était un événement d’importance planétaire, et après s’être déchaînés contre Israël à la façon d’une meute en fin de chasse à courre, sont passés au dossier Woerth Bettencourt, comme si, à nouveau, c’était  un événement d’importance planétaire. Et on a, dans ce dossier, tout ce qui arrive lorsque des journalistes oublient ce qu’est leur métier : témoignages anonymes aux allures de délation, rétractations, effets de lynchage arbitraire, haine malsaine de l’argent, tentatives de déstabilisation.  


On a un pays qui, en deçà de tout cela, est profondément malade. Sept millions de personnes vivent dans l’indigence, et le chiffre risque fort de croître encore. Le nombre de chômeurs ajouté à celui des bénéficiaires d’allocations et qui vivent seulement de ces allocations dépasse les quatre millions. Des entreprises ferment chaque mois, et peu d’entreprises se créent. Le taux de croissance est destiné à rester très bas, et même avec les ajustements budgétaires stricts prévus, la dette va s’accroître encore. La réforme des retraites proposée ne permettra même pas d’éviter que le système par répartition devienne un gouffre sans fond. Les dépenses de santé vont gonfler encore, et le déficit actuel de la Sécurité Sociale aujourd’hui n’est rien à côté de ce qu’il sera demain. L’islam radical continue à avancer, tout comme la loi des bandes et des gangs dans des quartiers entiers.  


Je pense que, au moment où Nicolas Sarkozy a été élu en 2007, il était déjà extrêmement tard. Et je pense qu’aujourd’hui, il est quasiment trop tard. J’ai du mal à voir comment Nicolas Sarkozy pourra se redonner une crédibilité avant 2012. J’ai plus de mal encore à voir qui  pourrait éviter le naufrage et le chaos. Dominique Strauss-Kahn ? Un socialiste intelligent pour remplacer un socialiste désordonné et autoritaire ? Malheureusement, je vois et j’entends les autres, derrière : Martine Aubry qui, lorsqu’elle ne pratique pas la dhimmitude parle comme on parlait au temps de Jean Jaurès sans s’apercevoir qu’un siècle a passé. Dois-je citer la cruche du Poitou ? Hollande ? 


J’ai le sentiment que j’aurai à choisir lors des prochaines élections entre la peste et le choléra. Il m’arrive de penser que la peste Sarkozy est moins pire que le choléra qui lui fait face. Et c’est vrai, j’entends parfois des raisonnements cohérents, par bribes, venant de l’UMP, alors qu’en face, j’ai l’impression de percevoir les borborygmes de somnambules lobotomisés.  


Je préférerais ne pas avoir à choisir. J’espère quitter le navire à temps, avant qu’il ne coule. J’ai de la compassion pour ceux qui sont à bord du navire et qui ne pourront le quitter. J’éprouve de la tristesse vis-à-vis de ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe. J’éprouve du mépris et de la répugnance envers ceux qui laissent le navire couler en se demandant comment ils pourront en profiter et vis-à-vis de ceux qui adoptent déjà l’attitude des animaux charognards.  


J’éprouve de la consternation en regardant le spectacle qui s’offre à mes yeux. En observant le reste de l’Europe, j’ai du mal à trouver un endroit où la situation à moyen terme serait meilleure. L‘Allemagne ? Pour le moment, oui. Mais c’est un pays qui meurt démographiquement, comme l’Espagne ou l’Italie. Le Royaume-Uni ? J’ai des doutes sur l’attelage actuellement au pouvoir, même si George Osborne, le chancelier de l’Echiquier, tente un sursaut désespéré vers le redressement.  


Les Etats-Unis ? La logique voudrait que les démocrates perdent la majorité dans les deux chambres en novembre prochain et qu’Obama soit  en situation de cohabitation forcée, ce qui limiterait les dégâts. Mais Obama est un homme qui n’a pas plus de scrupules et de sens démocratique qu’un Hugo Chavez. Et chaque jour en me levant, j’attends de voir ce que sera la nouvelle nocive en provenance de Washington. Même si la majorité devait changer dans les deux chambres du Congrès en novembre, Obama et ses complices peuvent encore tenter de créer de multiples situations qu’ils espèreront irréversibles.  


L’apparent réchauffement des relations entre Israël et les Etats-Unis m’apparaît pour ce qu’il est : un apparent réchauffement. Obama lâche du lest, sachant qu’il n’a pas réussi à retourner l’opinion américaine contre Israël et qu’il atteint des niveaux record d’impopularité dans l’électorat blanc et asiatique, mais aussi dans l’électorat juif. Netanyahu a gagné provisoirement la partie de bras de fer. Mais se fier aux apparences et se contenter du provisoire serait dangereux. Si les démocrates devaient garder la majorité en novembre, la liberté sur terre serait confrontée aux plus grands périls qu’elle ait pu connaître depuis longtemps.


Guy Millière

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