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Publié par Guy Millière le 12 septembre 2010

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Quiconque veut comprendre les raisons pour lesquelles Barack Obama a pu arriver au pouvoir doit se donner les moyens de comprendre la façon dont une gauche américaine à l’esprit totalitaire et destructeur s’est installée peu à peu dans le système éducatif, puis dans les médias, et, par un réseau d’associations diverses, dans le monde politique. La pierre angulaire de cette installation a été l’université, car celle-ci est tout à la fois le lieu où se forment les autres enseignants, celui où se forment les journalistes, celui où se forment  aussi les agitateurs qu’on appelle parfois « organisateurs de communauté ». Elle est de surcroît un point de passage quasiment obligé pour tous ceux qui entendent exercer plus tard des professions qualifiées. Si les départements de sciences exactes et, le plus souvent les départements d’économie et de gestion ne sont pas touchés, il en va tout autrement du secteurs des lettres et des sciences humaines, et dès lors qu’un passage par ce secteur est en général nécessaire pour obtenir un diplôme, quasiment tous les étudiants sont concernés.  

 

De nombreux auteurs et intellectuels américains attirent l’attention sur ce qui constitue un problème grave, dont les conséquences ne sont, aujourd’hui, que trop visibles. J’entends ici, parce qu’il publie un nouveau livre sur le sujet, parler de l’un d’entre eux, car c’est un homme pour qui j’ai une immense estime, un respect qui n’a cessé de grandir au fil du temps, et un sentiment profond d’amitié, David Horowitz.  

 

David possède des qualités rares : c’est un penseur, et plusieurs de ses textes ont hautement stimulé mes propres réflexions, c’est un écrivain, et son style rend ses ouvrages passionnants à lire. C’est un polémiste et un pamphlétaire qui sait aller exactement au point où il faut aller pour que l’argument fallacieux d’un adversaire tombe en poussière. C’est aussi un homme d’action et de courage. Quels que soient les risques, quelles que soient les menaces, il se rend sur les campus pour parler et dire ce qui doit l’être. Outre son œuvre écrite, il a mis en place des structures qui permettent de mener le combat des idées et de rétablir les faits lorsqu’ils sont déformés, falsifiés ou occultés.  

 

Il a créé le magazine en ligne Frontpage, qui est l’une des références en la matière aux Etats-Unis. Il a créé Discover the Networks, qui est une source irremplaçable pour qui entend se documenter sur les réseaux de la gauche et de l’extrême-gauche aux Etats-Unis. Il a créé un centre de défense de la liberté, le David Horowitz Freedom Center, qui abrite, entre autres, le site Jihad Watch, de Robert Spencer, l’un des principaux fers de lance dans le combat contre l’islam radical sur la planète. C’est, bien sûr, un défenseur sans compromis de l’Etat d’Israël et du peuple juif. Il a écrit, sur le sujet, un petit livre que j’ai traduit en français et qui avait été édité par TFJ, au temps où cette chaîne existait : « Pourquoi Israël est la victime et les Arabes les agresseurs indéfendables au Moyen Orient », et ce petit livre devrait être réédité. En quelques pages lapidaires, et souvent poignantes, il dit tout ce qui doit l’être. David a consacré deux ouvrages à Barack Obama, que je cite dans mon propre livre « La résistible ascension de Barack Obama », désormais disponible en librairie ou sur amazon : « Barack Obama's Rules for Revolution – The Alinsky Model »  et, « Barack Obama’s War Against the Jews » (co-écrit avec Jacob Laskin). Il organise deux fois par an des séminaires de réflexion qui permettent des échanges intellectuels passionants, les Restoration Weekends (le prochain a lieu à Palm Beach en Floride du 18 au 21 novembre).  

 

Il mène campagne en ce moment pour que voie le jour un Academic Bill of Rights, destiné à rétablir la liberté de parole à l’université aux Etats-Unis. Et c’est l’objet du livre qu’il vient de publier, « Reforming Our Universities ».

 

« Pendant beaucoup trop longtemps, nos collèges et nos universités ont été autorisés à ignorer leurs responsabilités, qui sont d’éduquer et pas d’endoctriner. Au lieu de fournir un forum d’échange libre des idées, on y intimide les étudiants et on les pousse à la soumission idéologique à des professeurs gauchistes qui, plutôt que de les inciter à mener des recherches dignes de ce nom, font du prosélytisme pour des causes extrémistes ». Le Bill of Rights  proposé entend « protéger les étudiants qui veulent penser par eux-mêmes et refusent de se conformer aux orthodoxies radicales ».  

 

Le combat et le livre sont importants.  

 

J’entends ici, aussi, parler d’un autre aspect de David, qui rend son travail très précieux : dans sa jeunesse, qu’il raconte dans un livre remarquable, Radical Son, David a été d’extrême-gauche Il a été, en quelque sorte, de l’autre côté du miroir. Il connaît tous les stratagèmes, toutes les tournures d’esprit de ceux qu’il doit affronter, toutes leurs roueries. On ne peut le tromper. On ne peut lui mentir. Il a toujours, en ces conditions, plusieurs coups d’avance sur ses adversaires. 

 

Je veux parler aussi, avant d’achever cet article d’un autre aspect de David, plus intime. Et je peux en parler car il a écrit un livre sur le sujet, et c’est peut-être le plus beau et le plus touchant de tous ses livres.  

 

David avait une fille, atteinte d’une maladie génétique rare qui devait inéluctablement écourter sa vie. La fille de David s’appelait Sarah. Elle est morte chez elle, à San Francisco, en mars 2008.  

 

En 188 pages superbes, David explique au lecteur qui était Sarah, ce que fut son itinéraire, ce qu’elle a apporté au monde, ce qu’elle a accompli, malgré le mal qui la touchait. David est un conservateur. Sarah était d’une gauche ouverte et généreuse : David montre que, pour des gens de générosité, des moyens de se comprendre existent toujours, et que les liens du cœur et de l’affection sont bien plus forts, souvent.  

 

David parle aussi du judaïsme, car il est juif. Sarah elle-même, après s’en être un peu éloignée, est revenue vers le judaïsme. Le livre est basé sur une parole du rabbin qui a procédé à la cérémonie des funérailles : « « Prêtez attention à la façon dont votre relation continue ». David écrit : « Je crois en ma fille et en sa vie exemplaire, et je sens sa présence chaque jour ». David est un homme qui prête attention. Sa relation avec Sarah continue. Le livre s’appelle « A Cracking of the Heart », Une fêlure du cœur.   

 

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On y lit aussi ceci : « Nous naissons et nous mourons, et c’est le vide ainsi ouvert que nous tentons de combler, sans y parvenir ».  

 

David a soixante et onze ans. C’est un grand auteur. C’est un homme de droiture et de bonté. C’est l’un des grands défenseurs de la liberté en ces temps difficiles. J’ai voulu, au moment de la parution d’un nouveau livre, lui rendre hommage.  

 

Je voulais le faire, déjà, au moment de la parution d’ « A Cracking of the Heart ». Le temps parfois glisse bien trop vite.  

 

Je suis heureux d’avoir pris le temps d’écrire ces lignes. Et si certains de ceux qui me lisent ont accès à la langue anglaise, je serai heureux de leur avoir fait découvrir David.

 

Guy Millière

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