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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 16 septembre 2010

marchais

 

Voici la lettre que publiait Georges Marchais dans l’Humanité du 6 janvier 1981 (bien que je n'ai pas de sympathie pour les dictatures et leurs laquais)

 

Je vous le déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca. (1) Plus généralement, j’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés.

 

 
En raison de la la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables.

 

La cote d’alerte est atteinte. (…) C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage.
Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine.
Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration.

 

Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. 
Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français.

 

  
Quand la concentration devient très importante (…), la crise du logement s’aggrave.

 

 
Les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d'aide sociale nécessaires pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes.

 

 

Aujourd’hui, ces propos sont considérés – par son propre camp mais aussi par une partie du camp adverse – comme d’une absolue xénophobie, insupportablement chauvinistes, dignes de l’extrême droite la plus nauséabonde. Aujourd’hui, de tels propos embrasent la France, et déclenchent, de la part des associations qui se prétendent « humanitaires », des procès en cascades, des déclarations outrées, véhémentes, des dénonciations scandalisées, dont les médias se font joyeusement le relais.

 

Qu’est ce qui a changé ?

 

Pourquoi les élites considèrent elles qu’affirmer en 2010 « le nombre de travailleurs immigrés est déjà élevé » relève de la manipulation des faits à des fins populistes, et pas en 1981 ? Si à l’époque le nombre de travailleurs immigrés (quatre millions et demi soit 8% de la population) était déjà trop élevé, quel est le mot acceptable pour décrire la situation actuelle, avec neuf millions d’immigrés (2) soit 14% de la population ? Y a-t-il d’ailleurs un mot acceptable ?

 

Georges Marchais affirmait que « la  poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en  face et prendre rapidement les mesures indispensables ». La gauche était donc plus courageuse en 1981 qu’aujourd’hui ? Elle était, alors, capable de « regarder en face les graves problèmes posés par l’immigration », et aujourd’hui elle ne l’est plus ? De quelle maladie, de quelle couardise collective est donc atteinte la gauche, dans sa globalité, pour ne plus pouvoir, en 2010, dire ce qu’elle affirmait sans malice dans la presse de 1981 ?

 

L’immigration qui posait de graves problèmes en 1981, serait devenue, en vingt ans, une formidable chance pour la France ? Comment un grave problème peut il muter en formidable chance ? Les immigrés seraient soudain couverts de diplômes et de hautes qualifications professionnelles ? Selon l’INSEE, les immigrés ne viennent plus d’Europe, car ceux là ont trouvé mieux que la France pour émigrer, mais ils viennent toujours massivement des pays du Maghreb et d’Afrique. S’ils sont une formidable chance pour la France, c’est autant de perdu pour leurs pays d’origine. Pourquoi leurs gouvernements ne font-ils rien pour les retenir ? Pourquoi laissent-ils échapper passivement cette formidable richesse ? Et pourquoi ces immigrés ne nous gratifiaient ils pas de leur diversité et de la chance de leur présence dès 1981 ? Pourquoi ont ils attendu vingt ans pour nous faire ce cadeau ? Pourquoi, en 1981, ne nous apportaient ils que leurs problèmes ?

 

Marchais affirme dans sa lettre que l’immigration jette de nouveaux travailleurs au chômage. Mais le taux de chômage (3) de 1981 (6.4%) ne diffère pas profondément du taux de 2008 (7.4%) alors que le nombre d’immigrés n’a cessé d’augmenter. Marchais se trompait donc en 1981, et nos élites se trompent en 2010 : si l’immigration était une si grande chance pour la France, le nombre de chômeurs aurait dû fondre et l’économie s’envoler, ce qui n’était pas, la dernière fois que j'ai vérifié, exactement le cas. De quelle chance pour la France parlent les élites ?

 

De la chance avec la diversité ? Georges Marchais expliquait, déjà en 1981, que l’immigration pose d’importants problèmes dans la vie locale du fait qu’ils vivent selon des traditions, des langues et des façons différentes. Les français se seraient donc, en 2010, enrichis des traditions, des langues et des façons de vivre des immigrés ? Quel fut l'apport de cette diversité, ces vingt années passées ? Marchais ne parle, au contraire, que de tensions, de heurts et de relations difficiles avec les français. Les tensions et les heurts n’ont fait que grandir (on ne brûlait pas encore les voitures, en 80), tandis que les relations sont soit inexistantes, soit en voie de compartimentation communautaire avec l'adoption de lois mahométanes.

 

Pour terminer, Marchais explique que les charges nécessaire à entretenir les familles immigrées deviennent insupportables pour le budget. En 1981 ! Certes la faillite de la France n’est pas à mettre sur le dos de l’immigration, car si les allemands on su brillamment absorber les allemands de l'Est, une France économiquement vivante, dynamique et libre en aurait fait autant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que si l'immigration était insupportable en 1981, elle l’est encore moins en 2010 ou la dette atteint la quasi-totalité du PIB.

 

Au-delà de ces considérations, ce qui frappe, c’est qu’alors que les problèmes de 1981 ont pris une ampleur qui va d’inquiétante à dramatique – tout dépend si l’on vit dans un ghetto de riches blancs aux écoles calmes et aux rues sures, ou dans les difficiles banlieues de la diversité, ces problèmes demandent qu’ils soient abordés. Aux problèmes de société, de chômage, de sécurité et de coût pour la collectivité évoqués par Georges Marchais, se sont ajoutés des problèmes religieux, communautaristes, antisémites et racistes. Les médias, hommes politiques et sociologues font hélas tous dans leur froc quand il s’agit de les évoquer.

 

Jean-Patrick Grumberg

 

 

(1) Le 24 décembre 1980, Paul Mercieca, le maire (communiste) de Vitry sur Seine, fit détruire au bulldozer un foyer de travailleurs maliens sur sa commune.

(2) http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF02162

(3) http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03337

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