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Publié par Guy Millière le 20 septembre 2010

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La partie de poker menteur qui s’est tenue voici peu à Washington, et dont le but essentiel était de faire croire à l’électorat juif américain qu’Obama était un homme de « paix » oeuvrant pour mettre fin au conflit israélo-arabe a trouvé son prolongement à Sharm El Sheikh ces derniers jours. Les portes se sont ouvertes, puis fermées, comme dans une pièce de théâtre de boulevard, la salle de réception a accueilli ses hôtes, et des journalistes ont pu écouter les discours, et voir les pirouettes et les pas de danse exécutés devant eux. Certains ont apprécié.

 

Barack étant resté au pays, c’est Hillary qui a pu occuper le premier rôle, ce qu’elle a fait avec la conviction d’une comédienne qui a de l’expérience. George Mitchell était à proximité, légèrement dans l’ombre. Binyamin Netanyahu et Mahmoud Abbas passaient de l’un à l’autre, ainsi que divers diplomates, dans un ballet bien réglé. Au delà de la performance et des caméras, au delà des apparences, il y a, cela dit, la réalité, et celle-ci reste inchangée, avec une tendance à se couvrir de nuances sombres. Le bal avait une dimension tragique pour quiconque se donne les moyens de regarder de plus près.

 

Pendant que tous les regards étaient tournés vers Sharm El Cheikh et vers l’« espoir de paix », l’essentiel se jouait ailleurs : la Turquie continuait à glisser vers une islamisation rapide et à renforcer ses liens économiques et politiques avec l’Iran d’Ahmadinejad qui, lui, continuait à avancer vers l’arme nucléaire : j’en ai traité récemment. En parallèle, Obama passait un contrat de fourniture d’armements avec l’Arabie Saoudite d’une ampleur sans précédents, et al Qaida et d’autres groupes situés dans la même mouvance renforçaient leur emprise sur le Yemen et la Somalie. Je l’ai évoqué aussi.

 

Pendant ce temps, bien sûr, le Hamas faisait nettement comprendre qu’il n’avait renoncé à aucun de ses objectifs, et les risques d’attaques terroristes contre Israël, disent les responsables de la sécurité du pays, sont plus élevés qu’ils ne l’ont été depuis des mois.  

 

Les acteurs présents à Sharm El Sheikh n’ignoraient pas la réalité, et tout en paraissant jouer en groupe, jouaient, en fait, leur pas de danse personnel sur un horizon plus vaste.  

 

Commençons par Hillary Clinton : celle-ci sert l’administration Obama, mais aussi, autant qu’elle le peut, ses propres intérêts. Quand l’échec sera venu, elle tentera de dire qu’elle a fait preuve de toute la bonne volonté possible, et pourra ajouter que le contexte mis en place par Obama était tellement délétère qu’elle ne pouvait espérer mieux, ce qui préservera ses chances pour 2012, car il est de plus en plus visible qu’elle pense qu’Obama sera tellement déconsidéré dans quelques mois, qu’il ne pourra pas se représenter.  

 

Poursuivons par Mahmoud Abbas : celui-ci sait qu’il continue à exister seulement grâce à la perfusion d’argent occidental. Il sait qu’un départ de l’armée israélienne de Judée-Samarie signifierait sa chute et la prise de pouvoir à Ramallah par le Hamas. Il sait qu’il ne peut rien signer sans se faire qualifier de traître et sans être balayé. Il sait aussi qu’il ne peut pas refuser de signer  immédiatement : Obama a besoin de lui dans le rôle de « partenaire » jusqu’au 2 novembre et le lui a fait comprendre.  Les pays sunnites ont besoin, eux, qu’il reste en place pour le moment, aux fins que le Hamas n’accroisse pas son emprise, tout comme ils ont besoin que, sans signer, il continue à parler…pour le moment. Il lui faut un prétexte pour quitter la table, plus tard, et il l’a déjà, obligeamment fourni par Obama :  le gel des constructions dans les villages juifs de Judée-Samarie et à Jérusalem Est. Il utilisera le prétexte quand le moment sera opportun, et quand l’Arabie Saoudite et l’Egypte lui diront qu’il doit le faire.  

 

Passons à Netanyahu. Il sait, lui, qu’il ne peut provoquer une rupture avec les Etats-Unis dans l’immédiat, tant qu’Obama reste tout puissant et continue à mener des manœuvres anti-israéliennes en divers lieu, dont les Nations Unies. Il sait qu’Obama a entériné l’accès de l’Iran au nucléaire militaire, doté l’Arabie Saoudite de moyens d’invasion terrestre, et laisse le champ libre au Hezbollah, au Liban, tout en laissant glisser la Turquie. Il sait qu’Israël est plus isolé et diabolisé que jamais depuis longtemps, qu’Obama ne veut pas d’une attaque contre les installations iraniennes, et n’a pas renoncé à le faire tomber pour que se constitue en Israël un gouvernement plus docile et suicidaire. Netanyahu doit éviter d’apparaître dans son tort, autant que c’est possible, éviter d’apparaître comme celui qui aurait saboté les projets d’Obama et l’ « espoir de paix », et éviter aussi de paraître céder à l’ennemi aux yeux de ceux qui le soutiennent. De là découle sa position actuelle : il peut accorder à Abbas quasiment tout ce qu’Abbas demande. Il sait qu’il manquera toujours quelque chose aux yeux d’Abbas, et n’a pas à craindre un accord d’Abbas. Pour le gel des constructions, il ne peut adopter que la position qu’il adopte : un maintien partiel du gel, pour dire qu’il fait preuve de « bonne volonté » vis-à-vis d’Abbas et d’Obama, mais une levée partielle du gel pour montrer à ceux qui le soutiennent qu’il ne cède pas.

 

Tout en participant  au bal de Sharm El Sheikh, on peut gager qu’il regardait sa montre et gardait un œil sur le calendrier. Encore six semaines à tenir. Puis, le temps que le nouveau Congrès prenne place.  

 

A ce moment, la prochaine séance de bal, si elle a lieu, sera très différente. Mahmoud Abbas pourra partir, sauf si les dirigeants sunnites considèrent qu’il faut attendre encore un peu. Obama ne sera plus en mesure de faire pression sur Netanyahu, qui retrouvera les mains libres face à l’Iran. On peut gager que Netanyahu s’entretiendra avec les nouveaux dirigeants républicains au Congrès aux fins que les Etats-Unis agissent eux-mêmes plus fermement et ne laissent pas Ahmadinejad aller jusqu’où il semble vouloir aller.  

 

Je n’ai pas cité Obama parce qu’il n’était pas à Sharm El Sheikh : il était l’organisateur du bal. Il ne s’agissait pas seulement pour lui d’apparaître comme l’« homme de paix » aux fins de séduire l’électorat juif américain, non. Il s’agissait d’enfermer Hillary et de l’empêcher de tirer son épingle du jeu, comme elle semble en avoir l’intention. Il s’agissait et il s’agit toujours d’utiliser Abbas pour mettre Netanyahu sous pression et l’empêcher de se consacrer au dossier iranien, et je ne doute pas qu’Obama attende avec impatience que l’Iran soit aux portes de l’arme nucléaire. Et il s’agissait et il s’agit toujours, au travers d’Abbas, de maintenir les sunnites dans le grand jeu sordide de la guerre contre Israël. Il s’agissait, vis-à-vis de Netanyahu non  seulement de le mettre sous pression et de l’empêcher de se consacrer au dossier iranien, mais de continuer à tenter de le déstabiliser politiquement au sein d’Israël, et les critiques de la droite israélienne à son égard montre qu’Obama n’a pas pleinement échoué.   

 

Alors que j’écris ces lignes, et compte-tenu de ce que je viens d’écrire, trois possibilités existent :

 

– une non intervention face à l’Iran. La république islamique arrive aux portes du nucléaire militaire. Obama sera, alors parvenu à son but : le choix sera entre, d’une part, un Iran doté de l’arme nucléaire, ce qui entrainera une course au nucléaire dans toute la région et une prolifération cataclysmique, et d’autre part, un Iran s’arrêtant là, mais demandant une dénucléarisation régionale incluant Israël. Obama approuvera l’idée de dénucléarisation régionale. Les pays sunnites aussi. Ce sera une défaite majeure pour Israël.

 

– une intervention israélienne après le 2 novembre et la mise en place du nouveau Congrès. Celle-ci retarderait le programme nucléaire iranien, serait approuvée tacitement par les pays sunnites de la région, susciterait une vive désapprobation européenne, et déboucherait sans doute sur une guerre régionale. L’Iran activerait le Hezbollah et le Hamas, s’en prendrait au détroit d’Ormuz. Les pays sunnites ne resteraient pas inertes et pourraient se retourner contre l’Iran, mais aussi contre Israël. Le nouveau Congrès, bien plus pro-israélien que le Congrès actuel, devrait gérer la situation très complexe qui résulterait. Obama pousserait à une condamnation d’Israël et au vote de sanctions contre Israël à l’ONU.

 

– une intervention américaine sous quelque forme que ce soit, après le 2 novembre, sous l’impulsion d’un nouveau Congrès. Celle-ci sortirait Israël du piège dans lequel Obama a tenté de l’enfermer, affaiblirait les alliés de l’Iran, renforcerait le camp sunnite. Les pourparlers directs seraient interrompus et la paix au Proche-Orient renvoyée à plus tard. Mais elle est d’ores et déjà renvoyée à plus tard. L’important pour Israël est qu’elle soit renvoyée au plus tard dans les conditions les moins mauvaises pour Israël. Seule cette troisième possibilité offre des conditions moins mauvaises pour Israël.

 

Guy Millière

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