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Publié par Guy Millière le 2 octobre 2010

 

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Pas un mot à ce jour dans la presse française concernant le programme présenté par le Parti Républicain américain (Pledge to America) pour les prochaines élections, ou plus exactement si : un mot, dans l’Obamazoom, que je lis désormais en me pinçant le nez, et en gardant des verres protecteurs, car avec certaines lectures, on peut vite puer des yeux. Cette fois, l’Obamazoom s’en prend à l’un des plus grands penseurs américains des cinquante dernières années et le traîne dans la boue en lui prêtant des pensées qu’il n’a jamais eu. Pour lire ce penseur, Irving Kristol, décédé voici quelques mois, il faudrait que les auteurs de l’Obamazoom fassent ce qu’ils n’ont jamais fait : réfléchir avant d’écrire. Mais quittons ces ramasseurs  de poubelles.   

 

Le programme républicain, donc. Celui-ci constitue, comme Jonah Goldberg le note dans la National Review, une ouverture vers une alternance. Et, au vu de la situation, c’est ce qui doit se faire, car les Républicains ne peuvent pleinement tourner la page des années Obama le 2 novembre au soir, et ils le savent. Le travail des tea parties n’est pas achevé et devra se poursuivre jusqu’en 2012, les gens des tea parties le savent aussi.  

 

Le point central est économique. Les Républicains se promettent de refuser toutes les augmentations d’impôts prévues par Obama, et de mettre fin à celles qui sont déjà programmées. Les baisses d’impôts votées sous George W. Bush et qui arrivent à expiration en fin d’année seront reconduites. Des baisses d’impôts supplémentaires en direction des petites entreprises sont prévues. Les Républicains promettent d’abroger la loi sur le système de santé votée voici quelques mois, et de mettre en place une réforme du secteur de la santé, respectant et élargissant la liberté de choix et la liberté d’entreprendre, tout en restreignant les risques de litiges judiciaires qui ont fait la fortune de certains avocats, le malheur de nombreux médecins, et fait augmenter le prix des primes d’assurance. Ils se proposent de ramener les dépenses fédérales au niveau de ce qu’elles étaient en 2008, avant Obama, ce qui sera déjà un net progrès, et de refuser la dépense des parties du plan de stimulation qui n’ont pas encore été utilisées. La chroniqueuse Michelle Malkin dit que tout cela est bel et bon si cela passe des mots à la pratique, mais les Républicains savent qu’ils sont sous la surveillance des tea parties, et je pense que cela ne restera pas des mots.

 

Charles Krauthammer, dont j’apprécie le travail en général, dit que les Républicains n’auraient pas dû présenter de programme et laisser les démocrates s’autodétruire : je pense qu’il se trompe. Il fallait un programme. En parallèle, l’autodestruction des démocrates continue, en tout cas. Les économistes que lisent les auteurs de l’Obamazoom, c’est dire si ce sont des économistes nuls, même si l’un d’eux a reçu un prix Nobel pour des travaux qu’il a rédigé à l’époque où il avait encore de la matière grise, et n’écrivait pas pour le New York Times, tiennent des raisonnements qui oscillent entre Marx et Keynes, et n’ont toujours pas compris comment fonctionne l’économie de l’offre, ou ce qu'est la loi de Say. Mais, en prenant le thé trop souvent chez François-Marie Banier, ils croient que Say est une marque de sucre, et que la loi de Say ne concerne pas l’importance de l’offre dans les relations entre l’offre et la demande, mais la façon de sucrer le thé : on est comme çà, à l’Obamazoom.

 

Juste une note en passant, entre deux sucres : favoriser l’offre en baissant les impôts, c’est favoriser la création d’entreprises et la création d’emplois, et les investissements d’aujourd’hui font la richesse de demain. Davantage de richesse moins taxée peut rapporter plus d’impôts que moins de richesse beaucoup plus taxée. Arthur Laffer avait tracé une courbe à ce sujet sur une nappe de restaurant : la nappe était en papier ? Oui. Aucun goût, ce Laffer. Chez Banier, les nappes sont en tissu, et chez les auteurs de l’Obamazoom, Marx est en édition de luxe, relié cuir. Ah, mais ! Tout de même, mon cher…

  

Bien que le Congrès ait peu de pouvoir en matière de politique étrangère, les Républicains en parlent au sens où ils se promettent de mettre fin aux coupes dans les dépenses militaires, qui ont atteint ces derniers mois des niveaux alarmants, et d’exiger des sanctions plus drastiques contre l’Iran.  

 

Il y a là de quoi limiter les dégâts et arrêter la machine infernale. Il n’y a pas de quoi inverser le cours des choses. Pour cela, il faudra attendre la grande alternance. Deux années encore. Deux années où il ne faut pas relâcher l’effort. Obama est à terre. Il n’est pas encore politiquement mort. Avec des gens comme lui, la plus extrême méfiance est de rigueur.

 

Guy Millière

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