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Publié par Guy Millière le 16 novembre 2010

LA REPONSE EST : NON.

Je vois émerger ici et là, depuis le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, des débats sur le thème des « tea parties ».  

Pour les membres de l’extrême gauche et de l’extrême droite, de la droite et de la gauche française, ainsi que pour ceux du centre français, autrement dit, pour 90% des commentateurs autorisés à s’exprimer dans ce beau pays où la parole partout est libre, où les débats sont toujours contradictoires, et où les arguments sont, sans exceptions, solidement construits et basés scrupuleusement sur les faits, il importe, bien sûr, de dire d’emblée que c’est un mouvement populiste (n’oubliez pas d’adopter une moue de dégoût quand vous prononcez ce mot), en d’autres termes : un mouvement venu du peuple qui, comme chacun le sait, est composé de gens qui ne pensent pas, qui ne lisent pas, qui ont de la bouillie souillée dans la tête et qui, lorsqu’ils sont aux Etats-Unis, regardent Foxnews.  

Une fois le mot « populiste » prononcé, peuvent venir les rumeurs :  

– les « tea parties » sont « racistes » et composées de gens qui n’aiment pas Obama parce qu’il est noir : c’est pour cela, bien sûr, qu’on y acclame des gens comme Allen West et Tim Scott qui, comme chacun le sait, sont de beaux blonds aux yeux bleus de type nordique.  

– les « tea parties » rassemblent des gens en colère parce que les Etats Unis sont « en plein déclin » : c’est pour cela que partout où les « tea parties » se sont réunies, on a pu voir des traces de saccage et d’émeutes (et la France, elle, n’est pas du tout en déclin). 

– les « tea parties », enfin, se situent à l’extrême-droite : c’est pour cela, qui pourrait le contester, qu’on y parle de liberté individuelle, de démocratie et de droit de choisir, et de ne pas vivre en état de servitude, autant de thèmes qui sont des classiques de l’extrême-droite.  

Est-ce que l’un de ceux qui propagent les rumeurs est allé à la rencontre des « tea parties » aux fins de vérifier le bien fondé de ce qu’il dit ? Non, bien sûr. Et quand bien même l’un d’eux l’aurait fait qu’il serait arrivé avec, dans l’esprit, l’épaisseur de ses a priori, et qu’il serait reparti sans avoir rien vu, rien entendu et rien compris : tant les a priori épais peuvent créer une séparation étanche avec ce qu’on ne veut pas voir, entendre ou comprendre.  

*** 

Pour certains, qui désespèrent de la situation en Europe et en France (et qui, soulignerai-je, désespèrent pour des raisons que je partage), il existe l’espoir de voir se lever en Europe et en France un mouvement qui pourrait ressembler aux « tea parties ».    

Je noterai que je n’ai, pour ce qui me concerne, aucune illusion : des « tea parties » en Europe ou en France, cela me semble inconcevable.  

Pourquoi ? En raison des rumeurs et des a priori dont je viens de parler, d’abord. L’Europe est un continent où la pensée, et toute réflexion digne de ce nom agonisent, et l’agonie est particulièrement nette en France. C’est un continent d’où le pluralisme a quasiment disparu, et la disparition est particulièrement flagrante en France. 

Pourquoi encore ? Parce qu’en Europe, et particulièrement en France, l’immense majorité des populations accepte cette situation d’agonie de la pensée et de disparition du pluralisme, et se trouve dépourvue de repères. Et parce que l’immense majorité des populations susdites a tellement baigné dans le formol de l’Etat providence, que ce qui l’inquiète désormais, ce n’est pas de baigner encore indéfiniment dans le formol, mais de voir son sommeil dans le formol perturbé : que ce soit par la faillite des systèmes sociaux, ou que ce soit, ici ou là, par l’islamisation qui monte.  

Les seuls mouvements politiques qui ne s’adressent pas à des gens qui aiment le formol, ou qui s’inquiètent de voir leur sommeil dans le formol perturbé sont, quasiment partout en Europe, et en France en particulier, des groupuscules à côté desquels les mouvements gauchistes d’il y a trente ans pourraient apparaître, par comparaison, comme de vastes coalitions.  

Les idées qui ont été et qui restent au cœur des « tea parties », sont des idées qui peuvent conduire des Américains à se mettre debout. Ce sont des idées qui, en Europe et en France, sont aux abonnés absents.  

Le dernier homme politique à les avoir portées en France a été Alain Madelin, et je considère que le score qu’il a obtenu, lors d’une élection présidentielle voici quelques années, était remarquable dans un pays comme la France. Geert Wilders fait mieux aux Pays-Bas, mais n’aura très vraisemblablement jamais la possibilité d’exercer effectivement le pouvoir.  

En France, mon ami Jacques Garello a défendu ces idées pendant des années, et les a portées avec brio et rigueur intellectuelle (il les défend et les porte toujours, et avec autant de brio et de rigueur intellectuelle : cf. : www.libres.org) : il constatait lui-même, il y a cinq ou six ans, que la réussite n’avait pas été au rendez-vous. Je lui avais répondu alors que ce qui était en cause, ce n’était ni les idées, ni la façon dont il avait mené le combat, mais le pays et le contexte. Depuis cet échange verbal, la situation a beaucoup empiré. Il y a quelques think tanks aux assises plus solides au Royaume-Uni, mais leur influence est aujourd’hui très loin de ce qu’elle a pu être au temps de Margaret Thatcher.  

Il existe en France un grand économiste, qui a écrit des livres remarquables : Pascal Salin. La qualité de son œuvre est reconnue outre Atlantique. Mais pas en France. Il existe quelques penseurs de qualité hors de France, Paul Johnson ou Nial Ferguson au Royaume-Uni, par exemple : l’impact de leurs réflexions en Europe est quasiment nul.

Je tire des conclusions de ces constats.    

Certains, je le sais, me reprochent ces conclusions, et ce qu’ils appellent mon « pessimisme ». J’ai tendance à leur répondre que ceux qui se font des illusions appellent pessimistes les hommes et les femmes qui regardent la réalité en face.

Je me souviens d’une conversation que j’ai eue avec Norman Podhoretz à New York : au temps de la montée du totalitarisme en Europe dans les années 1920-1930, me disait-il, les pessimistes sont ceux qui ont pris leurs dispositions. Les optimistes sont ceux qui sont morts quand le piège s’est pleinement refermé, et qui ont découvert alors, trop tard, qu’ils avaient très mal anticipé.  

Guy Millière

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